La citation du jour, donnée par Dominique : Umberto Eco « Il y a des livres qui ont un début expiatoire ».
Pour cette fois, nous avons frôlé le « café philo », multipliant les discussions presque métaphysiques et sur des sujets portant à débat : faut-il aimer les surprises ? Oui si elles sont bonnes ! Mais Adrienne préfère les surprises attendues… car si elles arrivent à un mauvais moment, même bonnes, ça peut être embêtant. Jean pense qu’une mauvaise surprise peut apporter aussi quelque chose de positif…
On commence par se distribuer quelques nouveautés : Russel Banks : « La réserve » quelque peu abîmé par la critique, Roberto Bolaño : « 2666 », Véronique Ovaldé, chouchoute de Dominique et Catherine : « Et mon cœur transparent », Jean Clair : « Autoportrait au visage absent », un recueil d’essais sur l’art.
Jean : Jean d’Ormesson – La création du monde
Jean (d’O) regardant Jean (L. : le nôtre) de son petit œil malicieux sur la couverture du livre le questionne : Es-tu sûr d’avoir tout compris ? Mais oui, Jean L., vous nous donnez envie de lire ce petit opuscule qui parle des cohortes d’anges, archanges, et autres êtres du même genre et de leur monde bien organisé. Simon, le personnage principal, est choisi par l’archange Gabriel qui lui annonce que Dieu va lui expliquer l’univers, le bien, le mal, etc… Jean L. a beaucoup aimé et ne s’est pas ennuyé ; il faut dire que Jean d’O est brillant.
Marie-Paule revient d’un voyage au Mexique. Pour s’imprégner de « mexitude », elle a lu des auteurs mexicains : Paco Ignacio Taïbo II (prononcer « doss ») : Des morts qui dérangent, écrit avec le sous-commandant Marcos, le chef de la rébellion zapatiste. Il est aussi l’auteur de la meilleure biographie du Che, selon Jean-Baptiste. A quatre mains est un roman policier sur l’histoire de la révolution mexicaine.
Elle a aussi lu Juan Rulfo, un précurseur du roman latino-américain moderne.
Enfin, avec sa bande de copains amateurs du prix du Livre Inter (dont Edith), elle lit tous les romans de la sélection du début à la fin. Parmi ceux-ci : « Le canapé rouge » de Michèle Lesbre. Nous avions déjà aimé précédemment, au club, La petite trotteuse. Là elle nous conte l’histoire d’une femme qui part à la recherche d’un amour de jeunesse, et qui fait pour ça un long voyage mélancolique en transsibérien. Mais cette femme pense à sa voisine, une vieille dame à qui elle lit des biographies de femmes célèbres et féministes. Et son voyage ne sera pas celui qui devait être.
Edith et Dominique sont du même avis, une fois n’est pas coutume ! Elles s’accordent à dire que Beau rôle de Nicolas Fargues est très décevant. L’auteur, ancien mannequin, aurait du essayer autre chose que l’écriture… Pourtant, dans son précédent livre, dit Dominique, on sentait poindre l’Auteur, l’écrivain en devenir, prometteur. Mais là, il faut le dire « c’est nul ! ». Pourtant il aborde des sujets qui auraient pu être intéressants, mais il ne fait que les effleurer. En conclusion : 278 p. de narcissisme, de verbiage sans intérêt...
Edith versus Dominique : Eric Reinhardt : Cendrillon
Il fait partie de la fameuse liste du Prix du livre Inter. Edith n’a pas du tout aimé. Attention, Dominique dégaine l’arme fatale de l’analyse en profondeur des intentions réelles de l’auteur « c’est un pamphlet de la société moderne et donc du capitalisme ». Pour Edith, c’est encore un pavé de narcissisme, de nombrilisme. A la page 300 environ, on comprend enfin qui sont ces trois personnages : ce sont les avatars synthético-théoriques » de l’auteur, trois caricatures de personnages bien contemporains. L’un se masturbe tellement qu’il est trop fatigué pour s’occuper de sa femme, l’autre est un trader spécialiste des edge founds, totalement détaché de la réalité. C’est vulgaire, c’est de la complaisance dans l’ordure dit Edith. Justement, réplique Dominique, c’est ça, la société contemporaine ! Ce lien entre l’argent et la pornographie. Il faut reconnaître à l’auteur l’intuition d’avoir pressenti l’affaire Kerviel. Pour Dominique, c’est une écriture moderne et vulgaire, à déconseiller aux amateurs de beau français classique. Mais c’est riche. Il n’y a pas de jugement, de positionnement de l’auteur du côté des gentils contre les méchants, ça serait trop facile.
