Jeudi 21 décembre 2006

En janvier et février 2007, la bibliothèque accueille les photographies aériennes par cerf-volant d'Yves RAMEAUX.

Venez redécouvrir votre ville sous toutes ses coutures ... 

(tout public)   

 

Exposition 

ROMAINVILLE

vue du ciel

 

Radiologue, installé à Romainville et originaire du Jura, Yves Rameaux est un passionné. Il a imaginé un système ingénieux, inspiré des travaux du photographe Arthur Batut au XIXème. Tandis que son appareil photo se balade dans le ciel, porté par un cerf-volant, Yves RAMEAUX mitraille avec une télécommande et part à la chasse aux images.

 

Avec son dispositif, il a pris des photos aériennes de Romainville que vous pourrez découvrir à la bibliothèque.

 

 

Photographier depuis le ciel…
mais alors comment on s’y prend ?

 

Moins coûteux de l’hélicoptère, il y a le cerf-volant.
Un bon cerf-volant, bien sûr, ayant une surface de toile suffisante – de 1 à 6 m² - tendue sur une armature et maintenue en équilibre dans le vent par des brides ou par une quille, situées directement sous le cerf-volant et créant un point d’attache.
Le fil reliant le cerf-volant à son « pilote » mesure jusqu’à plusieurs centaines de mètres… Au sol, le pilote manœuvre, lâche du fil pour prendre de l’altitude, rembobine pour redescendre, stabilise, déplace… et maintient fermement le fil : la traction est si forte qu’il doit porter des gants !
Naturellement, une difficulté de taille est de trouver la stabilité nécessaire. Il est possible de calculer la force de traction, d’autant plus importante que le vent est fort et le cerf-volant est grand. Si le vent est faible, on utilisera un grand cerf-volant en toile très fine et à armature légère… mais dont la manipulation est délicate. Par grand vent, ce sera un cerf-volant petit et robuste. Toutefois, au-delà de 40 km/h, mieux vaut renoncer à l’appareil photo.

Eh oui, l’appareil photo.
Règle de base, il ne doit pas être fixé sur le cerf-volant lui-même : il serait trop instable. De fait, il est attaché sur le fil, à une quarantaine de mètres en dessous du cerf-volant. Télécommandé depuis le sol, l’appareil peut être orienté et élevé jusqu’à 800 mètres d’altitude.
Evidemment, la prise de vue est une affaire délicate, voire riche en suspens…  évaluer d’avance le sujet et comment le photographier, en fonction de l’altitude, de l’éclairage, du vent… Avec de l’entraînement, et aussi une bonne intuition, on obtient des images… de haut vol.
Histoire, technique, ficelles…


Les réponses et conseils d’Yves Rameaux :

 

C’est génial d’avoir eu l’idée d’accrocher un appareil photo sous un cerf-volant !
« Non, ça n’a rien de génial ni d’original. Le génie c’était un français, il y a plus de cent ans ! C’est en 1888, à Labrugière, dans le Tarn, que le photographe Arthur Batut eut l’idée de fixer un appareil sous un cerf-volant. Un appareil à plaques de verre construit par lui-même pour qu’il soit très léger. Le déclenchement de l’obturateur était commandé par une mèche d’amadou et, naturellement, il fallait redescendre tout le système après chaque vue pour changer de plaque et réarmer.
L’invention et le principe furent décrits dans une publication de « La Nature », la grande revue scientifique de l’époque, ce qui déclencha de nombreuses vocations. L’armée française eut un service spécial de photographie par cerf-volant jusqu’à l’arrivée de l’aviation. »

Comment faites-vous pour viser ?
« C’est l’un des points délicats de l’opération, mais cela présente aussi un petit côté excitant. Les erreurs d’appréciation sont fréquentes, et l’on attend toujours avec une certaine anxiété le retour des photos du labo.
L’habitude et l’intuition jouent un rôle certain. Ainsi, pour orienter l’appareil dans le plan vertical, c’est-à-dire déterminer son angle de plongée, on peut prendre des repères de base. Par exemple, une plongée de 12°, avec un objectif de 35 mn donne des vues sur lesquelles l’horizon est proche du bord supérieur de l’image, d’où une surface de ciel réduite. Pour l’orientation horizontale, on peut s’aider d’une baguette de bois d’environ 50 cm de long, solidaire de l’appareil et qui matérialise l’axe optique. Cette baguette reste visible depuis le sol jusqu’à 200 mètres d’altitude. Au-delà, on peut utiliser des jumelles. Il n’en reste pas moins que sur un sujet intéressant, il est toujours bon de doubler ou de tripler chaque vue, par sécurité. »

Jusqu’à quelle altitude peut-on monter le matériel ?
« Dans l’absolu, il n’y a pas vraiment de limite : le record d’altitude d’un cerf-volant (il y a bien longtemps) se situe autour de 10 km !
Ce qui gêne le plus dans ces tentatives de très haute altitude, c’est le poids du fil (des kilomètres de fil, ça finit par peser lourd !). Il est alors parfois nécessaire d’ajouter un cerf-volant supplémentaire pour aider le premier. En outre, avec la densité de circulation aérienne actuelle, ce genre d’expérience n’est pas vraiment recommandé. Avec les fils modernes très fins mais très résistants, on peut facilement dérouler 1 km de fil. Mais le cerf-volant n’est plus qu’un point minuscule dans le ciel et l’appareil photo introuvable, d’où des prises de vues au pif !
En fait, le domaine courant de la photographie par cerf-volant est compris entre 50 et 400 mètres, les images les plus intéressantes étant généralement réalisées autour de 100 mètres d’altitude. »

Et si ça tombe ?
« Si ça tombe… ça casse ! »


(article paru dans Chasseur d’images)

 

 
Aux côtés de l'exposition des photographies d'Yves Rameaux, retrouvez l'exposition Aérographismes de l'IGN :
 

cliquez sur l'image pour plus de détails sur l'exposition

Exposition 

"Aérographismes"

 

Exposition de photographies aériennes de l'IGN, images insolites du paysage, devenues de véritables tableaux d'art ...

 

(tout public)

 

 

par Bibliothèque municipale publié dans : Animations
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