Mardi 15 janvier 2008

Jean - Daniel Pennac : Chagrin d’école

 

Un livre dont avait parlé, avec réserve, Catherine. Jean en train de le lire, le début lui semble plutôt bon, il se demande s’il n’est pas le cancre lui aussi… Il en tire une vraie philosophie de la vie comme apprentissage, la vie comme école permanente. « Devenez », dit le professeur Pennac à ses élèves…

 

 

S’ensuit une large discussion sur l’enseignement, sur comment les enseignants peuvent dévaloriser les mauvais élèves, les faire se sentir seuls et nuls : est-ce que chaque élève peut trouver une place adéquate dans le système scolaire ?

 

 

Dominique – Patrick Modiano : Dans le café de la jeunesse perdue

 

Accrochez vos ceintures, on décolle on décolle, on est dans la meilleure veine de Modiano, brumeux et précis à la fois, si jamais vous croisiez l’auteur dans une de ses promenades parisiennes dites-lui de se méfier d’une certaine dame qui risque de lui sauter au cou, il ne faudrait pas que dans le choc l’auteur perde ses mots, argh.

 

Nostalgie douce et rêveuse, obsession des listes, nécessité impérieuse de fixer les choses, les récurrences obscures et les sources de lumière sont les mêmes à travers toute l’œuvre de Modiano. C’est aussi une écriture de plus en plus épurée au fur et à mesure des romans, taillée à l’os… et du coup formidablement captivante.

 

 

Marie-Paule – Laurent Gaudé : Eldorado

 

Une histoire très actuelle (des immigrants en quête de l’Europe outre-Sahara) tout autant qu’une fable humaniste… ou plutôt une tentative, parce que à l’avis général ce n’est pas trop réussi. Marie-Paule préfère de loin Le soleil des Scorta, roman du Sud italien qu’elle a adoré. Pour Dominique, le chouchou c’est La mort du roi Tsongor, une fable initiatique par laquelle l’auteur s’est fait connaître du grand public (il est aussi dramaturge).

 

 

Marie-Paule – Louis Gardel : La baie d’Alger

 

Ce roman dresse un portrait très réussi de la communauté pied-noir dans les années d’avant l’indépendance. C’est une histoire d’enfance et d’adolescence, il a 15 ans, il regarde la baie d’Alger depuis le balcon de l’appartement de sa grand-mère, il pense à « l’Algérie française » et se dit « c’est fini »… Avec une écriture très simple, l’ambiance algéroise est très bien rendue.

 

 

Tony – Hommage à Julien Gracq

 

Suite à la disparition, à 97 ans, d’un des très grands écrivains français du 20ème siècle. Tony nous parle de cette œuvre singulière : le goût pour la géographie de Gracq, son extrême sensibilité au paysage et son talent pour le rendre (Tony dit qu’il est dans le paysage), son style poétique et minutieux aux longues phrases splendides, la magie des ambiances de ses livres. Tony a apporté avec lui les livres qu’il aime le mieux : le roman Un balcon en forêt, son préféré, les courtes proses poétiques de Liberté grande, les trois textes de La presqu’île, dont La route qui est le début d’un roman jamais écrit, et enfin Les eaux étroites, où se mêlent paysages familiers et réminiscences littéraires (personnellement c’est mon préféré).

 

Amélie, elle, vient de terminer Le rivage des Syrtes, incontournable et célèbre roman.

 

 

Et pour saluer Gracq encore, nous avons mangé une galette des rois, merci Catherine.

 

 

Patrick – Théodore Monod : La météorite de Chinguetti

 

Jamais résolue, l’énigme de cette colossale météorite, dont on n’a trouvé que deux fragments ainsi l’immense trou qu’elle a creusée dans le désert mauritanien, continue de faire parler d’elle. Théodore Monod s’y est beaucoup intéressé et en parle dans ce livre.

 

A l’origine spécialiste des poissons fossiles, Monod est devenu une grande figure humaniste, pacifiste en citoyen, infatigable marcheur au parcours spirituel rigoureux. Catherine recommande l’écoute du double CD d’entretiens disponible à la bibliothèque, Arpenteur de l’univers.

 

 

Jean-Luc – sur Joseph Gillain, alias Jijé

 

En pleine période bédéesque, Jean-Luc nous raconte le père fondateur de la BD franco-belge. Parce que cet homme-là faisait toutes sortes de choses, peintre, sculpteur… toujours avec une passion dévorante. Homme-carrefour, il a ouvert le monde de la BD belge à d’autres influences, en particulier au cinéma et à la BD américaine. C’est dans sa maison qu’ont fait leurs premières armes de futurs monstres sacrés comme Morris ou Franquin. Personnage truculent, à la vie pleine d’anecdotes et à l’imagination foisonnante, doté d’une capacité de travail hors normes, il a été aussi le pilier du journal Spirou, le créateur de Blondin et Cirage, l’initiateur de biens d’autres personnages… Bien que moins connu que d’autres, il a été l’inlassable pivot de la BD franco-belge dans son âge d’or.