Au fait, l’auteur sera bientôt à la radio : donc Adrienne fera son ménage, avec aspirateur…
Sonya : Michel Pastoureau – Le petit livre des couleurs
Ce petit livre a l’air passionnant. Depuis qu’elle a lu ce livre, Sonya ne porte plus les couleurs sans y penser. Michel Pastoureau, c’est LE grand spécialiste de l’histoire des couleurs. La symbolique des couleurs n’est pas le fruit du hasard. L’histoire de la production des pigments a déterminé l’histoire des couleurs. Il y a une cote des couleurs comme il y a une cote des mots. Cela va au-delà des modes. L’industrie des pigments, celle de la fixation des couleurs en ont déterminé une géographie symbolique.
PS – Jean-Baptiste l’a lu entre temps et confirme : passionnant.
Erik Orsenna – Voyage au pays du coton
C’est un vrai voyage que l’auteur a fait là où l’on cultive le coton, aux quatre coins de la planète. Très intéressant,
Tony : Claude Nuridsany/Marie Pérennou – La métamorphose des fleurs
Un peu de nature et de beauté maintenant, grâce à Tony. Il a déniché dans la vitrine un beau livre de photographies de fleurs en très gros plan, par l’auteur de Microcosmos. On y voit des fleurs sauvages (scabieuse, chèvrefeuille, chardon…) aux stades successifs de bouton, fleur, fruit. Ca frôle parfois l’art abstrait. On découvre les fleurs comme on ne les a jamais vues. Et le livre est un cadeau pour les yeux, avec des pages en papier calque, des cadres découpés pour mieux voir les détails, des couleurs douces ou vives selon les fleurs. Et en plus, un très beau texte de présentation de chaque fleur.
Philippe : Muriel Barbery – L’élégance du hérisson
7 rue de Grenelle. Quartier chic, immeuble bourgeois. La concierge, Renée est acariâtre, d’où son surnom de hérisson. En fait, elle cache une grande érudition, mais le bonheur lui fait peur. Paloma, une petite fille de l’immeuble, père député, appartement immense, est tellement déçue par les adultes qu’elle a décidé de se suicider le jour de ses 13 ans. Elles vont se rencontrer et parler. Ce livre a empêché Philippe de dormir ! Il regrette la fin tragique, abrupte. Mais Amélie rappelle que l’humour est quand même là en permanence.
John Doherty – Sous le masque doré
Philippe est un passionné d’égyptologie. Dès qu’il y a un documentaire sur le sujet à la télé, son épouse Béatrice fuit car elle n’aime pas ça. D’habitude, c’est le foot qui provoque ce genre de situation ! Là c’est un polar historico-égyptien. La description de l’époque est très bien faite.
Elisabeth : John Harvey –
Elle est déçue, Elisabeth. Ca commençait si bien. Mais voila qu’à mi-route, le roman (policier) s’essouffle et ne repart jamais. A ne pas recommander !
Tony pense qu’il ne faut pas s’arrêter à ce roman, d’autres du même auteur sont meilleurs.
Patrick : Camille Flammarion
Camille Flammarion était le directeur de l'Observatoire de Paris au XIXème siècle ; son nom évoque des sociétés ésotériques qui ont gardé de leur mystère jusqu'à nos jours. Patrick a lu ses écrits, et plus particulièrement ceux qu'il a dédié à une question qui, à l'époque, restait ouverte : les extraterrestres. Selon lui, chaque planète du système solaire avait ses habitants, d'ailleurs pas très très différents des terriens. Et si vous n'y croyez pas, eh bien lisez le, puisqu'il décrit tout ça avec une troublante minutie, avec une logique tout à fait cohérente... pour l'époque.
Lidia : Carlos Ruiz Zafon – L’ombre du vent
Nous l’avons acquis aussi en espagnol, Adrienne le lira dans cette langue.
Lidia a beaucoup aimé ce roman « policier littéraire ». Cela se passe à Barcelone, dans un univers de bouquinistes et de mystère. « Le temps passe vite avec ce livre ».
