Prochaines dates...
Histoires à s'en retourner les oreilles - contes, avec Julien
Tauber
Mercredi 14 mai à 10h à l'espace
Cachin
Club des lecteurs le samedi 17 mai à 10h
Bibliographie réalisée en mars 2005
Si les lecteurs français la connaissent un peu - surtout à travers les auteurs classiques de la deuxième moitié du XIXème siècle – il n’en demeure pas moins que les talents qui animent aujourd’hui la littérature russe restent méconnus. Et pourtant…
Il est vrai que les premières années post-soviétiques n’ont pas suscité la floraison que certains avaient pu attendre. Les auteurs soviétiques, à quelques exceptions près, passèrent à la trappe du jour au lendemain, et la littérature russe, désacralisée, disparut des étals des libraires au profit de traductions.
Les temps ont bien changé, et le monde de l’édition, en Russie, est en plein renouveau. Même si les tirages ne sont guère importants - à l’exception très notable de quelques auteurs de polar - la littérature russe est actuellement de grande qualité.
Cette sélection espère rendre compte de cette idée de la littérature, de ce paysage original, exigeant et réconfortant. On y découvrira des voix singulières et variées, dépassant les générations, les époques et les genres – d’Olga Sedakova ou Iouri Mamleïev, longtemps publiés en samizdat (manuscrits censurés circulant sous forme de photocopies), à de très jeunes auteurs, comme Ilya Kotcherguine. On verra aussi apparaître des lignes de force unissant ces auteurs venus des horizons les plus divers : une ouverture certaine sur l’étranger, dans toutes ses dimensions, un attachement fort mais pas ostentatoire à l’histoire russe, une préoccupation réaliste du quotidien, souvent transfiguré par le fantastique ou le grotesque, ou encore, loin des clichés sur la prétendue « âme russe », la présence d’une profonde spiritualité.
Vassili Axionov
Né en 1932 à Kazan, Vassili Axionov vient de recevoir le plus prestigieux des prix littéraires en Russie, le Booker Prize russe. Après une enfance passée en Sibérie où ses parents avaient été déportés, il a connu de bonne heure une gloire littéraire. Il dépeint dans ses premiers romans une jeunesse russe recherchant la liberté du corps et de l’esprit, loin de l’imagerie soviétique. Expulsé d’URSS en 1980, il ne s’est jamais départi de la liberté superbe de ses débuts et est devenu l’un des principaux écrivains de langue russe à l’heure actuelle.
Lumineuse césarienne
Traduit du russe par Lily Denis
Arles (Bouches-du-Rhône) : Actes Sud, 2003
Ce roman picaresque et protéiforme relate les tribulations d'un Russe des années 1990, de son amoureuse et d'un vieil écrivain renommé, entre Russie, États-Unis et Europe.
Les oranges du Maroc
Traduit du russe par Irène Sokologorsky
Arles (Bouches-du-Rhône) : Actes Sud, 2003
Un bateau chargé d’oranges accoste dans un port des îles Kouriles, en Extrême-Orient soviétique. Cela se passe dans les années 60, et, à deux cents kilomètres à la ronde, chacun abandonne ses préoccupations et se précipite.
Une saga soviétique (1 & 2)
Traduit du russe par Lily Denis
Paris : Gallimard, 1997
Dmitri Bavilski
Les mangeurs de pommes de terre
Traduit du russe par Véronique Patte
Paris : Gallimard, 2004
Ce roman teinté d'humour et de surréalisme a pour héroïne Lidia Albertovna, gardienne de musée dans une petite ville de l’Oural, épouse d'un compositeur et mère d'un adolescent. La découverte d'une étude sur le tableau Les mangeurs de pommes de terre de Van Gogh va bouleverser sa vie jusque-là paisible.
