Il y eût d’abord des discussions autour du prix France Inter, et surtout autour des 10 livres qui étaient en lice. On le sait, le gagnant, « Ouest » de François Vallejo, est un chouchou du club... Si ce n’est que le numéro 1, pour Edith (qui les a tous lu !), aurait du être « L’amant en culotte courte » de Alain Fleischer, une merveille d’écriture.
Jean-Baptiste a bien aimé « L’explosion de la durite », de Jean Rolin, récit d’un voyage épique des banlieues parisiennes jusqu’à Kinshasa par mer, et qui en fait est une sorte d’hommage et de réécriture d’un classique, « Au cœur des ténèbres », de Joseph Conrad. De ce dernier auteur Amélie avait lu « Lord Jim », et l’avait aimé, pour la noblesse de cœur des personnes, la valeur de leur parole, et l’art subtil de Conrad, capable de vous entraîner dans une lecture palpitante grâce à un grand sens de la progression du récit.
Pour revenir à Jean Rolin, Jean-Baptiste avait beaucoup aimé « Terminal frigo » (récit de ses voyages dans les ports français), et Dominique pas du tout : serait-ce lié à une lecture masculine opposée à une lecture féminine ? Mais comme c’est Jean-Baptiste qui rédige le présent compte-rendu, on s’en tiendra à cette évidence que « Terminal frigo » est un livre... magnifique.
Emmanuel Carrère « Un roman russe » (Edith, Béatrice F.)
Ce livre n’a trouvé grâce aux yeux d’aucune de ses deux lectrices. Ennuyeux étalage impudique, prise à témoin du lecteur dans un problème familial de l’auteur qui ne concerne pas ses lecteurs... Y aura-t-il d’autres lectures plus enthousiastes de ce roman qui a reçu de bonnes critiques dans la presse ?
Pierre Guyotat « Coma » (Dominique)
Déprimant, si vous voulez broyer du noir cet été... on s’attendait que Dominique, en commençant comme ça, nous interdise de lire cet ouvrage ténébreux. Eh bien pas du tout, elle veut absolument nous faire broyer du noir sur la plage : en fait Guyotat est un écrivain de premier ordre, avec une écriture extraordinaire. Ce texte, qui a quelque chose d’initiatique, parle de son propre et douloureux accouchement, ainsi que celui de son auteur. C’est très troublant, et ça remue.
Muriel Barbery « L’élégance du hérisson » (Dominique., Edith, Isabelle)
Un bel exemple de ces livres dont le succès est assuré par le bouche à oreille. Isabelle et Dominique l’ont adoré, Edith un peu moins.
A noter que le mari de l’auteure anime un site oulipien très intéressant, avec des jeux littéraires : http://www.barbery.net/
Magda Szabo « La porte » (Adrienne, Amélie, Edith)
Passionnant, une écriture magnifique, ce roman d’une écrivain hongroise des années 60 récemment découverte en France n’en demeure pas moins mystérieux, énigmatique, ardu à comprendre, à l’instar de son personnage central, une domestique très intrigante. Où est le fond des choses ? On avait aimé, de la même auteure, « Rue Katalin » (voir comptes-rendus précédents).
Gherasim Luca par Gherasim Luca (Adrienne, Amélie)
Plus elle l’écoute plus elle l’aime, Adrienne, et elle n’en parle plus qu’avec passion ! Amélie est en train de découvrir ce poète hors normes, il est vrai que cela demande plusieurs écoutes (ce sont des textes lus par l’auteur) pour que tout prenne son sens génial. Adrienne a passé en revue tous les poèmes, du « Quart d’heure de culture métaphysique » à « Passionnément » (une extraordinaire déclaration d’amour, à mettre entre les oreilles des garçons timides). On devrait appeler « Gherasim Luca » la future médiathèque, non ?
Des renseignements sur l’auteur :
http://www.jose-corti.fr/auteursfrancais/luca.html
Mo Hayder « Tokyo » (Dominique)
Jean n’avait pas aimé, Dominique (pas fan de polar) non plus : on passe.
