Club de lecteurs du 12 décembre 2009 :de quoi a-t-on parlé ?

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Tout d'abord, merci à Hubert, accompagné de Dominique, pour la délicieuse bûche de Noël ! Cela nous a valu une citation d'un proverbe anglais par Tony, impatient d'y goûter :

 

« - The proof of the pudding is in the eating, »

 

 

Après quelques puissantes bouchées, nous avons donc commencé à parler littérature, avec Trois femmes puissantes de Marie Ndiaye. Il en a déjà été question le mois dernier, et Jean-Baptiste a découvert un auteur, qui nous emmène au coeur de l'intime, dans les rêves, les frustrations des trois personnages. Son prix Goncourt est mérité. Pour certains, il y pourrait y avoir des ressemblances avec Eldorado de Laurent Gaudé ou Le ventre de l'Atlantique de Fatou Diome, mais seulement dans le thème (le déracinement, l'être ni d'ici / ni de là-bas...), car Marie Ndiaye a vraiment un style propre. D'ailleurs Edith et Jean-Baptiste aiment l'écriture étonnante et Aline le style enchanteur (les histoires ne le sont pas).

 

Aline, Edith et Dominique ont lu Ce que je sais de Vera Candida de Véronique Ovaldé. On l'aime bien cet auteur, à Romainville (cf compte-rendu précédent). Là aussi, trois personnages féminins, mais sur trois générations, dans un pays d'Amérique latine, pauvre et âpre. Elle ont préféré ce roman à celui de Marie Ndiaye, car elles se sont senties plus proches des personnages. C'est un plaidoyer contre la violence des hommes, le viol par exemple y est un thème récurrent. En résumé, c'est le portrait de femmes qui sont obligées de lutter pour survivre et pour nourrir leur famille, des « battantes » qui ne peuvent pas faire autrement, question de vie ou de mort. Comme ces femmes bretonnes autrefois qui ne voyaient leur homme que quelques jours par an, le temps de faire un gosse, et celui-ci repartait en mer pour des mois... A elles de gérer le quotidien difficile.

A Tony qui demande à Aline ce qu'elle sait de Vera Candida, celle-ci a répondu : « Que je n'aurais pas aimé vivre sa vie ».

 

Monsieur Jean, comme dit respectueusement Dominique, nous demande notre avis sur le dernier Dan Brown qui porte sur le thème de la franc-maçonnerie. Amélie n'aime pas ces amalgames historiques (moi non plus, en général ! - mais au fait, qui suis-je ? ), cette idée de mélanger réalité et fiction. Donc pour Jean, dans Anges et démons, il y a plus de démons que d'anges. Celui-ci est « pire que le Da Vinci code ». Edith a lu la version illustrée du Da Vinci code, et elle a trouvé ça intéressant du point de vue culturel, presque mieux que le roman lui-même. Comme d'habitude dans les romans de D. Brown, c'est bourré de références et de choses instructives, très documenté, ce qui permet des conversations sur les thèmes abordés. En l'occurrence, là nous nous mettons à parler franc-maçonnerie, loges féministes, etc...

 

Amélie nous invite donc à nous (re)-plonger dans L'écume des jours de Boris Vian, dans lequel il se moque, intelligemment et avec style, des rassemblements religieux.

 

Adrienne, qui a sacrifié sa séance de coiffeur pour le club de lecteurs (nous en sommes très honorés), a aimé le livre de Pierre Silvain : Assise devant la mer. Apparemment un livre assez surprenant, où l'on découvre les pensées d'un enfant avec ce qu'elles peuvent avoir de déroutant parfois. C'est l'amour d'un fils pour sa mère, qui, assise devant la mer, provoque l'angoisse chez ce fils possessif et jaloux, de la perdre. L'enfant, que l'on voit devenir adulte, s'éloigne, revient, réalise que sa mère est aussi une femme. « C'est très beau. »

 

Cela rappelle à Tony Le livre de ma mère d'Albert Cohen, un livre célèbre sur le thème fils/mère aussi, mais où le fils ne quitte pas sa mère ! Du coup, Tony l'avait laissé tomber, trouvant ce rapport trop lourd.

 

Dans le thème : rapport filial, il y a aussi Le pays de mon père de Wibke Bruhns. Un livre qui raconte l'enquête menée par la fille d'un homme pendu par le régime nazi pour avoir participé à l'attentat contre Hitler. Et partant de là, l'interrogation sur les raisons qui mènent un être normal au mal le plus cruel, au nazisme... Dominique dit n'avoir jamais trouvé de réponse à cette question dans ses multiples lectures; Amélie y a beaucoup réfléchi, elle pense que les contraintes du quotidien, les petites concessions accumulées pour garder son métier, sa boutique, etc... finissent par pousser les gens très loin.

 

Tony nous a lu un extrait de Face aux ténèbres, la traduction de Darkness visible de William Styron. L'auteur du Choix de Sophie a fait une terrible dépression, sujet de ce petit livre. Styron explique que sa dépression était en fait latente depuis très longtemps, sans qu'il en ait conscience et que tous ses personnages reflètent cet état qui était le sien, à tel point que plusieurs d'entre eux se suicident. En réfléchissant sur son passé et sur son oeuvre, il réalise tout ce qu'elle a eu comme conséquences.