Nicolas Bokov
La zone de réponse
Traduit du russe par Maud Mabillard
Montricher (Suisse) : Noir sur blanc, 2003
Huit nouvelles autour du concept de destinée, essayant de trouver une signification aux rencontres et coïncidences qui rythment la vie. On retrouve dans ces huit récits le sens aigu du détail et de l'humour qui fait l'originalité du style de Nicolas Bokov. De la part de l'homme et du philosophe, c'est peut-être aussi une ouverture vers un chemin de sérénité.
Iouri Bouïda
Yermo
Traduit du russe par Sophie Benech
Paris : Gallimard, 2002
Le roman « Yermo » est une vaste réflexion sur la création, et un très bel hommage à Nabokov. C’est un livre riche, foisonnant, plein de digressions sur la peinture, le théâtre et le cinéma, la philosophie, la littérature…
Nikolaï Chadrine
Le temps des troubles
Traduit du russe par Bernard Kreise
Paris : Le Cherche Midi, 2004
Entre février et octobre 1917, Serge Skatchkov, ex-officier tsariste revenu du front, aristocrate et héros militaire, se retrouve chassé par les représentants de la classe montante de la nouvelle société : les animateurs de meetings et les expropriateurs anti-capitalistes. Suite au saccage de son domaine familial, il fuit pour devenir chercheur d'or dans la taïga. Un (grand) roman d’aventure à la russe.
Mikhaïl Chichkine
La prise d’Izmail
Traduit du russe par Marc Weinstein
Paris : Fayard, 2003
Le roman débute comme une sorte de grandiose et burlesque genèse du monde : les trois dieux païens slaves, Peroun, Veles et Svarog, en compagnie d’un magistrat, discutent dans un train de la naissance du jour et débarquent dans un trou de province russe où le magistrat doit mener une enquête.
Andreï Dmitriev
Le livre fermé
Traduit du russe par Lucille Nivat
Paris : Fayard, 2004
Un capitaine d’un bateau de la marine marchande russe immobilisé dans le port de Hambourg se lance dans la rédaction d’un livre « où rien n’est invention, presque tout est supposition et tout est vérité ». Au gré de ses réminiscences, il revient sur les destinées de trois générations d’hommes originaires de sa ville natale et, par le biais de ces fragments de vie, se fait chroniqueur de cette petite ville de Russie, de l’avant-guerre à nos jours. Une leçon d’histoire amère et lyrique, administrée sans en avoir l’air, et que l’on referme avec un pincement au coeur.
Oleg Ermakov
Pastorale transsibérienne
Traduit du russe par Yves Gauthier
Paris : Jacqueline Chambon, 2004
C’est l’histoire d’une fuite, dans un pays, la Russie, où la nature offre encore des espaces assez vastes pour s’y réfugier, s’y perdre. Un jeune homme, déserteur, rencontre sur les rives du lac Baïkal un émule de Thoreau, gardien du silence et des oiseaux, dont l’exemple lui donne le courage de se révolter.
Ruben Gonzalez Gallego
Blanc sur noir
Traduit du russe par Aurora Gallego et Joëlle Roche-Parfenov
Arles (Bouches-du-Rhône) : Actes Sud, 2004
L’étonnante histoire de l’auteur, né infirme dans une clinique du Kremlin, en 1968, plus tard enlevé à sa mère et ballotté sur tout le territoire de l'Union soviétique, d’hôpitaux en foyers pour jeunes handicapés, jusqu’à connaître, à seize ans, le mouroir d’un asile pour vieux. Des années plus tard, au terme d’un rocambolesque périple, il retrouve sa mère à Prague.
Andreï Guelassimov
La soif
Traduit du russe par Joëlle Dublanche
Arles (Bouches-du-Rhône) : Actes Sud, 2004
Lorsque Kostia revient de son service militaire en Tchétchénie, son visage monstrueusement brûlé fait peur aux enfants. Pour oublier, il se met à boire. Un voyage entrepris avec deux de ses camarades, partis à la recherche du quatrième rescapé de l’équipage de tankistes qu’ils formaient en Tchéchénie, sauvera Kostia du néant éthylique.
