Bibliographies

Quand on pense à la littérature anglaise contemporaine, les noms d’auteurs de romans policiers nous viennent plus facilement à l’esprit que ceux de littérature dite « blanche ». C’est dire à quel point le genre policier y est une permanence. Selon Minette Walters, c’est Charles Dickens et Wilkie Collins qui ont écrit les premiers romans policiers, de même que « Oliver Twist » est un roman policier social. Les auteurs de polar anglo-saxon bénéficient d’ailleurs en Angleterre d’un statut de rock star, à l’instar des vedettes de la musique, avec leurs fans et leur site internet…

           

 

            Minette Walters est l’auteur d’une dizaine de romans. De facture assez classique, ils ont néanmoins un aspect politiquement incorrect. Minette Walters habite, dans le Dorset, un manoir agrémenté d’un magnifique jardin, et malgré son train de vie manifestement fortuné, elle écrit des romans policiers engagés dans la cause sociale. Elle est aussi contre l’engagement de l’Angleterre dans la guerre en Irak, comme la majorité de la population. Visiteuse de prison pendant douze ans, elle connaît son sujet. Elle a constaté à quel point ce sont des gens sans culture qui se retrouvent dans les prisons, comme si par manque de moyens de se défendre, ils avaient plus de risques de se voir emprisonnés que ceux qui peuvent argumenter. Ses romans sont à la fois psychologiques et une analyse sociale impitoyable

(Résonances, Ni chaud ni froid, Le sang du renard, La disparue de Colliton Park)

 

Ruth Rendell est l’auteur d’une quinzaine de romans dont le héros est l’inspecteur Reginald Wexford, qui évolue dans une ville imaginaire de l’Angleterre contemporaine. Les criminels y sont des gens ordinaires qui dérapent dans la banalité quotidienne. Par ailleurs, elle écrit aussi des romans à suspense et criminels dont la construction palpitante lui vaut un grand succès tant en Angleterre que sur le vieux continent. Et dernièrement, elle a été anoblie par Tony Blair.

(La maison aux escaliers, Plumes de sang, Le jeune homme et la mort, Sans dommage apparent, Pince-mi et pince-moi)*

(sous le pseudonyme de Barbara Vine : Le tapis du roi Salomon)

 

            P.D.James peut être considérée comme un écrivain « littéraire », ses livres relèvent autant de la littérature classique que du roman policier. Ses romans sont parsemés de citations littéraires. Anoblie par la reine, elle siège à la chambre des Lords, côté conservateur, même si cela ne transparaît pas dans ses romans. Alors que Minette Walters écrits plutôt sur les classes moyennes voire populaires, P.D.James porte son attention plus sur les classes supérieures de la société anglaise. Il n’en reste pas moins que ses romans sont très critiques vis-à-vis de la société britannique. Ainsi dans « Meurtres en soutane », P.D.James met en scène un collège tenu par des diacres anglicans qui en prennent pour leur grade…
(Mort d’un expert, Meurtres en soutane, Un certain goût pour la mort, La salle des meurtres)

 

A ne pas confondre avec son homonyme américain (qui écrit des polars médicaux), Robin Cook, fils de la grande bourgeoisie anglaise, rompt définitivement avec son milieu à l’âge de seize ans. Il quitte le collège huppé et mène une vie de marginal, part en Allemagne puis aux Etats-Unis où il exerce tous les métiers imaginables. Il s’installe en France en 1974 et continue de situer ses romans, très noirs, en Angleterre. On y voit une aristocratie décadente et criminelle, une société en crise, une dénonciation des usages traditionnels de la vieille Angleterre avec lesquels lui-même et ses personnages sont en rupture. On peut le considérer comme un des maîtres du roman policier britannique. A lire aussi, son autobiographie éclairante : Mémoire vive.

(Morts suspectes, Le soleil qui s’éteint, Comment vivent les morts, Les mois d’avril sont meurtriers, On ne meurt que deux fois)*

 

            John Harvey a écrit sous onze pseudonymes plus de soixante-quinze romans de genres différents, de la poésie, du théâtre, des scénarios et d’autres formes littéraires. Sa vingtaine de romans policiers sont un témoignage des dégâts causés par la politique thatchérienne : chômage, misère, racisme, violence… Charlie Resnick, policier à Nottingham, est son héros récurrent, fragile et humain.

(Cœurs solitaires, Les étrangers dans la maison, Lumière froide)

 

            Peter Robinson vit au Canada mais situe ses romans en Angleterre. Son inspecteur Banks, issu de la classe ouvrière, vit une contradiction entre sa famille et son métier. En effet, lors des années Thatcher, la police anglaise était considérée comme l’instrument du pouvoir pour mater violemment les révoltes sociales, casser les grèves. Il est donc rejeté par sa famille, en particulier son père qui ne comprend pas qu’il résout des enquêtes criminelles.

(Froid comme la tombe, Sang à la racine, Beau monstre)

 

            Jake Arnott situe ses histoires dans le Londres nocturne des années 60. Crime unlimited est le premier volet d’une trilogie qui met en scène les parrains de la pègre du « swinging London ». C’est l’évolution de la société anglaise que l’on observe à travers ces portraits.

(Crime unlimited)

 

            Dans les livres de David Peace aussi on peut en apprendre sur ce sujet. Même s’il vit au Japon, il situe ses histoires dans l’Angleterre en déliquescence des années 70 et suivantes. Marqué dans son enfance par un fait divers qui traumatisa sa région, il a écrit une série de livres qui retrace de façon plus ou moins fictive ces histoires de « l’éventreur du Yorkshire », un « serial killers » dont les victimes sont des petites filles ou des prostituées. Où l’on voit aussi les dérives de la police anglaise dans les années 70 : torture, interrogatoires musclés, et des suicides mystérieux dans les prisons…

(1974, 1977, 1980)

 

            Patricia Cornwell reconstitue dans Jack l’éventreur l’histoire de cet assassin qui sema la terreur à Londres en 1888. A la fois document historique et enquête digne d’un roman policier, ce livre, bien qu’écrit par une américaine, décrit les méthodes policières de l’époque dans l’Angleterre victorienne. Patricia Cornwell a travaillé à l’Institut de médecine légale et a été journaliste spécialisées dans les faits divers criminels. Elle utilise, dans son l’enquête sur Jack l’éventreur, les méthodes actuelles des profilers pour nous donner sa version de l’énigme jamais résolue jusque là.

(Morts en eaux troubles, Et il ne restera que poussière, La ville des frelons, Combustion,Jack l’éventreur : affaire classée, portrait d’un tueur)*

 

            Elizabeth George est aussi américaine mais elle écrit des romans policiers « anglais » c'est-à-dire psychologiques, et qui se situent sur le vieux continent. Ainsi, dans Un nid de mensonges, l’action se déroule dans les îles anglo-normandes (Jersey, Guernesey et Serk), seul territoire anglais à avoir subi l’occupation allemande. De plus, ce sont des paradis fiscaux truffés de sociétés fictives, peuplés de milliardaires attirés par une législation particulièrement libérale.

