Jeudi 17 avril 2008

 

La citation du jour, donnée par Dominique : Umberto Eco « Il y a des livres qui ont un début expiatoire ».

 

Pour cette fois, nous avons frôlé le « café philo », multipliant les discussions presque métaphysiques et sur des sujets portant à débat : faut-il aimer les surprises ? Oui si elles sont bonnes ! Mais Adrienne préfère les surprises attendues… car si elles arrivent à un mauvais moment, même bonnes, ça peut être embêtant. Jean pense qu’une mauvaise surprise peut apporter aussi quelque chose de positif…

 

On commence par se distribuer quelques nouveautés : Russel Banks : « La réserve » quelque peu abîmé par la critique, Roberto Bolaño : « 2666 », Véronique Ovaldé, chouchoute de Dominique et Catherine : « Et mon cœur transparent », Jean Clair : « Autoportrait au visage absent », un recueil d’essais sur l’art.

 

Jean : Jean d’Ormesson – La création du monde

Jean (d’O) regardant Jean (L. : le nôtre) de son petit œil malicieux sur la couverture du livre le questionne : Es-tu sûr d’avoir tout compris ? Mais oui, Jean L., vous nous donnez envie de lire ce petit opuscule qui parle des cohortes d’anges, archanges, et autres êtres du même genre et de leur monde bien organisé. Simon, le personnage principal, est choisi par l’archange Gabriel qui lui annonce que Dieu va lui expliquer l’univers, le bien, le mal, etc… Jean L. a beaucoup aimé et ne s’est pas ennuyé ; il faut dire que Jean d’O est brillant.

 

Marie-Paule revient d’un voyage au Mexique. Pour s’imprégner de « mexitude », elle a lu des auteurs mexicains : Paco Ignacio Taïbo II (prononcer « doss ») : Des morts qui dérangent, écrit avec le sous-commandant Marcos, le chef de la rébellion zapatiste. Il est aussi l’auteur de la meilleure biographie du Che, selon Jean-Baptiste. A quatre mains est un roman policier sur l’histoire de la révolution mexicaine.

Elle a aussi lu Juan Rulfo, un précurseur du roman latino-américain moderne.

Enfin, avec sa bande de copains amateurs du prix du Livre Inter (dont Edith), elle lit tous les romans de la sélection du début à la fin. Parmi ceux-ci : « Le canapé rouge » de Michèle Lesbre. Nous avions déjà aimé précédemment, au club, La petite trotteuse. Là elle nous conte l’histoire d’une femme qui part à la recherche d’un amour de jeunesse, et qui fait pour ça un long voyage mélancolique en transsibérien. Mais cette femme pense à sa voisine, une vieille dame à qui elle lit des biographies de femmes célèbres et féministes. Et son voyage ne sera pas celui qui devait être.

 

Edith et Dominique sont du même avis, une fois n’est pas coutume ! Elles s’accordent à dire que Beau rôle de Nicolas Fargues est très décevant. L’auteur, ancien mannequin, aurait du essayer autre chose que l’écriture… Pourtant, dans son précédent livre, dit Dominique, on sentait poindre l’Auteur, l’écrivain en devenir, prometteur. Mais là, il faut le dire « c’est nul ! ». Pourtant il aborde des sujets qui auraient pu être intéressants, mais il ne fait que les effleurer. En conclusion : 278 p. de narcissisme, de verbiage sans intérêt...

 

 

Edith versus Dominique : Eric Reinhardt : Cendrillon

Il fait partie de la fameuse liste du Prix du livre Inter. Edith n’a pas du tout aimé. Attention, Dominique dégaine l’arme fatale de l’analyse en profondeur des intentions réelles de l’auteur « c’est un pamphlet de la société moderne et donc du capitalisme ». Pour Edith, c’est encore un pavé de narcissisme, de nombrilisme. A la page 300 environ, on comprend enfin qui sont ces trois personnages : ce sont les avatars synthético-théoriques » de l’auteur, trois caricatures de personnages bien contemporains. L’un se masturbe tellement qu’il est trop fatigué pour s’occuper de sa femme, l’autre est un trader spécialiste des edge founds, totalement détaché de la réalité. C’est vulgaire, c’est de la complaisance dans l’ordure dit Edith. Justement, réplique Dominique, c’est ça, la société contemporaine ! Ce lien entre l’argent et la pornographie. Il faut reconnaître à l’auteur l’intuition d’avoir pressenti l’affaire Kerviel. Pour Dominique, c’est une écriture moderne et vulgaire, à déconseiller aux amateurs de beau français classique. Mais c’est riche. Il n’y a pas de jugement, de positionnement de l’auteur du côté des gentils contre les méchants, ça serait trop facile.

Au fait, l’auteur sera bientôt à la radio : donc Adrienne fera son ménage, avec aspirateur…

 

Sonya : Michel Pastoureau – Le petit livre des couleurs

Ce petit livre a l’air passionnant. Depuis qu’elle a lu ce livre, Sonya ne porte plus les couleurs sans y penser. Michel Pastoureau, c’est LE grand spécialiste de l’histoire des couleurs. La symbolique des couleurs n’est pas le fruit du hasard. L’histoire de la production des pigments a déterminé l’histoire des couleurs. Il y a une cote des couleurs comme il y a une cote des mots. Cela va au-delà des modes. L’industrie des pigments, celle de la fixation des couleurs en ont déterminé une géographie symbolique.

