A la découverte des lettres russes aujourd’hui, 2ème partie

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Andreï Kourkov

 

Très doué pour les langues (il en parle neuf), l’ukrainien Andreï Kourkov est l’un des chefs de file de l’actuelle littérature de langue russe. Il décrit, avec un humour corrosif à la Boulgakov, le monde post-soviétique et ses mafias, sa corruption et ses nationalismes qui s'entredéchirent... Le succès de ses romans, depuis quelques années, est international.

 

Le pingouin

Traduit du russe par Nathalie Amargier

Paris : Liana Levi, 2000

 

Le caméléon

Traduit du russe par Christine Zeytounian

Paris : Liana Levi, 2001

 

Les pingouins n'ont jamais froid 

Traduit du russe par Nathalie Amargier

Paris : Liana Levi, 2004

 

Mariana Kozyrieva

La petite fille devant la porte

Traduit du russe par Luba Jurgenson

Paris : Editions des Syrtes, 2004

Le parcours initiatique d’une petite écolière soviétique, Victoria, témoin sans le savoir de grands évènements – la terreur stalinienne, la guerre. De porte en porte, de perte en perte, le monde s’ouvre peu à peu à elle, dans toute sa beauté, dans toute son horreur. Et lorsque rien ne va plus, Victoria se met à réciter de la poésie.

 

 

Olga Lossky

Requiem pour un clou

Paris : Gallimard, 2004

Fiodor Vassilievitch vit dans un appartement communautaire en pleine période soviétique et puise ses distractions dans l’espionnage des disputes quotidiennes qui entrecoupent le silence de l’immeuble. Vieillard infirme, il vit dans un fauteuil depuis lequel il contemple un tableau naïf russe peint par son père. Le clou auquel est suspendu le tableau, et que Fiodor a retrouvé planté dans son soulier, est la promesse de bien des rêves et de bien des projets.

 

 

Vladimir Makanine

Underground ou Un héros de notre temps

Traduit du russe par Christine Zeytounian-Beloüs

Paris : Gallimard, 2002

Pétrovitch est un écrivain "underground" dont aucun livre n’a été édité sous le régime soviétique et qui n’écrit plus depuis que ce régime s’est effondré. Il est gardien dans une immense cité d’anciens appartements communaux et s’occupe de son frère Vénia, interné dans un asile psychiatrique. A travers les portraits comiques, baroques ou pathétiques des habitants de la cité, Vladimir Makanine revisite à sa façon tout un siècle de l’histoire russe.

 

 

Iouri Mamleïev

 

Auteur d’une vingtaine d’ouvrages (romans, nouvelles, théâtre, philosophie), qui ont influencé toute la jeune génération des auteurs russes les plus connus aujourd’hui, Iouri Mamleïev, né en 1931, a connu les affres de l’exil. Aujourd’hui il poursuit une œuvre étonnante, baroque, spirituellement kitsch, et cocasse, emprunte de métaphysique et sans âge.

 

 
Chatouny
Traduit du russe par Anne Coldefy-Faucard

Paris : Serpent à plumes, 1998 (réédition)

 Fiodor ne fait pas seulement peur, il tue aussi, avec les mains, à coups de hache, par haine du bonheur, aussi parce que cet adepte de la métaphysique "est intéressé par la vie des cadavres". Fiodor n'est pas le seul déjanté de ce roman loufoque, baroque et satirique, il y a autant de monstres que de mondes parallèles dont chacun tente de percer les secrets (le culte du moi remporte les suffrages). On y croise un autophage qui dévore ses verrues, une nymphomane qui se réchauffe le bas-ventre avec des oisons, un vieux croyant, un petit grain dans la tête, mué en cocotte...

Cette balade dans une URSS délabrée et sans âge, vaste terrain vague où les âmes cherchent vainement refuge a laissé un profond sillage dans le paysage littéraire russe d’aujourd’hui.

 

Les couloirs du temps

Traduit du russe par Anne Coldefy-Faucard

Paris : Serpent à plumes, 2004

Des intellectuels, reconnus du temps de l’URSS et oubliés de la nouvelle Russie, se sont réunis pour vivre dans un souterrain près de Moscou. Ces « héros » délirants sont perdus dans des songes où l’au-delà et l’ici-bas se confondent. Le monde des morts et celui des vivants n’a plus pas de frontières précises, le temps « erre » avec les personnages qui passent sans transition d’une époque à une autre.

 

 

Ludmila Oulitskaïa

 

Née en 1943, Ludmila Oulitskaïa se consacre tôt à l’écriture, mais il lui faudra attendre la fin du communisme pour être publiée. Depuis, elle est devenue un des auteurs russes les plus importants de sa génération. Sa maîtrise de la matière romanesque est étonnante.