(Le lieu du crime, Un petit reconstituant, Mémoire infidèle, Un nid de mensonges)

 

On ne présente plus Agatha Christie et ses quelques 87 ouvrages policiers (romans et nouvelles) bien connue des amateurs du genre et des autres. Elle l’a révolutionné en y introduisant des classes sociales non aristocratiques.

(51 livres à la bibliothèque)

 

            Josephine Tey (1896-1952) est contemporaine d’Agatha Christie. Elle a plutôt œuvré dans le domaine du roman policier historique, avec références aux œuvres de Shakespeare, telle que Richard III. Son livre Jeune et innocent a été adapté au cinéma par Hitchcock.

(Le plus beau des anges)

 

            Ngaio Marsh. Après une jeunesse en Nouvelle Zélande, elle s’installe à Londres et y place ses intrigues. Issue d’une famille de comédiens, elle restera à jamais attachée au monde des saltimbanques dont elle parle dans chacun des ses romans. Née en 1895 et décédée en 1982, elle est auteur de théâtre et d’une trentaine de romans policiers.

(L’assassin entre en scène, Au jeu de la mort, Et vous êtes priés d’assister au meurtre de …)

 

 

Le roman policier écossais

 

            Ian Rankin est écossais et amoureux d’Edimbourg, où il situe les enquêtes de l’inspecteur Rebus. C’est aussi la ville de Stevenson (l’auteur de Dr Jekyll et Mr Hyde), Walter Scott et Conan Doyle, à qui il fait souvent référence. Après avoir publié quelques romans sous le pseudonyme de Jack Harvey, le première histoire de Rebus a eu un tel succès au Royaume Uni qu’il a poursuivi avec toute une série, au bout de laquelle il souhaite lui faire prendre sa retraite, au risque de frustrer ses lecteurs nombreux et avides… Même si certaines se passent dans les quartiers anciens de la ville, ce n’est pas une visite touristique de l’Ecosse que nous propose Rankin, plutôt des excursions dans les coins les plus glauques et avec des personnages peu avenants, junkies et autres recalés de la société, loin des cartes postales de châteaux hantés et de messieurs en kilt.

(L’étrangleur d’Edimbourg, La colline des chagrins, Le carnet noir, Causes mortelles, Ainsi saigne-t-il, L’ombre d’un tueur)

 

            Alexander McCall-Smith est un écossais vivant au Botswana… Ses livres ne sont pas à proprement parler des romans policiers, mais des histoires d’enquêtes un peu à part, pleines d’humour. Une femme du Botswana, Mrs Ramotswe, crée sa petite agence de détectives féminines dans cet état d’Afrique du sud.

(Les larmes de la girafe, Mme Ramotswe détective, Les mots perdus du Kalahari, Vague à l’âme au Botswana)

 

William McIlvanney appartient aussi à ce qu’on peut appeler l’école du polar écossais.

(Les

 

papiers de Tony Veitch, Laidlaw)

 

 

Le roman policier irlandais

 

Julie Parsons, née en Nouvelle Zélande, s’est installée en Irlande avec sa mère après la disparition mystérieuse de son père. Celui-ci, médecin, circulait d’île en île en bateau pour soigner ses patients lorsqu’il s’évanouit dans la nature. On retrouve toujours dans ses livres sa passion pour les bateaux et pour Dublin. Typiquement irlandais, ses romans sont très littéraires et font référence entre autres à Joyce. Ils sont cependant très faciles à lire même si on ne possède pas une grande culture littéraire.

(Piège de soie)

 


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Plusieurs écoles forment le paysage du roman policier français. Nous vous proposons ici une brève introduction historique qui s'arrêtera, eh oui, juste avant la tout de même très riche génération actuelle. Mais commençons par le commencement...

 

Pierre Véry ( 1900-1960) a été surnommé le « Marcel Aymé du roman policier » pour l’univers à la fois enfantin et fantastique, fantaisiste, féérique de ses intrigues. Beaucoup adapté au cinéma à son époque, on le connaît surtout pour Les disparus de Saint-Agil, et les autres romans aussi célèbres que les films qui en ont été tirés.

(Les disparus de Saint-Agil, Goupi-Mains-Rouges, L’assassinat du père Noël)

 

Léo Malet est un écrivain dont le talent se mesure au-delà du genre policier. Avec son héros Nestor Burma, il a créé un personnage de roman repris au cinéma, dans la bande dessinée (Tardi) et à la télévision où l’on voit aujourd’hui des épisodes totalement inventés par les producteurs, avec les éléments de base des romans d’origine. Il tente, à travers les aventures de Burma, une description (par épisode) des arrondissements de Paris, mais arrivera à en citer dix-huit sur les vingt. Avec « la trilogie noire » (La vie est dégueulasse, Le soleil n’est pas pour nous, Sueur aux tripes), il donne un roman noir dans lequel il évoque ses préoccupations longtemps mises de côté. C’est la vie d’un adolescent et sa descente aux enfers à travers une progression dans la délinquance et le crime.

 

André Héléna. Emule de Léo Malet, il nous offre un témoignage sur la France glauque de la guerre et des années cinquante.

(Le baiser à la veuve, Le festival des macchabées, J’aurai ta peau)

 

 

Avec Boileau-Narcejac débute une école d’auteurs inventifs, des rois du scénario, des créateurs de mécanique de précision, pour qui l’intrigue et son développement  importent plus que la psychologie des personnages. C’est pourquoi le cinéma les a tant appréciés, Hitchcock en particulier, car rien de tel pour tenir en haleine le public qu’une histoire palpitante du début à la fin. Boileau-Narcejac est en fait le nom de deux auteurs déjà confirmés qui, après une rencontre en 1948, décident d’écrire ensemble un roman à suspense comme l’avait auparavant Chester Himes aux Etas-Unis. Celle qui n’était plus deviendra au cinéma Les diaboliques, adapté par H.G.Clouzot, avec Paul Meurisse, Simone Signoret et Véra Clouzot en 1950. Puis ils écrivent D’entre les morts (adapté par Hitchcock sous le titre Vertigo – Sueurs froides), Les magiciennes, et d’autres romans dont  certains pour la jeunesse. On retiendra le renouveau du genre qu’ils ont apporté au polar français, en en modifiant les données classiques : meurtre, enquête, coupable/victime…

(D’entre les morts, L’ingénieur aimait trop les chiffres, Mr Hyde, L’invisible agresseur, L’ombre et la proie)*   

 

Sébastien Japrisot (1934-2003) est présent aussi bien dans le roman que dans le cinéma français, tant il a été adapté et il a participé lui-même comme scénariste à la fabrication de films adaptés de romans policiers. Dans la veine de Boileau-Narcejac, il façonne des histoires tragiques et ciselées comme autant de précieuses mécaniques d’horlogerie.

(Compartiment tueurs, L’été meurtrier, La dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil, La passion des femmes, Les mal partis)

 

Georges Simenon n’est plus à présenter, mais on peut le rapprocher de cette « école ». Il faut savoir aussi qu’il a écrit sous 21 pseudonymes différents… et que ses œuvres complètes viennent d’être publiées en 27 volumes d’environ mille pages chacun chez Omnibus !