Leonid Guirchovitch
Apologie de la fuite : roman
Traduit du russe par Luba Jurgenson
Lagrasse (Aude) : Verdier, 2004
Preis, adolescent et peintre, a perdu sa mère lorsqu'il était bébé et a été élevé par son père. Son enfance s'est déroulée dans une contrée imaginaire, Ijma, située en Sibérie et peuplée d'indigènes, mais surtout de juifs soviétiques. Livrés à eux-mêmes, les habitants déforment le modèle soviétique, à commencer par le langage. Ce livre étonnant a une structure musicale, sur laquelle plane l’ombre de Chostakovitch.
Alexandre Ikonnikov
Dernières nouvelles du bourbier
Traduit du russe par Antoine Volodine et de l’allemand par Dominique Petit
Paris : Seuil, 2004
Jambe amputée jetée en pleine forêt faute de place à la morgue, bidasse oublié dans la steppe du Kazakhstan, mutinerie carcérale évitée grâce à la calvitie de Poutine, octogénaires en voie de momification devant les barres de préfabriqués, déménageur épuisé par une tsigane nymphomane, terrifiantes gardiennes d’immeubles, kolkhoziens jaloux, fonctionnaires hébétés, poètes, popes, prostituées, ivrognes... C’est toute la Russie qui défile par petits fragments colorés dans ces courts récits qui tiennent plus du polaroïd que de la nouvelle.
Alexandre Ikonnikov
Lizka et ses hommes
Traduit du russe par Antoine Volodine
Paris : L’Olivier, 2004
A dix-sept ans, Lizka, décide de vivre sa propre vie. Elle part à G., la ville voisine et s'inscrit à l'école d'infirmières. Mais là non plus la vie n'est pas facile : elle atterrit dans un foyer et doit travailler comme concierge dans un immeuble voisin pour payer son loyer. Excédée par un locataire, elle lui lance un canette et finit en prison pour agression. Là, elle tombe amoureuse de Micha.
Natalia Jouravliova
Saisons - Времена года
Traduit du russe par Julie Bouvard (bilingue)
Paris : Inventaire, 2004
Quatre portraits de femmes russes d’âge et de milieux différents, qui toutes vont se retrouver au même point de rupture : ce moment vertigineux où la vie bascule entre rêve et réalité pour toucher au plus enfoui.
A travers ces profils singuliers, l’écriture de Natalia Jouravliova, dense et éclatée à la fois, nous mène dans une terre de contrastes, où l’espace se mue en « non-lieu », et la parole en « non-dit ».
Luba Jurgenson
Le soldat de papier
Paris : Albin Michel, 1989
Moscou des années 70. Igor, le chirurgien, Irène, son épouse, Julia, Vladimir, le peintre, et Ruben, le poète, appartiennent à un groupe d'amis plutôt bohèmes qui ne vivent que pour l'art et la poésie.
Luba Jurgenson
Education nocturne
Paris : Albin Michel, 1994
Dans l’Allemagne des années 40-46, le destin de deux hommes, l’un aristocrate déchu, l’autre artiste juif assimilé, leur amour pour la même femme et leur affrontement à travers les horreurs de la guerre.
Luba Jurgenson
Boutique de vie
Arles (Bouches-du-Rhône) : Actes Sud, 2002
Ici l’auteure donne à lire la complexité de certains parcours humains.
Mark Kharitonov
Romancier fasciné par l’illusion, Mark Kharitonov, né en 1937, est devenu célèbre à partir de 1992, après de longues années de censure. Son œuvre intègre en finesse l’évolution intime de son pays, à travers de multiples personnages, et son talent est sans pareil pour créer une fiction magique, entre fantastique et chronique.
Le professeur de mensonge
Traduit du russe par Fabienne Lécallier-German
Paris : Fayard, 2001
Confiés aux soins de Tante Léna, surnommée Ennui Mortel, Tim et sa soeur Taska sont pris dans une série d'histoires enchevêtrées... Un récit poétique, plein de rebondissements et d'humour.