 

Sonietchka 

Traduit du russe par Sophie Benech

Paris : Gallimard, 1996  

La vie d'une jeune femme lumineuse et pure qui puise son bonheur dans la lecture et la solitude.

 

Médée et ses enfants

Traduit du russe par Sophie Benech

Paris : Gallimard, 1998

 

De joyeuses funérailles

Traduit du russe par Sophie Benech

Paris : Gallimard, 2001

 

Le cas du docteur Koukotski

Traduit du russe par Sophie Benech

Paris : Gallimard, 2003 

Le docteur Koukotski a un don : à chaque fois qu'il examine ses patients, il a une vision du mal dont ils souffrent. Ce don disparaît dès qu'il a des relations sexuelles. Il épouse Eléna et le don reste grâce à son amour. Mais les temps heureux ne durent pas...

 

La maison de Liala

Traduit du russe par Bernard Kreise

Paris : Gallimard, 2004

 

Un si bel amour et autres nouvelles

Traduit du russe par Sophie Benech

Paris : Gallimard, 2003

 

 

Viktor Pelevine

 

Véritable phénomène littéraire en Russie, Viktor Pelevine, né en 1962 à Moscou, n’est plus un inconnu pour le public français. Cet auteur déjanté, à l’imagination débordante, pas vraiment tendre à l’égard des  nouvelles élites russes, incarne une certaine modernité littéraire russe.

 

L'ermite et Sixdoigts

Traduit du russe par Christine Zeytounian-Beloüs

Nîmes : Chambon, 1997

Deux personnages se rencontrent et devisent sur le sens de la vie et l'organisation du monde. Un monde bien étrange, mais quand on découvre qu'il s'agit de deux poulets dans un élevage industriel...

 

La mitrailleuse d'argile

Traduit du russe par Galia Ackerman et Pierre Lorrain

Paris : Seuil, 1997

Une vertigineuse machine, un roman à la fois rocambolesque et philosophique.

 

Un monde de cristal

Traduit du russe par Galia Ackerman et Pierre Lorrain

Paris : Seuil, 1999

Six nouvelles qui mènent le lecteur à travers une Russie hallucinée où passé et présent, rêve et réalité, vie et mort se mêlent.

 

Homo zapiens

Traduit du russe par Galia Ackerman et Pierre Lorrain

Paris : Seuil, 2001

Vova, déboussolé par l’effondrement de l’URSS, entre par hasard dans le monde des nouveaux maîtres, celui de la publicité, des mafias, de l’argent… Là encore, le réalisme le plus sordide côtoie la loufoquerie la plus délurée. La Russie serait-elle devenue une nef des fous ? Mais ne s’agit vraiment que de la Russie ?

 

 

Youri Rytkhèou

Unna

Traduit du russe par Yves Gauthier

Arles (Bouches-du-Rhône) : Actes Sud, 2000

A travers la vie d’Unna, jeune fille de la toundra précocement russifiée, sédentarisée et convertie aux valeurs soviétiques, c’est le destin des Tchouktches, un peuple du détroit de Béring, qui est évoqué ici.

 

 

Olga Slavnikova

L'immortel : histoire d'un homme véritable

Traduit du russe par Christine Zeytounian-Beloüs

Paris : Gallimard, 2004

Vétéran de la Seconde Guerre mondiale, A. Kharitonov est grabataire et ne communique plus avec sa femme Nina et la fille de celle-ci, Marina, qui touchent sa pension. Quand l'Union soviétique disparaît, Marina, redoutant que ce changement soit fatal au vieil homme, entretient l'illusion de l'ancien régime avec la complicité d'un technicien et à l'aide d'émissions de l'ancienne télévision d'Etat. Ce roman tragi-comique frappe par sa densité et son élégance ; il valu à son auteure les éloges unanimes de la critique.

 

 

Maria Soudaïeva

Slogans

Traduit du russe par Antoine Volodine

Paris : L’Olivier, 2004

Maria Soudaïeva décrit un monde soumis au chaos et à la plus extrême violence. D’où viennent les voix barbares dont elle reproduit prières, slogans, appels et exhortations ? Une plongée dans l’indéfinissable, en 343 slogans.

 

Tatiana Nikitichna Tolstoï 

Billets d'humeur incorrects

Traduit du russe par Marianne Gourg

Paris : Robert Laffont, 2002 (Domaine de l'Est)

D'une voix à la fois tendre et moqueuse, Tatiana Tolstoï – à ne pas confondre avec la fille de Léonid - mêle considérations prosaïques, souvenirs personnels et culture, et emplit le quotidien de réminiscences littéraires, artistiques, poétiques pour poser sur le monde un regard acéré et inattendu.