(71 livres à la bibliothèque)

 

Stanislas-André Steeman (1908-1970). Concurrent d’Agatha Christie dans les palmarès de l’époque, il fait preuve de beaucoup d’imagination et d’humour. Ecrivain perfectionniste, il a des démêlées avec ses éditeurs (qui lui reprochent parfois d’être trop littéraire) et les cinéastes qui l’adaptent, car il veille à un respect  de ses œuvres  difficile pour eux à tenir.

(L’assassin habite au 21, Légitime défense (« Quai des orfèvres »), Un dans trois, Six hommes morts)*

 

Albert Simonin est plus connu pour les adaptations cinématographiques (notamment interprétées par Jean Gabin) qu’il a faites de ses livres « Touchez-pas au grisbi », « Le cave se rebiffe » et « Grisbi or not grisbi », mettant en scène le milieu parisien des années 50 avec son argot fleuri. Il a aussi écrit le scénario de « Mélodie en sous-sol », et « Tendre voyou », entre autres, et des «Tontons flingueurs » avec la fine équipe Ventura/Blier/Blanche/Lefebvre/Venantini et les dialogues coécrit avec Michel Audiard.

 (Grisbi or not grisbi)

 

Les auteurs du "néo-polar"

 

            Constitué d’une jeune génération d’auteurs apparus dans les années 70, le « néo-polar » est engagé dans la réalité sociale, il nous parle d’histoire contemporaine, des guerres (de 1914-18, de 1939-45, d’Algérie…), de la Résistance, de la pauvreté, des cités, des dérapages de nos sociétés.

 

 

Jean-Patrick-Manchette (1942-1995) en est considéré comme l’initiateur, le pape. On a parlé de polar soixante-huitard. Il critique l’extrémisme politique comme les abus de pouvoir de l’Etat. Ses héros désabusés reflètent la déchéance du monde et de l’art, son idée que tout a été fait et que tout ce qui suit ne sera que répétition.

(Laissez bronzer les cadavres, Le petit bleu de la côte ouest, Que d’os, Fatale, Morgue pleine)*

 

Thierry Jonquet : ergothérapeute de formation, il se sert de sa formation dans certains de ses romans, mettant en scène, sans les ménager, des personnes âgées, des malades et des médecins. Le corps y occupe une place particulière, ainsi dans « Ad vitam aeternam » où l’action se déroule dans une boutique de tatouage, percing et autres choses du même genre. Malgré tout cela, l’humour est toujours présent.

(Mygale, Les orpailleurs, Du passé faisons table rase, La vie de ma mère, Le bal des débris)*

 

Didier Daeninckx est probablement le meilleur représentant de ce courant, même s’il rejette lui-même le terme de roman policier qu’il trouve contradictoire. Dans « Meurtres pour mémoire », il décrit la répression des mouvements algériens de 1961 à Paris. Dans d’autres romans, il nous parle de Résistance, du racisme, du monde ouvrier, de la misère sous toutes ses formes, de l’humanité avec ses grandeurs et ses travers. Il excelle dans la nouvelle, dans la forme et le fonds, capable de construire en quelques pages des intrigues et des retournements de situation inattendus.

(Le bourreau et son double, Lumière noire, Meurtres pour mémoire, Métropolice, Les figurants)*

 

 

Jean Meckert/Jean Amila (1910-1995) est en quelque sorte le maître à penser et le modèle de  Didier Daeninckx. Celui-ci lui rend hommage entre autre dans « 12, rue Meckert ». Né à Belleville, Meckert (qui publiera sous son nom et sous le pseudonyme d’Amila) se retrouve à l’orphelinat après la guerre de 1914-1918, sa mère étant internée en hôpital psychiatrique après avoir été abandonnée par son mari. Il décrit la difficulté de vivre à deux, celle de devoir survivre dans la précarité avec ce que cela suppose d’épreuves : chômage, violence, etc… Dénonçant les forces occultes du pouvoir, il est victime d’une agression mystérieuse en 1974, laissant supposer que ses romans ont touché ses agresseurs.

(Le boucher des Hurlus, A qui ai-je l’honneur ?, Le chien de Montargis, La lune d’Omaha, Jusqu’à plus soif, Motus)*

(Voir aussi l’excellent dossier sur cet auteur dans le numéro 93 de juin 2005 de 813, revue consacrée à la litérature policière à laquelle la bibliothèque est nouvellement abonnée.)


NB : Le petit astérisque signale que la bibliothèque est en possession d'autres titres du même auteur.


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Cesar Aira

Le manège

A. Dimanche, 2003

A Buenos Aires, pendant la crise, les vies entrecoupées de plusieurs
personnages qui rêvent et survivent.

Un épisode dans la vie du peintre voyageur

A. Dimanche, 2001

Lors d’un voyage dans la province argentine de Mendoza, un très célèbre
peintre allemand du XIXème siècle touche au secret dont il a toujours rêvé :
le point équidistant des horizons dans les plaines immenses de la Pampa.


Federico Andahazi

La villa des mystères

Gallimard, 2004

Pendant l'été 1816, la villa Diodati rassemble des hôtes illustres : Lord Byron, Percy et Mary Shelley, Claire Clarimont et le docteur Polidori, secrétaire privé de Byron. Ce dernier reçoit d'étranges messages et apprend l'histoire scandaleuse des jumelles Legrand, leur vie dissolue...


Mario Benedetti

Après des études au collège allemand de Montevideo, Uruguay, il devient dans ce pays d'employé public, d'employé de bureau, d'employé de banque, employé lui-même. Le triomphe de la révolution cubaine en 1960 détermine chez Benedetti un tournant décisif. Il s'engage, milite activement et ses écrits en témoignent (articles, chansons, discours, poèmes, romans).

 

Printemps dans un miroir brisé

Belfond, 1987

 

Hector Bianciotti

 

Curieux destin que celui qui a conduit ce fils d'estanciero de la province de Cordoba aux velours d'un fauteuil de l'Académie Française. Il est un des rares représentants d'un courant intimiste argentin puisé aux sources de son enfance et de sa jeunesse. C'est dans la vaine, mais vitale, tentative de comprendre ce qu'on est et sera par ce qu'on a vécu qu'est pour lui l'inépuisable trésor de l'écriture.

 

La nostalgie de la maison de Dieu

Gallimard, 2003

Un homme se rappelle de sa dernière rencontre avec son père, un violoncelliste, alors qu'il avait 16 ans et commençait sa carrière de pianiste. Sa mère étant morte à sa naissance, il a été élevé dans une maison de famille en Suisse par une gouvernante et a ensuite été confié à don Savine, le maître de son père.

   

Marcelo Birmajer

Histoires d'hommes mariés

Seuil, 2006

Recueil de nouvelles illustrant la difficulté en Argentine d'appartenir à la fois à la culture occidentale et hébraïque. Elles mettent en scène les quartiers juifs de Buenos Aires.