Arto Paasilinna – La douce empoisonneuse
C’est lui, l’auteur de « Petits suicides entre amis ».Ca fait penser à « Arsenic et vieilles dentelles », avec un humour pince-sans-rire très anglo-saxon. On rit.
Amélie : David Garnett –Un homme au zoo
C’est une petite nouvelle, très drôle, un peu surréaliste. A Londres, un homme quitte son amie après une dispute et demande à aller vivre dans une cage au zoo. Imaginez la suite !
Adrienne: Les pouvoirs secrets des animaux
Ce beau livre a beaucoup plu à Adrienne: « la nature est redoutable et merveilleuse ». Il évoque à Jean-Baptiste une nouvelle de Julio Cortazar « Axolotl », où un homme devient lui-même poisson à force d'aller voir un axolotl à l'aquarium. Du coup, Adrienne révèle qu'un jour, elle « a eu une histoire avec un poisson ». En fait, elle a eu deux poissons qui ont vécu une véritable histoire d'amour tendre.
Amélie: René Girard – Le tragique et la pitié
Il s'agit du discours de réception de René Girard à l'académie française, et de la réponse de Michel Serres.
Jack Kerouac – Lettres choisies1957-1969
Pour Amélie, ce pavé de correspondance est destinée aux amateurs de Kerouac, ceux qui ont lu au moins « Sur la route ».
Dominique : Diane Meur – Les vivants et les ombres
C'est une fresque familiale décrite par ... la maison de famille! En Pologne, au 19e siècle, on y croise différentes communautés, on y parle de la condition des femmes, « C'est extraordinaire, c'est délicieusement suranné »,
D’abord présentation de quelques nouveautés - et pas forcément des ouvrages récents : ainsi ceux de l’érudit Michel Pastoureau, historien des couleurs (Les couleurs de notre temps, bleu : histoire d’une couleur, Le petit livre des couleurs), de l’ours ou encore de l’héraldique (Figures de l’héraldique) et des emblèmes (Les emblèmes de France).
Jean-Baptiste : Nimrod – Le bal des princes
Dans une langue très poétique, voici le récit d’un jeune professeur de lettres tchadien aux prises avec la guerre qui vient à ravager sa région. En visite dans le village de ses ancêtres, il se trouve confronté à la visite officielle d’un colonel de l’armée, avec qui il partagera son destin pour quelques années tumultueuses. Le style, s’il peut paraître précieux, n’en demeure pas moins très remarquable et parvient magnifiquement à évoquer, avec pudeur, l’intimité sensible du narrateur, son rapport aux êtres et aux paysages qui l’entourent.
Nimrod est ce mois-ci en couverture de la très bonne revue Le matricule des anges, dont nous avons évoqué l’histoire. De l’avis des bibliothécaires présents, à ce jour c’est la meilleure revue consacrée à la littérature contemporaine (allez voir le site).
Sonya : François Bégaudeau – Fin de l’histoire
Une journaliste ayant été retenue otage en Irak donne une conférence de presse. Ce livre très intelligent en reproduit le texte (découpé en chapitres minutés) et propose un décryptage de l’évènement – autant le rituel de mise en scène de la journaliste que les attentes des autres journalistes venus l’écouter (ou censés l’écouter…). Ainsi souvent se croisent histoire et Histoire, dans une perspective critique qui permet une distance vis-à-vis de la lourdeur d’une telle histoire. Recommandé.
Edith : Magda Szabo – Le faon
Le dernier roman publié à ce jour de notre décidément familière Magda Szabo est le monologue d’une célèbre comédienne qui, âgée, revient sur son enfance, et plus précisément sur une vieille haine jamais vraiment résorbée. Edith l’a bien aimé, on attend d’autres avis.
A noter que beaucoup disent aimer tel ou tel roman et ne pas aimer tel ou tel autre. Ainsi, Aline, qui aime La ballade d’Iza mais ressent un vrai malaise en lisant La porte.
Patrick : Jean-Pierre Luminet – Le secret de Copernic
Une biographie romancée de celui qui a révolutionné l’organisation du cosmos établie depuis Ptolémée et Aristote, en un temps où prouver que la terre était ronde coûtait la vie. La lecture est agréable et facile, et on apprend tout un tas de chose, sur le géocentrisme et l’héliocentrisme par exemple.