L'approche
Traduit du russe par Marc Weinstein
Paris : Fayard, 2004
Cheminement étrange vers la solution d'un problème qui n'est jamais posé avec clarté. Au centre du roman, Zimine, auteur d'un manuscrit composé de différents textes, « Les saisons de la vie », qui entretient une relation de gémellité avec le roman de l'auteur.
Prokhor Menchoutine
Traduit du russe par Marc Weinstein
Paris : LGF, 2002
Ce conte magique situé dans une petite ville de province russe, à l’époque de Brejnev, est le premier volet d’une trilogie réaliste reprenant la tradition gogolienne : « Une philosophie provinciale ».
Netchaïsk
Traduit du russe par Marc Weinstein
Paris : LGF, 2003
Deuxième volet d’ « Une philosophie provinciale ».
La mallette de Milachevitch
Traduit du russe par Marc Weinstein
Paris : Fayard, 1994
C’est avec ce roman, dernier volet d’ « Une philosophie provinciale », que Mark Kharitonov s’est fait connaître d’un large public russe.
Mikhaïl Kononov
La camarade nue
Traduit du russe par Luba Jurgenson et Anne Coldefy-Faucard
Paris : Stock, 2004
Tous les tabous sur l'histoire de l'Union soviétique ont été levés sauf celui de l'héroïsme de l'Armée rouge sous Staline. La narratrice, une orpheline de 14 ans, suit naïvement un soldat jusqu'au front et finit par se donner à tout le régiment. Ce pamphlet contre la guerre et la propagande a subi douze ans de censure avant sa parution en 2001.
Ilya Kotcherguine
L'assistant du Chinois
Traduit du russe par Michèle Kahn
Arles (Bouches-du-Rhône) : Actes Sud, 2004 (Lettres russes)
Sergueï, le narrateur, petit-fils d'un dirigeant bolchevique et d'un paysan déporté en Sibérie, abandonne ses études d'ingénieur pour s'inscrire en chinois et multiplie les petits boulots, dont celui d'assistant d'un Chinois représentant d'une société d'import-export. Puis il abandonne tout, y compris sa femme et leur enfant, pour s'engager comme garde forestier en Sibérie.
Nikolaï Kononov
Funérailles d’une sauterelle
Traduit du russe par Hélène Henry
Paris : Le Cherche Midi, 2003
Un jeune homme se souvient de la mort de sa grand-mère dont il est amoureux. Il en raconte la lente agonie, heure par heure. Un premier roman déroutant, hanté par la mort et la déchéance.
Andreï Kourkov
Très doué pour les langues (il en parle neuf), l’ukrainien Andreï Kourkov est l’un des chefs de file de l’actuelle littérature de langue russe. Il décrit, avec un humour corrosif à la Boulgakov, le monde post-soviétique et ses mafias, sa corruption et ses nationalismes qui s'entredéchirent... Le succès de ses romans, depuis quelques années, est international.
Le pingouin
Traduit du russe par Nathalie Amargier
Paris : Liana Levi, 2000
Le caméléon
Traduit du russe par Christine Zeytounian
Paris : Liana Levi, 2001
Les pingouins n'ont jamais froid
Traduit du russe par Nathalie Amargier
Paris : Liana Levi, 2004
Mariana Kozyrieva
La petite fille devant la porte
Traduit du russe par Luba Jurgenson
Paris : Editions des Syrtes, 2004
Le parcours initiatique d’une petite écolière soviétique, Victoria, témoin sans le savoir de grands évènements – la terreur stalinienne, la guerre. De porte en porte, de perte en perte, le monde s’ouvre peu à peu à elle, dans toute sa beauté, dans toute son horreur. Et lorsque rien ne va plus, Victoria se met à réciter de la poésie.
Olga Lossky
Requiem pour un clou
Paris : Gallimard, 2004
Fiodor Vassilievitch vit dans un appartement communautaire en pleine période soviétique et puise ses distractions dans l’espionnage des disputes quotidiennes qui entrecoupent le silence de l’immeuble. Vieillard infirme, il vit dans un fauteuil depuis lequel il contemple un tableau naïf russe peint par son père. Le clou auquel est suspendu le tableau, et que Fiodor a retrouvé planté dans son soulier, est la promesse de bien des rêves et de bien des projets.