 

Arnaldo Calveyra

L'origine de la lumière

Actes sud, 1992

Un recueil pointilliste où le poète redonne vie aux hommes, aux paysages et aux éléments naturels qui participent tous de la même cosmogonie, celle de son enfance libre et heureuse en Argentine.

 

Si l'Argentine est un roman

Actes Sud, 1998

L'auteur s'interroge sur la dérive politique et idéologique de son pays. Comment le peuple argentin peut-il rester à ce point absent à lui-même, incapable de se relever ? Un texte à mi-chemin entre un roman et un essai.

 

Tony Cartano

Milonga

Albin Michel, 2004

Les enfants d'une lignée tumultueuse et d'une Argentine en ébullition ont vécu l'exil vers l'Europe. Trente ans plus tard, leur histoire et celle du pays qui les vit naître témoigne d'une perpétuelle rivalité.

 

Daniel Chavarria

Chavarria, écrivain uruguayen, a choisi de vivre et travailler à Cuba, comme pour prendre le chemin inverse par rapport à tant de ses pairs. C’est bien entendu opter pour un certain angle de vue sur l’Amérique latine, sa mise à sac, son aliénation. Doué d’une grande culture et d’une mémoire vive, sa thématique intègre l’histoire de la colonisation, la disparition des civilisations pré-ibériques, la perte des identités des uns et des autres au profit d’un insaisissable et planétaire Moloch assoiffé de sang et d’or.


L’oeil de Cybèle

Rivages, 2001

Au Ve siècle avant Jésus-Christ, dans la Grèce de Périclès, un curieux mendiant illuminé fonde une secte : l’Eglise de la Somme, s’associant pour cette entreprise avec la danseuse la plus courtisée d’Athènes. Sous la houlette de leur chef spirituel, prostituées, esclaves, affranchis et autres adeptes vont se mesurer au pouvoir des hommes en place pour retrouver une précieuse améthyste.

 


Un thé en Amazonie

Rivages, 1998

Pour la feuille d’un arbre à l’odeur nauséabonde et poussant en pleine jungle, on parcourt des milliers de kilomètres, on saute en parachute, on fait des recherches botaniques, on mobilise les sémiologues et surtout, on tue. Au nom de la raison d’Etat, les témoins gênants doivent disparaître.

 

Boomerang

Rivages, 1999

Quand, en l’an de grâce 1598, Philippe III monta sur le trône d’Espagne, dix mille écus d’or furent frappés à son effigie. Deux mille de ces écus portaient une marque supplémentaire due à l’orfèvre Fabrique Montero. Quatre siècles plus tard, un plongeur cubain en découvre soixante-dix-huit et veut les monnayer pour fuir le pays… Un roman policier émaillé de notations érudites.

 

La sixième île

Rivages, 2004

Polar mêlant 3 intrigues : Lou Capote, vole un détecteur de sous-marins atomiques à l’armée américaine pour l’entreprise ITT dans les années 50. Bernardo, orphelin uruguayen, élevé par des jésuites, surdoué en mathématiques fuit le couvent dans les années 40. Et la découverte d’un manuscrit de la confession d’Alvaro Mendoza, pirate sanguinaire, rédigée au 17e siècle.

 

Madrid, cette année-là

Rivages, 1999

Un récit autobiographique qui ressemble à une fiction Il faudra presque quarante ans au narrateur pour dénouer les fils de l’intrigue que constitue la vie de sa mère Gaby, s’y reconnaître dans ses différentes époques, ses amants, ses névroses.

 

 

Mario Delgado Aparain

La Ballade de Johnny Sosa

Métailié, 1994

En prenant le pouvoir, les militaires ont décidé de faire de Johnny Sosa, rocker dans un bar louche, un grand chanteur de boléro. Ils lui font faire un dentier et donner des leçons par un vieux ténor italien. Mais un jour, Johnny prend conscience de ce qu'on fait de lui et se révolte.

 

Rolo Diez

 

Exilé après « Vladimirevitch contre les uniformes », un violent pamphlet contre la sale guerre menée par les militaires argentins où il utilise la forme policière façon burlesque, l'écrivain argentin situera dorénavant ses romans dans son pays d'accueil, le Mexique - Mexico étant traitée comme la métaphore de toute métropole hispano-américaine en butte à la corruption, à l'arbitraire policier, et à toute la panoplie des maux bien partagés dans le cône sud. Sa créature est un flic « récurrent », Carlos Hernandez, lui-même pratiquant toutes les formes de délinquance afin de financer l'action de la justice.

 

Vladimir Illitch contre les uniformes

Gallimard, 1992

 

In domino veritas

Gallimard, 2003

A Mexico, au milieu des années 1990, Ardilla, un orphelin, devient délinquant. Avec son copain Mocho, il se spécialise dans le braquage des taxis pour finir dans la livraison de drogue pour une personalité locale. Mais Mocho, avec ses rêves de grandeur, trouve la mort dans le détournement d’un chargement de drogue alors qu’Ardilla se retrouve traqué.

 

Poussière du désert

Gallimard, 2001

Tijuana, à la frontière Mexique-Californie. Hernandez, inspecteur de Mexico, escorte le cercueil d’une jeune fille morte lors d’une partie dans des circonstances que la police ne souhaite pas élucider. Le corps fait l’objet de diverses convoitises. Entre les notables à ménager, la pègre, la police et aussi ses deux familles, la légitime et l’autre, Hernandez finit par élucider l’affaire.

 

Chats de gouttière

Gallimard, 1998

 

Lune d’écarlate

Gallimard, 1998

Mexico, début des années 90. Julio Cesar est un repris de justice qui résoud ses problèmes à sa manière, c’est-à-dire au coup par coup. Le hasard va mettre sur sa route la jeune Scarlett, dans l’attente du prince charmant, qui l’extirpera de son deux pièces et de l’agence de voyages qui l’emploie…

 

Le pas du tigre

Gallimard, 1994

Un sombre trafic de prostituées où sont impliqués de hauts fonctionnaires de police, dans le Buenos Aires de la fin des années 80.

 

 

Alicia Dujovne Ortiz

Femme couleur tango

Grasset, 1998

Au début du siècle, Mireille part pour l'Argentine où un certain monsieur Henri lui a promis la gloire. En fait, elle suit, comme nombre de ses compatriotes, le "chemin de Buenos Aires", célèbre filière de la traite des blanches. Elle y découvre le tango, devient danseuse, patronne de bordel et maîtresse du chanteur Carlos Gardel avant de revenir terminer ses jours en France.

 

Buenos Aires

Champ Vallon, 1984

 

 

Sylvia Iparraguirre

La Terre de Feu

Métailié, 2002

En 1830, les Anglais emmènent à Londres un Indien Yamana du cap Horn, Jemmy Button, dans l'espoir d'en faire une tête de pont pour une colonie anglaise. Il se lie d'amitié avec le narrateur, John William Guevara, le mousse du bateau. L'expérience est un échec, elle se termine par un procès fait aux Malouines aux Indiens Yamana par des missionnaires anglicans.