 

 

Lidia – William Boyd : Une femme avec un livre sur la plage

 

Sans intérêt, mal écrit, déçue… c’est sans appel.

 

Personne n’a vraiment pu défendre cet auteur anglais, Dominique, Marie-Paule et Edith se souviennent l’avoir lu, et bien aimé, mais de quoi s’agissait-il au juste ?

 

Bernard Pivot avait encensé Comme neige au soleil, jusqu’à promettre de rembourser les lecteurs qui ne l’auraient pas aimé. Dominique : c’est un de ces livres qu’il faut avoir lu… Tony : non, pas de « il faut » en littérature…

 

 

Sonya - Jean-Pierre Abraham : Fort cigogne

 

Une promenade en bateau dans les îles bretonnes, quelqu’un revient en vacances dans des lieux qu’il connaît, à la recherche de ses souvenirs, qui affluent parmi les paysages. Très belle écriture, ça sent la mer, il y a la pêche, les habitants, tout un vocabulaire spécifique. Sonya a bien aimé ce livre qui ouvre comme une petite pause, de petites vacances.

 

 

Catherine – Jean-Pierre Abraham, toujours : Le vent

 

Eh oui, parce que Jean-Pierre Abraham à Romainville, c’est grâce à elle. Le vent, c’est ce petit livre découvert au hasard d’une halte dans une petite librairie pleine de charme, sur l’île de Groix, le vent sur les joues, les vagues dans les rochers…  C’est le vagabondage d’un homme qui se promène sur la côte bretonne, sans narration, mais quelle belle écriture, si évocatrice, le paysage, les ressentis...

 

Et puis, du même auteur, on pourra lire Armen, grand classique de la littérature de phare.

 

 

Amélie – Alfred Döblin : Berlin Alexanderplatz

 

Un classique, adapté au cinéma par Fassbinder. Le héros, citoyen lambda, sort de prison plein de bonnes résolutions, débarque dans le Berlin de l’entre deux guerres, ville tentaculaire et décadente – crime, marché noir, débauche… Ecrit dans le style oral berlinois (Amélie le lit en allemand) avec beaucoup de dialogues de type conservation au comptoir, ce gros livre est la lente description d’une descente aux enfers, et une illustration du Berlin en crise des années 20.

 

 

Béatrice – Graham Hurley : La nuit du naufrage

 

Un gardien de prison est tué. Un thriller à rebondissements qui nous emmène dans le monde des ports militaires anglais, le monde des marins revenus de la guerre des Malouines.

 

 

Béatrice - Amitav Ghosh : Le palais des miroirs

 

Un orphelin grandit, travaille pour son gîte et son couvert. A 12 ans, il découvre, aux alentours de sa ville miséreuse, le somptueux palais des miroirs, sorte de cité interdite. Plus tard, le palais est pillé, et lors du pillage notre orphelin tombe amoureux d’une suivante, et se dit « je deviendrai riche ». L’histoire commence alors, et se fait de récit de sa vie et de celle de ses descendants, sur trois générations, à travers tout le 20ème siècle.

 

 

Béatrice - Nicolas Evans : La ligne de partage

 

C’est une lecture facile et légère, une riche et belle héritière tombe amoureuse d’un pauvre éco-terroriste, véritable pied de nez à sa famille outrée.

 

 

Edith – Kate Atkinson : La souris bleue

 

Un bon polar - la « souris bleue » étant le doudou d’un enfant kidnappé.

 

 

Edith – Douglas Kennedy : Cul-de-sac

 

Présenté comme le polar de Douglas Kennedy, ce roman se déroule sur le sol australien, où il ne faut pas conduire de nuit, à cause des kangourous... On sympathise facilement avec le héros, qui a bien du mal à s’en sortir. C’est un polar ORIGINAL. Marie-Paule aussi l’a bien apprécié.

 

 

Edith – Philippe Grimbert : Un secret

 

Edith a bien aimé ce roman dont on avait déjà parlé (club du 5 mai 2007). Adrienne, pas du tout, un côté psychanalytique trop lourd… intéressant ! dit Dominique.

 

 

Adrienne – sur Fernando Pessoa

 

On entendait dans les mots d’Adrienne quelque fado lointain… triste ? mais c’est bien la traduction exacte des sentiments humains, c’est ainsi, que voulez-vous… fado, en résonance à Pessoa, l’homme de L’intranquilité, livre intranquille sur l’homme, « le vrai ».

 

par Biblioth�que municipale publié dans : Club de lecteurs
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