Béatrice : Doris Lessing - Le journal d’une voisine
Une femme journaliste très égoïste se décide soudainement à venir en aide à une vieille dame pauvre et malade, jusqu’à s’en sentir obligée. Un bon roman, sur la vieillesse et la mort si proche, le début en particulier, mais pas non plus, pour Béatrice, une révélation.
Autour de l’auteure, on avait eu des réactions contrastées (voir les synthèses précédentes).
Dominique : Amos Oz – Vie et mort en quatre rimes
Ex-tra-or-di-naire, voilà, c’est dit, et c’est Dominique qui le dit. Un écrivain va, une fois de plus, se prêter à cet exercice, comment dire, lassant, qui consiste à se présenter face à un public conquis et de répondre à ses questions, questions qui, naturellement, sont toujours les mêmes, et qui par ailleurs sont d’un intérêt plutôt limité. Bon. Puis, dès les premières pages, dès que notre écrivain s’assoit à une table pour prendre un café (puisqu’à chaque fois il vient en avance), il se met à imaginer les vies des personnes qu’il a en face de lui, prêtant toutes sortes d’histoires à ses spectateurs qui, bien sûr, ne se doutent pas qu’ils sont en train de devenir les personnages de ce roman… Moins foisonnant et plus resserré que d’autres romans d’Amos Oz, c’est un livre plein d’humour. Edith l’a lu aussi, avec un enthousiasme moins grand que Dominique, mais quand même, toutes deux conviennent qu’il comporte des scènes érotiques de toute beauté.
Sonya : Philippe Delerm – La tranchée d’Arenberg et autres voluptés sportives
Un recueil de petits textes très courts qui ne sont pas forcément des récits mais qui tous ont trait à des évènements sportifs, ou autour, notamment sur comment ils sont retransmis à la télévision (qu’est-ce qu’alors on perçoit – ou pas - du sport ?), aspect qu’a bien aimé Sonya.
Dominique, Béatrice : Corman McCarthy – La route
Chaudement recommandé par Dominique, froidement évoqué par Béatrice… voilà un roman dont il semble que chacun puisse y trouver des choses contradictoires.
On est dans une après-apocalypse, dans une désolation totale ; parmi de rares survivants un homme et son fils font route vers le Sud, voir si la mer existe encore, leurs affaires dans un caddie, échangeant de rares paroles, dans un contexte plein de danger où la moindre rencontre peut exposer au cannibalisme.
Ce livre a beaucoup ému Dominique, pour ce qui passe entre le père et le fils.
Catherine : Keiji Nakazawa – Gen d’Hiroshima
Un classique du manga, en 10 volumes, à rapprocher peut-être du livre dont il vient d’être question. Un petit garçon survit, dans la désolation et la famine, dans le Hiroshima post-nucléaire, grâce à sa très grande force vitale, qu’il tient de son père, ancien opposant au régime militariste d’avant 1945.
Edith : Olivier Adam – A l’abri de rien
Dans une petite ville au bord de la Manche (Sangatte ?) une femme dépressive vient en aide aux réfugiés qui cherchent à traverser la mer, au point de semer le trouble dans son foyer et de faire jaser le petit voisinage. Peu à peu, elle disjoncte. Le roman, récent, a été adapté pour la télévision, et propose un regard assez original sur ce qui arrive aujourd’hui dans des pays qui se réclament encore des Droits de l’Homme et du Citoyen.
Jean - Daniel Pennac : Chagrin d’école
Un livre dont avait parlé, avec réserve, Catherine. Jean en train de le lire, le début lui semble plutôt bon, il se demande s’il n’est pas le cancre lui aussi… Il en tire une vraie philosophie de la vie comme apprentissage, la vie comme école permanente. « Devenez », dit le professeur Pennac à ses élèves…
S’ensuit une large discussion sur l’enseignement, sur comment les enseignants peuvent dévaloriser les mauvais élèves, les faire se sentir seuls et nuls : est-ce que chaque élève peut trouver une place adéquate dans le système scolaire ?
Dominique – Patrick Modiano : Dans le café de la jeunesse perdue
Accrochez vos ceintures, on décolle on décolle, on est dans la meilleure veine de Modiano, brumeux et précis à la fois, si jamais vous croisiez l’auteur dans une de ses promenades parisiennes dites-lui de se méfier d’une certaine dame qui risque de lui sauter au cou, il ne faudrait pas que dans le choc l’auteur perde ses mots, argh.