 

 

Carlos Liscano

 

Condamné par le régime militaire, l’écrivain uruguayen passe treize ans en prison, où il subit la torture. Libéré en 1985, il s'exile en Suède. Depuis 1996, il vit entre Montevideo et Barcelone. Liscano a commencé à écrire en prison : romans, récits, nouvelles, poésies, théâtre.

 

La route d'Ithaque

Belfond, 2005

Dans les années 1990, Vladimir se rend de Barcelone à Stockholm en train. Il se rappelle les événements qui l'ont conduit de son Uruguay natal à la Suède, dans laquelle il a suivi Ingrid, rencontrée au Brésil. En Suède comme au Brésil, il est confronté à la surexploitation. Aussi refuse-t-il le rôle de mari et de père d'une petite fille qu'Ingrid voudrait lui imposer.

 

 

Tomás Eloy Martínez

Le chanteur de tango

Gallimard, 2006

Un roman qui est aussi un guide, un texte hybride qui offre un parcours unique à travers Buenos Aires et son histoire, un voyage dans l'espace et dans le temps qui plonge le lecteur dans l'univers mythique de la ville, notamment dans la littérature de Borges et dans le monde du tango.

 

Elsa Osorio

Luz ou Le temps sauvage

Métailié, 2002

A 20 ans, Luz commence à avoir des doutes sur ses origines : elle se lance dans une enquête qui lui fera découvrir qu'elle est la fille d'une militante de gauche, morte peu après sa naissance en prison, et confiée à la famille d'un des dignitaires de la

 dictature argentine. Une histoire qui éclaire cette sombre période de l'histoire de l'Argentine.

 

 

Manuel Puig

 

C'est un scénariste argentin «raté» qui s'est converti au roman et a conservé pour le cinéma rancœur et amour. Le cinéma est dans son œuvre un simple levier qui permet de soulever la réalité humaine - la face «fleur bleue» qu’a toute vie- pour la mettre en question, I’occasion d’une double mise en abyme : de la littérature par le cinéma, et inversement. La présence du film est commune à tous les romans de Puig. Le film, nous dit-il, est devenu un élément de notre langage, nous nous exprimons par son truchement, c’est devenu un tic social que de se raconter des films, mais à chaque fois, c’est nous qui en sommes les protagonistes, nous avons opéré une substitution. 

 

Les Mystères de Buenos Aires

Seuil, 1975

Le baiser de la femme-araignée

Seuil, 1996

Dans une cellule de Bueonos Aires, deux hommes très dissemblables : Valentino, un guérillero urbain, Molina, un étalagiste arrêté pour détournements de mineurs. Le soir, pour tuer le temps, Molina raconte des films à son
compagnon. Aux termes de ces récits, ils ne seront plus tout à fait
les mêmes.


 

 

Juan José Saer

Écrivain argentin résidant en France à partir de 1968, Juan José Saer, tournant dès ses débuts le dos à l'école réaliste magique qui dominait alors les lettres latino-américaines, chercha son chemin entre formes narratives innovantes, langue poétique, érudition et jeux sur la temporalité.

 

Cicatrices

Seuil, 2003

Dans ce roman publié pour la première fois en 1969, Luis Fiore, un ouvrier métallurgiste assassine sa femme un premier mai. Cet événement relie quatre histoires racontés par les quatre personnages de ce roman : Angel un adolescent livré à lui-même et fou de lecture, un joueur qui perd tout, tout en écrivant des essais, un juge obsédé par les gorilles et Fiore.

 

Les nuages

Seuil, 1999

Pigeon, personnage central de l'oeuvre de Juan José Saer, reconstitue sur son ordinateur l'histoire d'un étrange voyage entrepris en 1804 à travers la pampa par cinq fous, un psychiatre, une escorte de soldats, un colporteur et trois putains.

 

 

Osvaldo Soriano

 

Il vécut à l’image de ses personnages : telle pourrait être l’épitaphe d’Osvaldo Soriano, ancien footballeur professionnel, éternel exilé, clandestin bourlingué de part et d’autre de l’Atlantique. Créateur d’un univers littéraire comme reflet de cette Argentine des années noires, il passa cette réalité au filtre d’un humour très portègne, et imagina de burlesques fictions qui dérapent facilement vers la tragédie.

 

Une ombre en vadrouille

Grasset, 1994

Dans l'Argentine des années 90, un homme, le narrateur descend d'un train, sans un sou en poche. Qui est-il? Où va-t-il? Il marche et sur sa route, il rencontre des personnages perdus comme lui, un astrologue, une voyante, un curé maître chanteur...

 

 

Javier Torre

Les Nuits de Maco

Alinéa, 1991

Cette vaste chronique familiale qui se déroule sur une trentaine d'années, retrace en fait la vie de plusieurs générations d'émigrants irlandais en Argentine, à travers le regard étonné et rêveur d'un enfant.

 

 

Hector Tizon

 

Ce qui frappe à la lecture des quatre romans traduits, parmi une œuvre d’une dizaine de livres, c’est la très grande unité thématique et stylistique. Littérature compassionnelle portant témoignage sur la condition d’une population abandonnée par les pouvoirs, celle qui vit sur les hauts plateaux désertiques du nord-ouest argentin, la province de Jujuy que Tizon ne quitta que pour un exil forcé en Espagne.

 

Lumière des cruelles provinces

Serpent à Plumes, 1999

Au début du XXe siècle, Rossana et Giovanni quittent un pauvre village d'Italie pour Buenos Aires. Ils arrivent, par recommandation, à travailler dans un domaine abandonné du nord-ouest du pays. Veuve, Rossana, épouse alors le vieux propriétaire. Juan, le fils, devient un notable de province, sa mère vivant résignée face à sa destinée.

 

 

Le voyage

Actes Sud, 2003

En Argentine, dans un village traversé par un fleuve, un vieil homme débarque un jour en pirogue et s'installe dans un vieil entrepôt, travaillant juste pour s'offrir ses rations quotidiennes de gin et perdre aux dés. Deux orphelins s'attachent au vieil homme et lui demandent jusqu'où va le fleuve. Il tente alors d'expliquer la mer aux enfants qui n'ont jamais quitté l'enceinte du hameau.

 

 

 


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– irruption d’éléments hétérogènes prélevés directement dans la réalité et incorporés tels quels sur une même surface.
 

« Il se peut que j’en aie fait quelque chose de beau mais c’était tout de même un détritus. » – Rueda

 

Les premiers collages sont dus à Braque et à Picasso qui en 1912 incorporent à leurs compositions des papiers collés – c’est la fortune du « cubisme synthétique ». En faisant son entrée dans l’art, le collage crée une rupture : avec lui, plus ouvertement encore qu’avec l’abstraction, c’est tout le système de représentation qui est bouleversé. Cette technique, qui très vite fait appel aux matériaux les plus divers, trouve une résonance un peu partout en Europe, des futuristes italiens à l’Avant-garde russe, et surtout chez les dadaïstes puis les surréalistes (en particulier Max Ernst). Entre les deux guerres, Kurt Schwitters, le premier, en fait sa pratique exclusive, avec ses fameux Merzbilder. Rapidement, le collage et ses nombreux prolongements – comme le photomontage – s’incorpore complètement aux usages de l’art moderne, on le retrouve aussi bien chez Dubuffet que chez les affichistes du Nouveau Réalisme (Hains, Villeglé, Rotella) ou encore dans le Pop Art, avec Rauschenberg ou Wesselman. Ses frontières bien sûr sont floues et extensibles.