Vladimir Makanine
Underground ou Un héros de notre temps
Traduit du russe par Christine Zeytounian-Beloüs
Paris : Gallimard, 2002
Pétrovitch est un écrivain "underground" dont aucun livre n’a été édité sous le régime soviétique et qui n’écrit plus depuis que ce régime s’est effondré. Il est gardien dans une immense cité d’anciens appartements communaux et s’occupe de son frère Vénia, interné dans un asile psychiatrique. A travers les portraits comiques, baroques ou pathétiques des habitants de la cité, Vladimir Makanine revisite à sa façon tout un siècle de l’histoire russe.
Iouri Mamleïev
Auteur d’une vingtaine d’ouvrages (romans, nouvelles, théâtre, philosophie), qui ont influencé toute la jeune génération des auteurs russes les plus connus aujourd’hui, Iouri Mamleïev, né en 1931, a connu les affres de l’exil. Aujourd’hui il poursuit une œuvre étonnante, baroque, spirituellement kitsch, et cocasse, emprunte de métaphysique et sans âge.
Chatouny
Traduit du russe par Anne Coldefy-Faucard
Paris : Serpent à plumes, 1998 (réédition)
Fiodor ne fait pas seulement peur, il tue aussi, avec les mains, à coups de hache, par haine du bonheur, aussi parce que cet adepte de la métaphysique "est intéressé par la vie des cadavres". Fiodor n'est pas le seul déjanté de ce roman loufoque, baroque et satirique, il y a autant de monstres que de mondes parallèles dont chacun tente de percer les secrets (le culte du moi remporte les suffrages). On y croise un autophage qui dévore ses verrues, une nymphomane qui se réchauffe le bas-ventre avec des oisons, un vieux croyant, un petit grain dans la tête, mué en cocotte...
Cette balade dans une URSS délabrée et sans âge, vaste terrain vague où les âmes cherchent vainement refuge a laissé un profond sillage dans le paysage littéraire russe d’aujourd’hui.
Les couloirs du temps
Traduit du russe par Anne Coldefy-Faucard
Paris : Serpent à plumes, 2004
Des intellectuels, reconnus du temps de l’URSS et oubliés de la nouvelle Russie, se sont réunis pour vivre dans un souterrain près de Moscou. Ces « héros » délirants sont perdus dans des songes où l’au-delà et l’ici-bas se confondent. Le monde des morts et celui des vivants n’a plus pas de frontières précises, le temps « erre » avec les personnages qui passent sans transition d’une époque à une autre.
Ludmila Oulitskaïa
Née en 1943, Ludmila Oulitskaïa se consacre tôt à l’écriture, mais il lui faudra attendre la fin du communisme pour être publiée. Depuis, elle est devenue un des auteurs russes les plus importants de sa génération. Sa maîtrise de la matière romanesque est étonnante.
Sonietchka
Traduit du russe par Sophie Benech
Paris : Gallimard, 1996
La vie d'une jeune femme lumineuse et pure qui puise son bonheur dans la lecture et la solitude.
Médée et ses enfants
Traduit du russe par Sophie Benech
Paris : Gallimard, 1998
De joyeuses funérailles
Traduit du russe par Sophie Benech
Paris : Gallimard, 2001
Le cas du docteur Koukotski
Traduit du russe par Sophie Benech
Paris : Gallimard, 2003
Le docteur Koukotski a un don : à chaque fois qu'il examine ses patients, il a une vision du mal dont ils souffrent. Ce don disparaît dès qu'il a des relations sexuelles. Il épouse Eléna et le don reste grâce à son amour. Mais les temps heureux ne durent pas...