Nostalgie douce et rêveuse, obsession des listes, nécessité impérieuse de fixer les choses, les récurrences obscures et les sources de lumière sont les mêmes à travers toute l’œuvre de Modiano. C’est aussi une écriture de plus en plus épurée au fur et à mesure des romans, taillée à l’os… et du coup formidablement captivante.
Marie-Paule – Laurent Gaudé : Eldorado
Une histoire très actuelle (des immigrants en quête de l’Europe outre-Sahara) tout autant qu’une fable humaniste… ou plutôt une tentative, parce que à l’avis général ce n’est pas trop réussi. Marie-Paule préfère de loin Le soleil des Scorta, roman du Sud italien qu’elle a adoré. Pour Dominique, le chouchou c’est La mort du roi Tsongor, une fable initiatique par laquelle l’auteur s’est fait connaître du grand public (il est aussi dramaturge).
Marie-Paule – Louis Gardel : La baie d’Alger
Ce roman dresse un portrait très réussi de la communauté pied-noir dans les années d’avant l’indépendance. C’est une histoire d’enfance et d’adolescence, il a 15 ans, il regarde la baie d’Alger depuis le balcon de l’appartement de sa grand-mère, il pense à « l’Algérie française » et se dit « c’est fini »… Avec une écriture très simple, l’ambiance algéroise est très bien rendue.
Tony – Hommage à Julien Gracq
Suite à la disparition, à 97 ans, d’un des très grands écrivains français du 20ème siècle. Tony nous parle de cette œuvre singulière : le goût pour la géographie de Gracq, son extrême sensibilité au paysage et son talent pour le rendre (Tony dit qu’il est dans le paysage), son style poétique et minutieux aux longues phrases splendides, la magie des ambiances de ses livres. Tony a apporté avec lui les livres qu’il aime le mieux : le roman Un balcon en forêt, son préféré, les courtes proses poétiques de Liberté grande, les trois textes de La presqu’île, dont La route qui est le début d’un roman jamais écrit, et enfin Les eaux étroites, où se mêlent paysages familiers et réminiscences littéraires (personnellement c’est mon préféré).
Amélie, elle, vient de terminer Le rivage des Syrtes, incontournable et célèbre roman.
Et pour saluer Gracq encore, nous avons mangé une galette des rois, merci Catherine.
Patrick – Théodore Monod : La météorite de Chinguetti
Jamais résolue, l’énigme de cette colossale météorite, dont on n’a trouvé que deux fragments ainsi l’immense trou qu’elle a creusée dans le désert mauritanien, continue de faire parler d’elle. Théodore Monod s’y est beaucoup intéressé et en parle dans ce livre.
A l’origine spécialiste des poissons fossiles, Monod est devenu une grande figure humaniste, pacifiste en citoyen, infatigable marcheur au parcours spirituel rigoureux. Catherine recommande l’écoute du double CD d’entretiens disponible à la bibliothèque, Arpenteur de l’univers.
Jean-Luc – sur Joseph Gillain, alias Jijé
En pleine période bédéesque, Jean-Luc nous raconte le père fondateur de
Lidia – William Boyd : Une femme avec un livre sur la plage
Sans intérêt, mal écrit, déçue… c’est sans appel.
Personne n’a vraiment pu défendre cet auteur anglais, Dominique, Marie-Paule et Edith se souviennent l’avoir lu, et bien aimé, mais de quoi s’agissait-il au juste ?
Bernard Pivot avait encensé Comme neige au soleil, jusqu’à promettre de rembourser les lecteurs qui ne l’auraient pas aimé. Dominique : c’est un de ces livres qu’il faut avoir lu… Tony : non, pas de « il faut » en littérature…
Sonya - Jean-Pierre Abraham : Fort cigogne
Une promenade en bateau dans les îles bretonnes, quelqu’un revient en vacances dans des lieux qu’il connaît, à la recherche de ses souvenirs, qui affluent parmi les paysages. Très belle écriture, ça sent la mer, il y a la pêche, les habitants, tout un vocabulaire spécifique. Sonya a bien aimé ce livre qui ouvre comme une petite pause, de petites vacances.