Les années cubistes

Paris, Centre Pompidou, 1999

 

Cabanne, Pierre

Le cubisme

Paris, Terrail, 2001

 
Gaya-Nuño, Juan Antonio
 Juan Gris

Paris, Cercle d'art, 1974

 

Georges Braque

Paris, Centre Pompidou, 1982

 

Matisse, Picasso : exposition

Paris, Réunion des musées nationaux, 2002

 

Monnin, Françoise
Le collage : un art du XXème siècle
Paris, Fleurus, 1993

Sollers, Philippe

Picasso, le héros

Paris, Cercle d'art, 1996

La révolution surréaliste

Paris, Centre Pompidou, 2002

 

Passeron, René

Le surréalisme

Paris, Terrail, 2001

« Ce n’est pas la colle qui fait le collage » – Max Ernst

Penrose, Robert
80 ans de surréalsime
Paris, Cercle d'art, 1984

Prévert, Jacques

Fatras

Paris, A. Sauret, 1980

 

Semin, Didier

Kurt Schwitters

Paris, Réunion des musées nationaux, 1995

 

Erben, Walter

Joan Miro

Berlin, Taschen, 1998


Man Ray et le photomontage

 

 

Man Ray : photographe

Paris, Sers, 1982

 

Man Ray

Paris, Nathan, 1991

 

Ades, Dawn

Photomontage

Paris, Chêne, 1976


 « C’est comme des mariages d’amour et de raison : des choses s’attirent et je les mets ensemble, ou bien elles ne s’attirent pas et je les mets ensemble. » – Jean Tinguely


Dans la seconde moitié du XXe siècle, le collage est partout ou presque, à la fois moyen et fin. L’explosion des tendances et la multiplication des pratiques individuelles sont à l’origine de toutes sortes de collages en deux ou trois dimensions. On trouve des objets du quotidien directement recyclés en art, dans des compressions ou accumulations - comme dans l’œuvre de César ou Arman, collés au mur comme matière première (Tony Cragg), sur une toile (Manzoni : « Achromes »), « tableaux-pièges » de Spoerri (des reliefs de repas verticalisés), éléments accessoires ou essentiels de la création (Annette Messager). Les objets sont récupérés dans les rues, sur les plages, voire dans les poubelles. Certains comme Broodthaers se sont plus à rapprocher des objets de façon humoristique, à recouvrir totalement des objets de papier journal (Jiri Kolar), de sparadrap (Erik Dietman), de bandelettes médicales, etc… On mélange peinture et collage (Klasen) ou l’on colle les matériaux entre eux (Rauschenberg : « Combine paintings »)…


Francblin, Catherine

Les nouveaux réalistes

Paris, Regard, 1997

 

Jean Dubuffet : catalogue de l'exposition

Paris, Centre Pompidou, 2001


Osterwold, Tilman

Pop art

Berlin, Taschen, 1990

 

Les années pop, 1956-1968

Paris, Centre Pompidou, 2001

 

Fauchereau, Serge

Du collage et de Rueda

Paris, Cercle d'art, 1997

 

Malet, Rosa Maria

Tàpies, affiches

Paris, Cercle d'art, 1988

 

Davvetas, Dimosthenis

Antoni Tàpies

Paris, Cercle d'art, 1994

 

Raymond Hains : Oeuvres récentes

Nice, Musée d'art moderne, 2000

 

Nobis , Norbert

Marcel Broodthaers
Ostfildern, Cantz verlag, 1996

« …comme la rencontre fortuite d’une machine à coudre et d’un parapluie sur une table de dissection. » - Lautréamont

 

Le collage en littérature

 

Clin d’œil érudit ou plagiat délibéré, ici le collage, avatar de l’intertextualité, brouille les codes littéraires, nie le mythe romantique du génie et exalte la polyphonie de discours fragmentaires et hétéroclites. Des savants plagiats de Lautréamont aux cut-up de Burroughs, une très brève sélection.


Lautréamont 
 : Oeuvres complètes  

Paris, Table ronde, 1970

 

Louis Aragon : Le paysan de Paris

Paris, Gallimard, 1978

 

James Joyce : Ulysse

(traduit de l'anglais par Auguste Morel)

Paris, Gallimard, 1980

 

James Joyce : Finnegans wake

(traduit de l’anglais par Philippe Lavergne)

Paris, Gallimard, 1997

 

William S. Burroughs : La Machine molle

(traduit de l'anglais par Mary Beach)

Paris, 10-18, 1985

 

Michel Butor : Degrés

Paris, Gallimard, 1960

 

J. M. G. Le Clézio : Le procès-verbal

Paris, Gallimard, 1981

 

Denis Roche : Louve basse : ce n'est pas le mot qui fait la guerre? c'est la mort

Paris, Seuil, 1976

 

Michael Ondaatje : Billy the Kid : oeuvres complètes
(traduit de l'anglais (Canada) par Michel Lederer)

Paris, Olivier, 1998



Du côté des enfants

 

En littérature jeunesse, les illustrateurs puisent abondamment dans l’histoire de l’art – et donc celle du collage – pour créer leurs albums. De Nathalie Rezzoni aux albums de la collection « Pirouette » chez Didier, voici quelques livres illustrés par des collages.

 

Collages : rencontre avec Fernand Rolland

PEMF, 1986

 

Prats-Okuyama, Catherine : Max Ernst, Loplop présente une jeune fille

Paris, Centre Pompidou, 1991

 

L'Heure de Hugo : choix de poèmes pour les enfants. (illustrés par Patricia Latour)

Pantin, Temps des cerises, 2002

 
Gougaud, Henri : Contes du Pacifique. (illustrés par Laura Rosano)

Paris, Seuil, 2000

 

Armstrong. Une chanson de Claude Nougaro et Maurice Vander illustrée par Chris Rachka

Paris, Didier, 2002

 

Rizzoni, Nathalie : Le vieux banc

Orange (Vaucluse), Grandir, 1992

 
Dans la collection « Pirouette » :

 

Grenier, Delphine : Au clair de la lune...

 

Bourre, Martine :

Le grand cerf,

Lundi matin, l'empereur, sa femme et le petit,

A Paris, sur un petit cheval gris,

J'aime la galette

 
Devaux, Stefany : Dame TartinE

Le collage en pratique

 

Valéry, Anne

Collages

Paris, Hachette Pratique,1997

 

Iscan, Férit

Comment composer un tableau par collage
Paris, Bordas, 1985


Bibliographie réalisée en 2005

 

 


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Bibliographie réalisée en mars 2005

 

Si les lecteurs français la connaissent un peu - surtout à travers les auteurs classiques de la deuxième moitié du XIXème siècle – il n’en demeure pas moins que les talents qui animent aujourd’hui la littérature russe restent méconnus. Et pourtant…

Il est vrai que les premières années post-soviétiques n’ont pas suscité la floraison que certains  avaient pu attendre. Les auteurs soviétiques, à quelques exceptions près, passèrent à la trappe du jour au lendemain, et la littérature russe, désacralisée, disparut des étals des libraires au profit de traductions.

