M'étant heurté, sans l'avoir reconnu, à l'air,
je sais, maintenant, descendre vers le jour.
assécherait l'éclat.
Les tenailles de cette étendue,
perdue pour nous,
mais jusqu 'ici.
J'accède à ce sol qui ne parvient pas à notre
bouche, le sol qui étreint la rosée.
Ce que je foule ne se déplace pas,
l'étendue grandit.
André Du Bouchet
Dans la chaleur vacante
Né en 1924, André Du Bouchet est l’auteur d’une oeuvre poétique majeure et atypique. La mise en page ainsi que les formats de ses recueils sont caractéristiques d’une démarche d’écriture singulière qu’il n’a pas cessé de poursuivre : Tumulte, Dans la chaleur vacante, Laisses, Aujourd’hui c’est, L’ajour…Traducteur de Celan, Hölderlin, Faulkner, Joyce ou encore Mandelstam, il a été l’un des fondateurs de l’importante revue L’éphémère. Il a en outre écrit sur la peinture et la sculpture (Poussin, Giacometti, Bram van Velde entre autres). Il est mort en 2001.
Etre là. Cette expérience d’une exigeante présence au monde traverse l’œuvre d’André Du Bouchet. Parole d’ouverture, grave et fraîche, regard abrupt, refus de l’éloquent… poésie de l’appréhension immédiate, de l’éclair, au plus près du concret, entre être happé et saisir, faire face.
C’est le lieu d’une respiration vive, attentive, où de brefs éclats ouvrent, voiles déchirés, un paysage à l’air raréfié, paysage du plus haut, espace de peu d’éléments, eux-mêmes en mouvement. La lecture d’André Du Bouchet implique un déplacement en soi-même, une traversée.
Quelques liens :
http://www.gallimard.fr/web/gallimard/catalog/html/event/dubouchet.htm
un bel article de Philippe Jaccottet
http://poezibao.typepad.com/poezibao/2005/04/andr_du_bouchet.html
un site majeur de poésie !
http://www.tierslivre.net/spip/article.php3?id_article=64
François Bon parle d'André Du Bouchet