 

 

Douze écrivains russes (Les belles étrangères 2004)

Arles (Bouches-du-Rhône) : Actes Sud, 2004

Avec de courts textes de Ludmila  Oulitskaïa, Nikolaï Chadrine, Andreï Guelassimov, Leonid Guirchovitch, Natalia Jouravliova, Nikolaï Kononov, Ilya Kotcherguine,  Iouri Mamleev, Vera Pavlova, Lev Rubinstein, Olga Sedakov, ainsi qu’un extrait de la très recommandable Bande Dessinée « Une jeunesse soviétique », de Nikolaï Maslov.

 

 

Une surprise de la BD russe 
 

Nikolaï Maslov

Une jeunesse soviétique

Traduit du russe par Veronika Dorman et Anne Coldefy-Faucard

Préface d’Emmanuel Carrère

Paris : Denoël, 2004

Nikolaï Maslov, autodidacte, a entrepris de raconter sa vie en bande dessinée… Le résultat est un stupéfiant OVNI graphique, irremplaçable témoignage sur l’effondrement d’un empire, minutieuse description d’un pays à la beauté farouche pris entre un ennui métaphysique et le vertige du vide.

Cet album parfaitement inattendu, rejoignant la tendance très actuelle du bio-documentaire, est un véritable évènement.

 

 

Poètes russes d’aujourd’hui

 

Vera Pavlova

L’animal céleste

Traduit du russe par Jean-Baptiste et Hugo Para

Chauvigny (Vienne) : Escampette, 2004

Cette anthologie présente l’œuvre de Vera Pavlova, jeune musicienne, musicologue et poétesse, considérée en Russie comme l’un des poètes majeurs de sa génération.

 

 

Lev Rubinsteïn

« Cette fois-ci… » - « На этот раз… »

Traduit du russe par Hélène Henry (bilingue)

 La Rochelle (Charentes Maritimes) : Rumeur des âges, 2004

Aujourd'hui journaliste, chroniqueur amusé et perspicace de la « nouvelle Russie », il forma à Moscou, au milieu des années 1970, une nouvelle avant-garde inventive et insolente. Son travail, largement reconnue en Russie, a trouvé son public grâce à ses lectures-performances, à la publication de deux recueils et à la mise en voix de ses textes au théâtre.

 

Olga Sedakova

Le voyage en Chine et autres poèmes

Traduit du russe par Léon Robel et Marie-Noëlle Panne

Paris : Caractères, 2004

Cinq recueils profondément originaux, aux vers libres, d’une figure de proue de la poésie russe contemporaine. Se rattachant à ce qu'on appelait, en Union soviétique, la "seconde culture", ses poèmes ont d'abord circulé sous forme de samizdat. Olga Sedakova a depuis reçu de nombreux prix de poésie.

 

Olga Sedakova
Eloge de la poésie

Traduit du russe par Ghislaine Capogna Bardet

Lausanne (Suisse) : L’Age d’homme, 2001

 

 

 

Deux enfants terribles du théâtre contemporain

 

Evgueni Grichkovets

En même temps

Traduit du russe par Arnaud Le Glanic

Besançon (Doubs) : Les Solitaires intempestifs, 2003

Monologue ininterrompu d’un homme qui exprime sa déception face à une découverte de taille : l’organisation du monde est différente de celle qu’il avait imaginée.

 

Evgueni Grichkovets
Comment j’ai mangé du chien

Traduit du russe par Arnaud Le Glanic

Besançon (Doubs) : Les Solitaires intempestifs, 2002

Un marin russe reprend les évènements de sa vie.

 

Vladimir Sorokine

Dostoïevski trip

Traduit du russe par Tania Moguilevskaia et Gilles Morel

Besançon (Doubs) : Les Solitaires intempestifs, 2001

« Comment sortir du manque ? Du Kafka ? Je demande au dernier : du Kafka‚ du Joyce ?... Du Tolstoï‚ il dit. C'est quoi‚ je demande. De la bombe‚ il me dit. J'en prends. D'abord‚ rien de bien spécial. Un peu comme du Dickens‚ ou du Flaubert avec du Thackeray‚ et puis... bon... bon... vraiment du bon‚ un kif vraiment fort‚ large‚ une putain de puissance‚ mais alors après... après‚ vraiment l'horreur ! L'horreur ! (Il fait une grimace.) Même Simone de Beauvoir m'a pas fait autant de mal que Tolstoï. (…) »

 

PS : Signalons aussi notre petite collection de textes bilingues français-russe, avec un choix d'auteurs classiques : Isaac Babel, Boulgakov, Dostoïevski, Gogol, Lermontov, Mandelstam, Pouchkine, Tchekhov, Tolstoï, Tourgueniev et Tynianov. 


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