 

Autre auteur étatsunien marqué par la dépression, David Foster Wallace s'est suicidé, après avoir publié deux romans, quelques essais et des recueils de nouvelles. En France, son seul roman disponible est La fonction du balai, qui a énormément plu à Elisabeth. Ce gros pavé de 600 pages bourré d'humour est écrit dans un style labyrinthique, très descriptif, qui fait penser à Michel Butor. C'est l'histoire, un peu loufoque d'une jeune femme standardiste dans une maison d'édition, dont la grand-mère s'évade de sa maison de retraite avec 25 autres personnes âgées, et dont la perruche devient la star d'une télévision fondamentaliste chrétienne, entre autres ! « C'est très contemporain, les dialogues sont excellents, c'est très bien mené ». Tout cela évoque aussi l'univers de Tim Burton.

 

Patrick, notre spécialiste de l'astronomie et de tout ce qui se rapporte à l'espace a lu : Soucoupes volantes et civilisations d'outre espace de Guy Tarade. Il y est question d'un cratère de la lune de 40 km de diamètre qui émet une luminosité dont on ne connaît pas la provenance et pour lequel, au cours des siècles, des témoignages ont afflué, annulant les analyses disant qu'il s'agit d'illusions d'optique dues à des engins spatiaux humains. Patrick nous rappelle aussi que pour s'y retrouver facilement dans la reconnaissance de l'espace, on peut se reporter au livre de vulgarisation de Camille Flammarion.

 

Sonya a lu Et si on dansait ? d'Erik Orsenna, un livre sur la ponctuation, qui fait un parallèle avec la musique. C'est agréable, intelligent. C'est le récit d'une petite fille qui écrit des textes, et qui se rend compte de l'importance de l'orthographe. Il y a par exemple tout un chapitre sur le point virgule. Et Jean de poser la question :

« - Et le final, c'est une symphonie ? »

Sonya: « - Tout à fait ! »

Rappel d'Elisabeth : le must en la matière, c'est le Traité de la ponctuation de Jean-Pierre Colignon, et elle sait de quoi elle parle...

 

Sonya a aussi lu Le choeur des femmes de Martin Winckler. L'auteur de La maladie de Sachs, gros succès de 1998, parle encore du milieu médical. Amateur éclairé de séries télé, M. Winckler a utilisé dans ce roman des principes rappelant ceux de séries comme Urgences : unité de lieu, de temps (les 500 premières des 600 pages se déroulent sur une semaine), des personnages débutants une carrière et des chefs de service expérimentés, des rapports hommes/femmes conflictuels qui s'arrangent, etc... L'héroïne est une jeune femme qui désire devenir chef de clinique gynécologique, mais ça n'est pas facile dans un milieu d'hommes, et elle apprendra que la médecine n'est pas que la chirurgie mais aussi l'écoute des patients. Ce qui a plu à Sonya, entre autres c'est que la pensée non dite des personnages est écrite en italiques.

Je dois avouer qu'à partir de ce moment j'ai eu du mal à prendre des notes, entre deux tranches de bûche, car Edith a commencé à parler des livres qu'elle a lus, et là mon stylo n'a pas réussi à suivre ! Alors en résumé:

  • Alberto Manguel : Tous les hommes sont menteurs

  • Dany Lafferrière : L'énigme du retour (très recommandé par Dominique)

  • Pierre Péju : La diagonale du vide (c'est l'auteur de La petite chartreuse)

  • Brice Matthieussent : Vengeance du traducteur (« rasoir » comme roman, mais très intéressant sur les pratiques parfois douteuses des traducteurs)

  • Laurent Mauvignier : Des hommes (très dérangeant, à tel point qu'Edith en a eu des insomnies. Ce n'est pas sur la guerre d'Algérie, mais sur ce que les gens ont ressenti.)

 

Là, je lâche prise, je ne peux que constater les déclarations enflammées de Dominique qui suivent, sur diverses lectures du même genre, et alors, dans une envolée lyrique, c'est le gobelet de café d'Amélie qui s'envole sous la gestuelle enthousiaste de sa voisine, qui tout à coup se confond en excuses. Tony lance un : « Oh! La violence des femmes ! » (référence aux commentaires sur Ce que je sais ...)

Fin de l'épisode. Il faut vraiment que j'apprenne la sténographie...

 

Amélie, donc, qui nous parle d'Herta Müller et de La convocation. L'auteur, qui a reçu le prix Nobel de littérature cette année, décrit la vie en Roumanie avant la chute du mur. L'héroïne est convoquée par la Securitate et décide en cour de route de ne pas y aller. Misère, débrouille, mari alcoolique, elle revisite en pensée tout ce qui a fait sa vie.

 

Dominique nous signale un roman qui lui a énormément plu : Les belles choses que porte le ciel de Dinaw Mengestu, un auteur éthiopien émigré aux Etats-Unis. Coup de coeur de libraires qui lui ont donné envie de l'acheter, ce livre raconte l'histoire d'un réfugié éthiopien à Washington, qui tient une épicerie, et qui a la nostalgie, partagée avec deux amis africains. L'arrivée d'une femme blanche va bouleverser tout ça. Nous allons être amenés à en reparler.

Dominique a aussi une passion pour les livres de Charif Majdalani, un auteur libanais, dont nous avions déjà parlé il y a environ un an à propos de Caravensérail. Là c'est Histoire de la grande maison. Grandeur, déliquescence et exil d'un libanais, à la fin du 19e siècle. C'est un « grand bonheur », un conteur oriental.

 

 

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