PS – Jean-Baptiste l’a lu entre temps et confirme : passionnant.

            Erik Orsenna – Voyage au pays du coton

C’est un vrai voyage que l’auteur a fait là où l’on cultive le coton, aux quatre coins de la planète. Très intéressant,

 

Tony : Claude Nuridsany/Marie Pérennou – La métamorphose des fleurs

Un peu de nature et de beauté maintenant, grâce à Tony. Il a déniché dans la vitrine un beau livre de photographies de fleurs en très gros plan, par l’auteur de Microcosmos. On y voit des fleurs sauvages (scabieuse, chèvrefeuille, chardon…) aux stades successifs de bouton, fleur, fruit. Ca frôle parfois l’art abstrait. On découvre les fleurs comme on ne les a jamais vues. Et le livre est un cadeau pour les yeux, avec des pages en papier calque, des cadres découpés pour mieux voir les détails, des couleurs douces ou vives selon les fleurs. Et en plus, un très beau texte de présentation de chaque fleur.

 

Philippe : Muriel Barbery – L’élégance du hérisson

7 rue de Grenelle. Quartier chic, immeuble bourgeois. La concierge, Renée est acariâtre, d’où son surnom de hérisson. En fait, elle cache une grande érudition, mais le bonheur lui fait peur. Paloma, une petite fille de l’immeuble, père député, appartement immense, est tellement déçue par les adultes qu’elle a décidé de se suicider le jour de ses 13 ans. Elles vont se rencontrer et parler. Ce livre a empêché Philippe de dormir ! Il regrette la fin tragique, abrupte. Mais Amélie rappelle que l’humour est quand même là en permanence.

            John Doherty – Sous le masque doré

Philippe est un passionné d’égyptologie. Dès qu’il y a un documentaire sur le sujet à la télé, son épouse Béatrice fuit car elle n’aime pas ça. D’habitude, c’est le foot qui provoque ce genre de situation ! Là c’est un polar historico-égyptien. La description de l’époque est très bien faite.

 

 

Elisabeth : John Harvey –

Elle est déçue, Elisabeth. Ca commençait si bien. Mais voila qu’à mi-route, le roman (policier) s’essouffle et ne repart jamais. A ne pas recommander !

Tony pense qu’il ne faut pas s’arrêter à ce roman, d’autres du même auteur sont meilleurs.

 

 

Patrick : Camille Flammarion

Camille Flammarion était le directeur de l'Observatoire de Paris au XIXème siècle ; son nom évoque des sociétés ésotériques qui ont gardé de leur mystère jusqu'à nos jours. Patrick a lu ses écrits, et plus particulièrement ceux qu'il a dédié à une question qui, à l'époque, restait ouverte : les extraterrestres. Selon lui, chaque planète du système solaire avait ses habitants, d'ailleurs pas très très différents des terriens. Et si vous n'y croyez pas, eh bien lisez le, puisqu'il décrit tout ça avec une troublante minutie, avec une logique tout à fait cohérente... pour l'époque.

 

Lidia : Carlos Ruiz Zafon – L’ombre du vent

Nous l’avons acquis aussi en espagnol, Adrienne le lira dans cette langue.

Lidia a beaucoup aimé ce roman « policier littéraire ». Cela se passe à Barcelone, dans un univers de bouquinistes et de mystère. « Le temps passe vite avec ce livre ».

            Arto Paasilinna – La douce empoisonneuse

C’est lui, l’auteur de « Petits suicides entre amis ».Ca fait penser à « Arsenic et vieilles dentelles », avec un humour pince-sans-rire très anglo-saxon. On rit.

 

Amélie : David Garnett –Un homme au zoo

C’est une petite nouvelle, très drôle, un peu surréaliste. A Londres, un homme quitte son amie après une dispute et demande à aller vivre dans une cage au zoo. Imaginez la suite !

 

Adrienne: Les pouvoirs secrets des animaux

Ce beau livre a beaucoup plu à Adrienne: « la nature est redoutable et merveilleuse ». Il évoque à Jean-Baptiste une nouvelle de Julio Cortazar « Axolotl », où un homme devient lui-même poisson à force d'aller voir un axolotl à l'aquarium. Du coup, Adrienne révèle qu'un jour, elle « a eu une histoire avec un poisson ». En fait, elle a eu deux poissons qui ont vécu une véritable histoire d'amour tendre.

 

Amélie:  René Girard – Le tragique et la pitié

Il s'agit du discours de réception de René Girard à l'académie française, et de la réponse de Michel Serres.

            Jack Kerouac – Lettres choisies1957-1969

Pour Amélie, ce pavé de correspondance est destinée aux amateurs de Kerouac, ceux qui ont lu au moins « Sur la route ».

           

Dominique : Diane Meur – Les vivants et les ombres

C'est une fresque familiale décrite par ... la maison de famille! En Pologne, au 19e siècle, on y croise différentes communautés, on y parle de la condition des femmes, « C'est extraordinaire, c'est délicieusement suranné »,

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