Catherine – Jean-Pierre Abraham, toujours : Le vent
Eh oui, parce que Jean-Pierre Abraham à Romainville, c’est grâce à elle. Le vent, c’est ce petit livre découvert au hasard d’une halte dans une petite librairie pleine de charme, sur l’île de Groix, le vent sur les joues, les vagues dans les rochers… C’est le vagabondage d’un homme qui se promène sur la côte bretonne, sans narration, mais quelle belle écriture, si évocatrice, le paysage, les ressentis...
Et puis, du même auteur, on pourra lire Armen, grand classique de la littérature de phare.
Amélie – Alfred Döblin : Berlin Alexanderplatz
Un classique, adapté au cinéma par Fassbinder. Le héros, citoyen lambda, sort de prison plein de bonnes résolutions, débarque dans le Berlin de l’entre deux guerres, ville tentaculaire et décadente – crime, marché noir, débauche… Ecrit dans le style oral berlinois (Amélie le lit en allemand) avec beaucoup de dialogues de type conservation au comptoir, ce gros livre est la lente description d’une descente aux enfers, et une illustration du Berlin en crise des années 20.
Béatrice – Graham Hurley : La nuit du naufrage
Un gardien de prison est tué. Un thriller à rebondissements qui nous emmène dans le monde des ports militaires anglais, le monde des marins revenus de la guerre des Malouines.
Béatrice - Amitav Ghosh : Le palais des miroirs
Un orphelin grandit, travaille pour son gîte et son couvert. A 12 ans, il découvre, aux alentours de sa ville miséreuse, le somptueux palais des miroirs, sorte de cité interdite. Plus tard, le palais est pillé, et lors du pillage notre orphelin tombe amoureux d’une suivante, et se dit « je deviendrai riche ». L’histoire commence alors, et se fait de récit de sa vie et de celle de ses descendants, sur trois générations, à travers tout le 20ème siècle.
Béatrice - Nicolas Evans : La ligne de partage
C’est une lecture facile et légère, une riche et belle héritière tombe amoureuse d’un pauvre éco-terroriste, véritable pied de nez à sa famille outrée.
Edith – Kate Atkinson : La souris bleue
Un bon polar - la « souris bleue » étant le doudou d’un enfant kidnappé.
Edith – Douglas Kennedy : Cul-de-sac
Présenté comme le polar de Douglas Kennedy, ce roman se déroule sur le sol australien, où il ne faut pas conduire de nuit, à cause des kangourous... On sympathise facilement avec le héros, qui a bien du mal à s’en sortir. C’est un polar ORIGINAL. Marie-Paule aussi l’a bien apprécié.
Edith – Philippe Grimbert : Un secret
Edith a bien aimé ce roman dont on avait déjà parlé (club du 5 mai 2007). Adrienne, pas du tout, un côté psychanalytique trop lourd… intéressant ! dit Dominique.
Adrienne – sur Fernando Pessoa
On entendait dans les mots d’Adrienne quelque fado lointain… triste ? mais c’est bien la traduction exacte des sentiments humains, c’est ainsi, que voulez-vous… fado, en résonance à Pessoa, l’homme de L’intranquilité, livre intranquille sur l’homme, « le vrai ».
Edith, Dominique – Charif Majdalani : Caravansérail
Début du 20ème siècle, dans un Soudan en bouleversement, un libanais est en mission pour l’armée britannique. Bon, drôle de mission, de quoi s’agit-il au juste, sait pas trop, l’important c’est que notre homme se trimballe dans un palais arabe tout ce qu’il y a de plus tarabiscoté, mais démontable, puisqu’il se déplace en chameau…
Cette histoire, cette épopée (le narrateur est le petit-fils du protagoniste) a beaucoup plu à Edith et à Dominique. Amusante, ironique, pétillante, tout ce que vous voulez, il y a des envolées lyriques à l’orientale, les tribulations nonchalantes d’un caravansérail dans les déserts…
Dominique – Alaa el-Aswany : Chicago
Ou la transposition à Chicago de L’immeuble Yacoubian, précédent et réussi roman de l’auteur. Donc, même structure (une chapitre – un personnage monologuant), même acuité jouissive, mais non plus le chatoyant tissu social du Caire, mais la vie des égyptiens à l’université de Chicago. On a aimé le premier, on aimera celui-là… en espérant que le filon saura s’arrêter à temps.