La maison de Liala
Traduit du russe par Bernard Kreise
Paris : Gallimard, 2004
Un si bel amour et autres nouvelles
Traduit du russe par Sophie Benech
Paris : Gallimard, 2003
Viktor Pelevine
Véritable phénomène littéraire en Russie, Viktor Pelevine, né en 1962 à Moscou, n’est plus un inconnu pour le public français. Cet auteur déjanté, à l’imagination débordante, pas vraiment tendre à l’égard des nouvelles élites russes, incarne une certaine modernité littéraire russe.
L'ermite et Sixdoigts
Traduit du russe par Christine Zeytounian-Beloüs
Nîmes : Chambon, 1997
Deux personnages se rencontrent et devisent sur le sens de la vie et l'organisation du monde. Un monde bien étrange, mais quand on découvre qu'il s'agit de deux poulets dans un élevage industriel...
La mitrailleuse d'argile
Traduit du russe par Galia Ackerman et Pierre Lorrain
Paris : Seuil, 1997
Une vertigineuse machine, un roman à la fois rocambolesque et philosophique.
Un monde de cristal
Traduit du russe par Galia Ackerman et Pierre Lorrain
Paris : Seuil, 1999
Six nouvelles qui mènent le lecteur à travers une Russie hallucinée où passé et présent, rêve et réalité, vie et mort se mêlent.
Homo zapiens
Traduit du russe par Galia Ackerman et Pierre Lorrain
Paris : Seuil, 2001
Vova, déboussolé par l’effondrement de l’URSS, entre par hasard dans le monde des nouveaux maîtres, celui de la publicité, des mafias, de l’argent… Là encore, le réalisme le plus sordide côtoie la loufoquerie la plus délurée. La Russie serait-elle devenue une nef des fous ? Mais ne s’agit vraiment que de la Russie ?
Youri Rytkhèou
Unna
Traduit du russe par Yves Gauthier
Arles (Bouches-du-Rhône) : Actes Sud, 2000
A travers la vie d’Unna, jeune fille de la toundra précocement russifiée, sédentarisée et convertie aux valeurs soviétiques, c’est le destin des Tchouktches, un peuple du détroit de Béring, qui est évoqué ici.
Olga Slavnikova
L'immortel : histoire d'un homme véritable
Traduit du russe par Christine Zeytounian-Beloüs
Paris : Gallimard, 2004
Vétéran de la Seconde Guerre mondiale, A. Kharitonov est grabataire et ne communique plus avec sa femme Nina et la fille de celle-ci, Marina, qui touchent sa pension. Quand l'Union soviétique disparaît, Marina, redoutant que ce changement soit fatal au vieil homme, entretient l'illusion de l'ancien régime avec la complicité d'un technicien et à l'aide d'émissions de l'ancienne télévision d'Etat. Ce roman tragi-comique frappe par sa densité et son élégance ; il valu à son auteure les éloges unanimes de la critique.
Maria Soudaïeva
Slogans
Traduit du russe par Antoine Volodine
Paris : L’Olivier, 2004
Maria Soudaïeva décrit un monde soumis au chaos et à la plus extrême violence. D’où
viennent les voix barbares dont elle reproduit prières, slogans, appels et exhortations ? Une plongée dans l’indéfinissable, en 343 slogans.
Tatiana Nikitichna Tolstoï
Billets d'humeur incorrects
Traduit du russe par Marianne Gourg
Paris : Robert Laffont, 2002 (Domaine de l'Est)
D'une voix à la fois tendre et moqueuse, Tatiana Tolstoï – à ne pas confondre avec la fille de Léonid - mêle considérations prosaïques, souvenirs personnels et culture, et emplit le quotidien de réminiscences littéraires, artistiques, poétiques pour poser sur le monde un regard acéré et inattendu.
Douze écrivains russes (Les belles étrangères 2004)
Arles (Bouches-du-Rhône) : Actes Sud, 2004
Avec de courts textes de Ludmila Oulitskaïa, Nikolaï Chadrine, Andreï Guelassimov, Leonid Guirchovitch, Natalia Jouravliova, Nikolaï Kononov, Ilya Kotcherguine, Iouri Mamleev, Vera Pavlova, Lev Rubinstein, Olga Sedakov, ainsi qu’un extrait de la très recommandable Bande Dessinée « Une jeunesse soviétique », de Nikolaï Maslov.