Les temps ont bien changé, et le monde de l’édition, en Russie, est en plein renouveau. Même si les tirages ne sont guère importants -  à l’exception très notable de quelques auteurs de polar -  la littérature russe est actuellement de grande qualité.  

Cette sélection espère rendre compte de cette idée de la littérature, de ce paysage original, exigeant et réconfortant. On y découvrira des voix singulières et variées, dépassant les générations, les époques et les genres – d’Olga Sedakova ou Iouri Mamleïev, longtemps publiés en samizdat (manuscrits censurés circulant sous forme de photocopies), à de très jeunes auteurs, comme Ilya Kotcherguine. On verra aussi apparaître des lignes de force unissant ces auteurs  venus des horizons les plus divers : une ouverture certaine sur l’étranger, dans toutes ses dimensions, un attachement fort mais pas ostentatoire à l’histoire russe, une préoccupation réaliste du quotidien, souvent transfiguré par le fantastique ou le grotesque, ou encore, loin des clichés sur la prétendue « âme russe », la présence d’une profonde spiritualité.

 

 

Vassili Axionov

 

Né en 1932 à Kazan, Vassili Axionov vient de recevoir le plus prestigieux des prix littéraires en Russie, le Booker Prize russe. Après une enfance passée en Sibérie où ses parents avaient été déportés, il a connu de bonne heure une gloire littéraire. Il dépeint dans ses premiers romans une jeunesse russe recherchant la liberté du corps et de l’esprit, loin de l’imagerie soviétique. Expulsé d’URSS en 1980, il ne s’est jamais départi de la liberté superbe de ses débuts et est devenu l’un des principaux écrivains de langue russe à l’heure actuelle.

 
Lumineuse césarienne

Traduit du russe par Lily Denis

Arles (Bouches-du-Rhône) : Actes Sud, 2003

Ce roman picaresque et protéiforme relate les tribulations d'un Russe des années 1990, de son amoureuse et d'un vieil écrivain renommé, entre Russie, États-Unis et Europe.

 

Les oranges du Maroc

Traduit du russe par Irène Sokologorsky

Arles (Bouches-du-Rhône) : Actes Sud, 2003

Un bateau chargé d’oranges accoste dans un port des îles Kouriles, en Extrême-Orient soviétique. Cela se passe dans les années 60, et, à deux cents kilomètres à la ronde, chacun abandonne ses préoccupations et se précipite.

 

Une saga soviétique (1 & 2)

Traduit du russe par Lily Denis

Paris : Gallimard, 1997

 

Dmitri Bavilski

Les mangeurs de pommes de terre

Traduit du russe par Véronique Patte

Paris : Gallimard, 2004 

Ce roman teinté d'humour et de surréalisme a pour héroïne Lidia Albertovna, gardienne de musée dans une petite ville de l’Oural, épouse d'un compositeur et mère d'un adolescent. La découverte d'une étude sur le tableau Les mangeurs de pommes de terre de Van Gogh va bouleverser sa vie jusque-là paisible.

 

Nicolas Bokov

La zone de réponse

Traduit du russe par Maud Mabillard

Montricher (Suisse) : Noir sur blanc, 2003

Huit nouvelles autour du concept de destinée, essayant de trouver une signification aux rencontres et coïncidences qui rythment la vie. On retrouve dans ces huit récits le sens aigu du détail et de l'humour qui fait l'originalité du style de Nicolas Bokov. De la part de l'homme et du philosophe, c'est peut-être aussi une ouverture vers un chemin de sérénité.

 

Iouri Bouïda

Yermo

Traduit du russe par Sophie Benech

Paris : Gallimard, 2002

Le roman « Yermo » est une vaste réflexion sur la création, et un très bel hommage à Nabokov. C’est un livre riche, foisonnant, plein de digressions sur la peinture, le théâtre et le cinéma, la philosophie, la littérature…  

 

Nikolaï Chadrine

Le temps des troubles 

Traduit du russe par Bernard Kreise

Paris : Le Cherche Midi, 2004

Entre février et octobre 1917, Serge Skatchkov, ex-officier tsariste revenu du front, aristocrate et héros militaire, se retrouve chassé par les représentants de la classe montante de la nouvelle société : les animateurs de meetings et les expropriateurs anti-capitalistes. Suite au saccage de son domaine familial, il fuit pour devenir chercheur d'or dans la taïga. Un (grand) roman d’aventure à la russe.

 

Mikhaïl Chichkine

La prise d’Izmail

Traduit du russe par Marc Weinstein

Paris : Fayard, 2003

Le roman débute comme une sorte de grandiose et burlesque genèse du monde : les trois dieux païens slaves, Peroun, Veles et Svarog, en compagnie d’un magistrat, discutent dans un train de la naissance du jour et débarquent dans un trou de province russe où le magistrat doit mener une enquête.  

 

Andreï Dmitriev

Le livre fermé

Traduit du russe par Lucille Nivat

Paris : Fayard, 2004

Un capitaine d’un bateau de la marine marchande russe immobilisé dans le port de Hambourg se lance dans la rédaction d’un livre « où rien n’est invention, presque tout est supposition et tout est vérité ». Au gré de ses réminiscences, il revient sur les destinées de trois générations d’hommes originaires de sa ville natale et, par le biais de ces fragments de vie, se fait chroniqueur de cette petite ville de Russie, de l’avant-guerre à nos jours. Une leçon d’histoire amère et lyrique, administrée sans en avoir l’air, et que l’on referme avec un pincement au coeur.

 

Oleg Ermakov

Pastorale transsibérienne

Traduit du russe par Yves Gauthier

Paris : Jacqueline Chambon, 2004

C’est l’histoire d’une fuite, dans un pays, la Russie, où la nature offre encore des espaces assez vastes pour s’y réfugier, s’y perdre. Un jeune homme, déserteur, rencontre sur les rives du lac Baïkal un émule de Thoreau, gardien du silence et des oiseaux, dont l’exemple lui donne le courage de se révolter.  

 

Ruben Gonzalez Gallego

Blanc sur noir

Traduit du russe par Aurora Gallego et Joëlle Roche-Parfenov

Arles (Bouches-du-Rhône) : Actes Sud, 2004

L’étonnante histoire de l’auteur, né infirme dans une clinique du Kremlin, en 1968, plus tard enlevé à sa mère  et ballotté sur tout le territoire de l'Union soviétique, d’hôpitaux en foyers pour jeunes handicapés, jusqu’à connaître, à seize ans, le mouroir d’un asile pour vieux. Des années plus tard, au terme d’un rocambolesque périple, il retrouve sa mère à Prague.