(Suit une discussion autour des critiques à la radio et dans la presse, avec lesquelles on n’est pas forcément d’accord, voir... jamais, comme Béatrice et son mari vis-à-vis du « Masque et la plume ». Mais bon, même entre nous, on n’est pas toujours du même avis, heureusement, par exemple Amélie avait trouvé ennuyeux le film « Les climats » de N. B. Ceylan, qu’en revanche Jean-Baptiste avait trouvé beau et contemplatif. Bon, puisque c’est lui, vous le savez bien, qui rédige le compte-rendu, on en conclut que c’est un film « beau et contemplatif », c’est pas plus compliqué que ça. Hum...
Souâd « Brûlée vive » (Adrienne, Amélie)
Un témoignage (vécu) sur un crime d’honneur en Jordanie. Adrienne et Amélie l’ont bien aimé. C’est un livre très demandé à la bibliothèque.
Jonathan Safran Foer « Tout est illuminé » (Catherine, Adrienne, Sonya, Dominique)
Un cas délicat. Pardon Dominique, mais il faut bien avouer que Catherine n’aime pas trop. Ecriture d’ordinateur... ah non ! Chef d’œuvre ! Adore ! Réalité trop fulgurante pour entrer dans le langage ! Ré-vé-la-tion ! Et, si je peux me permettre de l’ajouter, passion lyrique, presque mystique, de Dominique quand elle parle de cet auteur américain. (A un moment de la diatribe de Dominique, j’ai surpris Adrienne se pencher à l’oreille de Catherine pour lui demander « on parle bien du même livre ? »). A lire, donc.
Nicole Krauss « L’histoire de l’amour » (Sonya) Ne croyez pas qu’on puisse s’éloigner si vite de l’ami Foer : Nicole Krauss est son épouse... Sonya aime Foer, elle aime beaucoup Krauss. Mêmes thèmes, mêmes sujets, mêmes serruriers... mais avec un regard différent, comme une variation. Un couple qui fait parler de lui, au club.
J-C Grangé « Le serment des limbes » (Jean)
Voilà un thriller à la fois divertissant et très suggestif, mettant en scène deux brillants amis, Luc et Matthieu, l’un à la tête des stups, l’autre à celle de la crim’. Amitié, crime, mensonge, manipulation, forces obscures...
Cynthia Ozick « Les papiers de Puter meser » (Amélie)
Elle a beaucoup aimé ce roman, qui est une parodie du pouvoir municipal de New York. La narratrice, fonctionnaire, est harcelée par ses supérieurs, aussi bureaucratiques qu’incompétents. Lorsqu’elle est licenciée, elle fait une drôle de rencontre : le Golem lui apparaît pour lui dire « Toi devenir maire de New York »... S’en suivent des aventures délirantes.
Hélas ce roman n’est pas dans les rayons de la bibliothèque, en attendant on trouvera d’autres titres de la même auteure : « Le châle », « Lévitation », « Un monde vacillant » et « Le rabbi païen ».
Gérard Mordillat « Les vivants et les morts » (Edith, Sonya, Dominique)
Tout le monde a adoré cette fresque du monde ouvrier frappé par les délocalisations et autres pandémies modernes. Très belles figures féminines, et un sens émouvant de l’amitié qui transparaît dans ces pages.
L’auteur est aussi celui des « Origines du christianisme », série documentaire d’abord diffusée sur Arte et maintenant disponible en DVD (dommage que la bibliothèque n’a pas de DVD !)
Daniel Odija « La scierie » (Adrienne)
Décidément, Adrienne a des coups de cœur. Ce roman, qui a pour cadre le fin fond de la Pologne immédiatement après la fin du communisme, met en scène un homme résolu à réussir et y parvenant. L’histoire en elle-même n’est peut-être pas très attractive, mais la très grande force du roman tient à son extraordinaire pouvoir d’évocation poétique. Cela donne envie de la lire quand Adrienne parle des premières pages, qui décrivent un orage, mais le décrivent d’une manière sublime.
Kim Dong-Hwa « Couleur terre » (Sonya)
Une très belle BD coréenne, qui met en relation les vies de femmes de la campagne avec les cycles de la nature. C ’est très calme, très doux, plein de poésie : Sonya l’a beaucoup aimé.
Du même auteur Catherine avait apprécié « La bicyclette rouge ».
C’est peut-être une belle piste d’entrée pour qui n’a jamais trop lu de BD.
Et voilà !
Jean-Baptiste
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