club des lecteurs du 24 novembre : de quoi a-t-on parlé ?

Publié le par Biblioth�que municipale

 

Jean : Bernard Giraudeau – « Les dames de nage »

 

Un livre sur les femmes, celles que Giraudeau a rencontrées, qu’il a aimées, à différents âges de la vie. C’est une langue drue, poétique, nostalgique, mélancolique. Pour Jean, qui aimait déjà bien l’auteur, c’est le coup de foudre. Il se retrouve, il revoit certaines de ses expériences, toute la rue du faubourg St Honoré défile… S’en suit, de la bouche de Jean, un vibrant éloge des femmes : il pourrait en écrire des livres et des livres. Merci en tout cas pour cette émotion partagée.

 

 

Adrienne : Khaled Hosseini – « Les cerfs-volants de Kaboul »

 

Disons-le tout de suite : encore un coup de foudre. Ce roman d’un auteur afghan écrivant en langue anglaise raconte une histoire d’amitié entre deux enfants qui vont toujours ensemble. Le père de l’un étant le serviteur du père de l’autre, ils sont d’origines sociales opposées. Cette amitié est rendue difficile par le sentiment de lâcheté qu’éprouve l’enfant riche (qui est le narrateur) à l’égard de son ami. Et à travers cette histoire, c’est aussi celle du narrateur : il devient écrivain, et à la source de cette vocation il y a les histoires qu’il racontait à son ami qui, lui, fils de serviteur, n’allait pas à l’école.

 

Tony avait lu ce roman, avec moins d’enthousiasme, mais maintenant qu’il a entendu Adrienne en parler…

 

 

Du même auteur : « Mille soleils splendides »

 

La vie – dure- de deux coépouses, en butte aux coutumes.

 

 

Adrienne, toujours : Doris Lessing – « Le carnet d’or »

 

Eh bien cette fois non ce n’est pas le coup de foudre. Nombrilisme, petitesses de la vie… l’univers de ce livre n’a pas plu à Adrienne. Pareil pour Jean-Baptiste avec « Le cinquième enfant ». Mais rappelons-nous ce que disait Tony : une, deux, trois nouvelles, bof, bof et bof, et puis arrive « Un enfant de l’amour », et c’est l’éblouissement (voir séance du 13 octobre).

 

 

Lidia : Le Clézio – « Raga »

 

Lidia aime beaucoup cet auteur qui ouvre l’espace, fait découvrir le monde. ici il s’agit des sociétés de petites îles du Pacifique, en particulier celle de la Pentecôte. Dans la langue poétique propre à Le Clézio, nous découvrons l’histoire de peuples insulaires, leurs anciennes migrations, les ravages du colonialisme, le refus d’une modernité de béton et de voiture, et puis des mythes, des univers mystiques…

 

S’en suit, je ne sais plus pourquoi, un solide réquisitoire contre Nice, eh bien oui, Nice, argh, signé Dominique, et paf.

 

Sonya, grande amatrice de Le Clézio, nous recommande quelques titres qu’elle a adoré : «Poisson d’or », et « La quarantaine », qui retrace le sombre récit de déplacés indiens mis en quarantaine dans une petite île avant d’être débarqué sur l’île Maurice voisine. Sombre récit, mais très beau rapport à la nature de l’île, à la mer… on retrouve le don d’observation, la beauté des descriptions et la langue poétique de l’auteur.

 

 

Dominique : Nicolas Bouvier – « Chronique japonaise »

 

Un très beau livre, à l’écriture sensible et humaine, sur le Japon, d’abord son histoire racontée d’une manière inoubliablement vivante et intéressante, puis des impressions, par petites touches, au-delà du strict récit de voyage (un genre que Dominique n’apprécie guère, donc Nicolas Bouvier c’est bien plus qu’un auteur de genre, c’est un véritable écrivain, et, puisque moi qui écrit ces lignes je l’adore, on ne peut quand même continuer indéfiniment à vivre sans le lire.)

 

 

Elisabeth : Gaëlle Obiégly – « Faune »

 

Un adorable petit livre, tissé de petites histoires animales qui sont autant de prétextes à de belles digressions. Le style de l’auteure vaut le détour.

 

 

Catherine : Patrick Modiano – « Dans le café de la jeunesse perdue »

 

Où l’on retrouve l’atmosphère floue que les lecteurs de Modiano connaissent bien… n’est-ce pas Catherine ? Dans un cadre très parisien, une sorte d’enquête sur un personnage féminin qui échappe à l’auteur et dont l’histoire paraît énigmatique. Ca rappelle « Dora Bruder », c’est plein de mystère et ça vous prend.

 

 

Jean-Baptiste : Jean Hatzfeld – « La stratégie des antilopes »

 

Bon, j’avais dit que je ne parlerais pas de ce livre, simplement le signaler comme quelque chose de très important, et en fait... Ce livre nous met en présence de personnes ayant vécu le génocide rwandais, rescapés et tueurs, et c’est le troisième de l’auteur à ce sujet. La démarche de Hatzfeld n’est pas journalistique, mais profondément humaine.

 

 

Tony : Giolarda Sapienza – « L’art de la joie »

 

Un gros livre longtemps resté méconnu, et désormais reconnu comme une œuvre qui compte vraiment. Le personnage principal est une femme qui est sans cesse à la recherche de la joie, bien que des choses épouvantables se passent. C’est une lecture prenante, avec des personnages extraordinaires. C’est une mine, parce qu’il y a de multiples niveaux dedans, toute une vie. Il est question de l’enfance, de la mort, de la Sicile , des années 30 avec le fascisme montant, et puis il y a un aspect philosophique auquel Tony a été particulièrement sensible, une philosophie non pas calfeutrée dans des théories, mais concrète, naturelle, tombant juste.

 

 

Edith : Natacha Appanah – « Le dernier frère »

 

Ile Maurice, un vieil homme se souvient d’un ami d’enfance mort à l’âge de 10 ans, puis des champs de canne à sucre, de la violence de son père, du passage d’un typhon… Un très beau roman.

 

 

Ensuite Edith pose un débat au sujet des prix littéraires : pourquoi toujours les mêmes auteurs, les mêmes éditeurs ? Les réponses ne sont pas flatteuses ni ces derniers ni pour les jurys, évidemment.

 

 

Edith : Stig Larssen – « Millenium 3 »

 

Le dernier d’une trilogie que l’auteur, alors inconnu, a achevée juste avant de mourir. Suite des ennuis professionnels, un journaliste économique se reconvertit dans les enquêtes.

 

 

 

La dernière partie a été consacrée aux nouvelles d’Elisabeth. Bonne suite à elle sur les chemins de l’écriture.

 

 

Bienvenue aussi à Jean-Luc !

 

 

 

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