Elisabeth – Sami Tchak : Place des fêtes
Une claque. Dans le genre ça décape, pas de concession et no future pour tous. Surtout si vous avez des préjugés, parce que là… C’est un portrait au vitriol des Noirs de France, mais aussi des Blancs, des Arabes, etc. Dans un style célinien, familier, oral (chaque titre de chapitre s’annonce par un « putain de… ») sont dépeints les rapports incestueux du narrateur avec sa sœur, avec sa mère prostituée, et puis le père qui se retrouve dans un rôle de femme au foyer… Radical, pas correct, ça cogne.
Tony – Giolarda Sapienza : L’art de la joie
On en parlait la dernière fois, mais ce n’est pas un livre pour quelques jours, à lire en mangeant du chocolat… Tony l’a terminé et confirme à quel point c’est un livre remarquable, essentiel, sur la liberté, et la haute lutte qu’elle exige de nous, sur l’art de la rencontre, magnifiquement rendu par Sapienza. En écho au livre de Sami Tchak, c’est une autre manière de renverser les préjugés, d’envoyer balader les bonnes idées au miel et autres pensées en rond.
Adrienne – Le Clézio : La quarantaine
Mais qui fera aimer Le Clézio à Adrienne, qui lui enlèvera ces mots de répétitif, trop descriptif, toujours la même chose, trop long, pfff ?
Adrienne, toujours – Benoîte Groult : La touche étoile
La dite touche étoile c’est celle qui donne droit à mourir quand on a décidé soi-même de mourir, l’auteure disant je décide de ma vie je décide de ma mort. C’est doux, facile, sympa. Adrienne a recopié deux pages de citations. Dominique aussi a bien aimé – avec cette nuance : c’est plus journalistique que littéraire.
Jean – Bernard Giraudeau : Les dames de nage
Dommage, la deuxième partie semble moins réussie, une initiation ratée en Afrique, les frasques d’un transsexuel bolivien… en tout cas Jean n’a pas aimé.
Ce qui, néanmoins, a eu le mérite d’ouvrir une discussion fleuve sur la question du sexe en littérature, trop, pas assez, contemporain, ancien, X à la BNF, porno, éros…
Catherine – Daniel Pennac : Chagrin d’école
Il est d’une famille bourgeoise, hautement cultivée… c’est-à-dire que tout le monde est fort à l’école… sauf lui… c’est un cancre…qui est maintenant devenu un célèbre écrivain français du nom de Daniel Pennac… entre les années cancre et aujourd’hui il a été prof de français à Soissons… la zone aménagée… à ménager quoi… mais attention prof pas n’importe comment… il a ses méthodes… et ça marche… faut dire que face à des cancres il sait quoi dire… et avec ça des anecdotes encore des anecdotes toujours des… mais les anecdotes de profs Catherine confesse qu’elle en a marre à la fin… tout autour d’elle des profs… elle sècherait les repas de famille que ça ne m’étonnerait pas… bon mais le livre de Pennac il est pas mal du tout au fait…
Patrick – Jules Vallès : L’enfant
Autre regard sur l’école, ce livre que la plupart ont lu. 19ème siècle, il y a le prestige social de l’école, il y a aussi l’enfance maltraitée à cause de l’école et de ce qu’elle représente aux yeux des parents. L’austère République a longtemps censuré ce roman.
Jean-Luc – Emmanuel Schwartzenberg : Spéciale dernière
Un état des lieux de la presse française aujourd’hui, à l’heure des « journaux » gratuits. L’auteur donne un avis pessimiste, motivé par, selon lui, le poids excessif du syndicat de la presse. Ce n’est pas toujours bien écrit, mais c’est intéressant.
A rapprocher d’un livre sur le livre aujourd’hui : Où va le livre ? livre venant de paraître.
Jean-Luc – Roland de Chaudenay : Dictionnaire des plagiaires
Tout un tas d’anecdotes autour du plagiat, classées par auteurs… et là on voit que même les plus grands ne se sont pas privés d’aller grappiller dans d’autres plates-bandes…
Lidia – Herbjørg Wassmo : Voyages
Quatre nouvelles mettant en scène des héroïnes féminines, par une écrivain norvégienne connue pour ses sagas (Le livre de Dina, par exemple). Ce sont des femmes perdues dans leurs vies, dans leurs souvenirs ; l’atmosphère des nouvelles est pleine de poésie et de mystère.