 

Andreï Guelassimov

La soif

Traduit du russe par Joëlle Dublanche

Arles (Bouches-du-Rhône) : Actes Sud, 2004

Lorsque Kostia revient de son service militaire en Tchétchénie, son  visage monstrueusement brûlé fait peur aux enfants. Pour oublier, il se met à boire. Un voyage entrepris avec deux de ses camarades, partis à la recherche du quatrième rescapé de l’équipage de tankistes qu’ils formaient en Tchéchénie, sauvera Kostia du néant éthylique.  

 

Leonid Guirchovitch

Apologie de la fuite : roman 

Traduit du russe par Luba Jurgenson

Lagrasse (Aude) : Verdier, 2004

Preis, adolescent et peintre, a perdu sa mère lorsqu'il était bébé et a été élevé par son père. Son enfance s'est déroulée dans une contrée imaginaire, Ijma, située en Sibérie et peuplée d'indigènes, mais surtout de juifs soviétiques. Livrés à eux-mêmes, les habitants déforment le modèle soviétique, à commencer par le langage. Ce livre étonnant a une structure musicale, sur laquelle plane l’ombre de Chostakovitch.

 

Alexandre Ikonnikov

Dernières nouvelles du bourbier

Traduit du russe par Antoine Volodine et de l’allemand par Dominique Petit

Paris : Seuil, 2004

Jambe amputée jetée en pleine forêt faute de place à la morgue, bidasse oublié dans la steppe du Kazakhstan, mutinerie carcérale évitée grâce à la calvitie de Poutine, octogénaires en voie de momification devant les barres de préfabriqués, déménageur épuisé par une tsigane nymphomane, terrifiantes gardiennes d’immeubles, kolkhoziens jaloux, fonctionnaires hébétés, poètes, popes, prostituées, ivrognes... C’est toute la Russie qui défile par petits fragments colorés dans ces courts récits qui tiennent plus du polaroïd que de la nouvelle.  

 

Alexandre Ikonnikov

Lizka et ses hommes

Traduit du russe par Antoine Volodine

Paris : L’Olivier, 2004

A dix-sept ans, Lizka, décide de vivre sa propre vie. Elle part à G., la ville voisine et s'inscrit à l'école d'infirmières. Mais là non plus la vie n'est pas facile : elle atterrit dans un foyer et doit travailler comme concierge dans un immeuble voisin pour payer son loyer. Excédée par un locataire, elle lui lance un canette et finit en prison pour agression. Là, elle tombe amoureuse de Micha.

 

Natalia Jouravliova

Saisons -  Времена года

Traduit du russe par Julie Bouvard (bilingue)

Paris : Inventaire, 2004

Quatre portraits de femmes russes d’âge et de milieux différents, qui toutes vont se retrouver au même point de rupture : ce moment vertigineux où la vie bascule entre rêve et réalité pour toucher au plus enfoui.

A travers ces profils singuliers, l’écriture de Natalia Jouravliova, dense et éclatée à la fois, nous mène dans une terre de contrastes, où l’espace se mue en « non-lieu », et la parole en « non-dit ».

 

Luba Jurgenson

Le soldat de papier

Paris : Albin Michel, 1989

Moscou des années 70. Igor, le chirurgien, Irène, son épouse, Julia, Vladimir, le peintre, et Ruben, le poète, appartiennent à un groupe d'amis plutôt bohèmes qui ne vivent que pour l'art et la poésie.

 

Luba Jurgenson

Education nocturne

Paris : Albin Michel, 1994

Dans l’Allemagne des années 40-46, le destin de deux hommes, l’un aristocrate déchu, l’autre artiste juif assimilé, leur amour pour la même femme et leur affrontement à travers les horreurs de la guerre.

 

Luba Jurgenson

Boutique de vie

Arles (Bouches-du-Rhône) : Actes Sud, 2002

Ici l’auteure donne à lire la complexité de certains parcours humains.

 

 

Mark Kharitonov

 

Romancier fasciné par l’illusion, Mark Kharitonov, né en 1937, est devenu célèbre à partir de 1992, après de longues années de censure. Son œuvre intègre en finesse l’évolution intime de son pays, à travers de multiples personnages, et son talent est sans pareil pour créer une fiction magique, entre fantastique et chronique.

 

Le professeur de mensonge

Traduit du russe par Fabienne Lécallier-German

Paris : Fayard, 2001

Confiés aux soins de Tante Léna, surnommée Ennui Mortel, Tim et sa soeur Taska sont pris dans une série d'histoires enchevêtrées... Un récit poétique, plein de rebondissements et d'humour.

 

L'approche

Traduit du russe par Marc Weinstein

Paris : Fayard, 2004

Cheminement étrange vers la solution d'un problème qui n'est jamais posé avec clarté. Au centre du roman, Zimine, auteur d'un manuscrit composé de différents textes, « Les saisons de la vie », qui entretient une relation de gémellité avec le roman de l'auteur.

 

Prokhor Menchoutine

Traduit du russe par Marc Weinstein

Paris : LGF, 2002

Ce conte magique situé dans une petite ville de province russe, à l’époque de Brejnev, est le premier volet d’une trilogie réaliste reprenant la tradition gogolienne : « Une philosophie provinciale ».

 

Netchaïsk 

Traduit du russe par Marc Weinstein

Paris : LGF, 2003

Deuxième volet d’ « Une philosophie provinciale ».


La mallette de Milachevitch

Traduit du russe par Marc Weinstein

Paris : Fayard, 1994

C’est avec ce roman, dernier volet d’ « Une philosophie provinciale », que Mark Kharitonov s’est fait connaître d’un large public russe.

 

Mikhaïl Kononov

La camarade nue

Traduit du russe par Luba Jurgenson et Anne Coldefy-Faucard

Paris : Stock, 2004

Tous les tabous sur l'histoire de l'Union soviétique ont été levés sauf celui de l'héroïsme de l'Armée rouge sous Staline. La narratrice, une orpheline de 14 ans, suit naïvement un soldat jusqu'au front et finit par se donner à tout le régiment. Ce pamphlet contre la guerre et la propagande a subi douze ans de censure avant sa parution en 2001.

 

Ilya Kotcherguine

L'assistant du Chinois

Traduit du russe par Michèle Kahn

Arles (Bouches-du-Rhône) : Actes Sud, 2004 (Lettres russes)

Sergueï, le narrateur, petit-fils d'un dirigeant bolchevique et d'un paysan déporté en Sibérie, abandonne ses études d'ingénieur pour s'inscrire en chinois et multiplie les petits boulots, dont celui d'assistant d'un Chinois représentant d'une société d'import-export. Puis il abandonne tout, y compris sa femme et leur enfant, pour s'engager comme garde forestier en Sibérie.

 

Nikolaï Kononov

Funérailles d’une sauterelle

Traduit du russe par Hélène Henry

Paris : Le Cherche Midi, 2003

Un jeune homme se souvient de la mort de sa grand-mère dont il est amoureux. Il en raconte la lente agonie, heure par heure. Un premier roman déroutant, hanté par la mort et la déchéance.

 

 


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