Une surprise de la BD
russe
Nikolaï Maslov
Une jeunesse soviétique
Traduit du russe par Veronika Dorman et Anne Coldefy-Faucard
Préface d’Emmanuel Carrère
Paris : Denoël, 2004
Nikolaï Maslov, autodidacte, a entrepris de raconter sa vie en bande dessinée… Le résultat est un stupéfiant OVNI graphique, irremplaçable témoignage sur l’effondrement d’un empire, minutieuse description d’un pays à la beauté farouche pris entre un ennui métaphysique et le vertige du vide.
Cet album parfaitement inattendu, rejoignant la tendance très actuelle du bio-documentaire, est un véritable évènement.
Poètes russes d’aujourd’hui
Vera Pavlova
L’animal céleste
Traduit du russe par Jean-Baptiste et Hugo Para
Chauvigny (Vienne) : Escampette, 2004
Cette anthologie présente l’œuvre de Vera Pavlova, jeune musicienne, musicologue et poétesse, considérée en Russie comme l’un des poètes majeurs de sa génération.
Lev Rubinsteïn
« Cette fois-ci… » - « На этот раз… »
Traduit du russe par Hélène Henry (bilingue)
La Rochelle (Charentes Maritimes) : Rumeur des âges, 2004
Aujourd'hui journaliste, chroniqueur amusé et perspicace de la « nouvelle Russie », il forma à Moscou, au milieu des années 1970, une nouvelle avant-garde inventive et insolente. Son travail, largement reconnue en Russie, a trouvé son public grâce à ses lectures-performances, à la publication de deux recueils et à la mise en voix de ses textes au théâtre.
Olga Sedakova
Le voyage en Chine et autres poèmes
Traduit du russe par Léon Robel et Marie-Noëlle Panne
Paris : Caractères, 2004
Cinq recueils profondément originaux, aux vers libres, d’une figure de proue de la poésie russe contemporaine. Se rattachant à ce qu'on appelait, en Union soviétique, la "seconde culture", ses poèmes ont d'abord circulé sous forme de samizdat. Olga Sedakova a depuis reçu de nombreux prix de poésie.
Olga Sedakova
Eloge de la poésie
Traduit du russe par Ghislaine Capogna Bardet
Lausanne (Suisse) : L’Age d’homme, 2001
Deux enfants terribles du théâtre contemporain
Evgueni Grichkovets
En même temps
Traduit du russe par Arnaud Le Glanic
Besançon (Doubs) : Les Solitaires intempestifs, 2003
Monologue ininterrompu d’un homme qui exprime sa déception face à une découverte de taille : l’organisation du monde est différente de celle qu’il avait imaginée.
Evgueni
Grichkovets
Comment j’ai mangé du chien
Traduit du russe par Arnaud Le Glanic
Besançon (Doubs) : Les Solitaires intempestifs, 2002
Un marin russe reprend les évènements de sa vie.
Vladimir Sorokine
Dostoïevski trip
Traduit du russe par Tania Moguilevskaia et Gilles Morel
Besançon (Doubs) : Les Solitaires intempestifs, 2001
« Comment sortir du manque ? Du Kafka ? Je demande au dernier : du Kafka‚ du Joyce ?... Du Tolstoï‚ il dit. C'est quoi‚ je demande. De la bombe‚ il me dit. J'en prends. D'abord‚ rien de bien spécial. Un peu comme du Dickens‚ ou du Flaubert avec du Thackeray‚ et puis... bon... bon... vraiment du bon‚ un kif vraiment fort‚ large‚ une putain de puissance‚ mais alors après... après‚ vraiment l'horreur ! L'horreur ! (Il fait une grimace.) Même Simone de Beauvoir m'a pas fait autant de mal que Tolstoï. (…) »
PS : Signalons aussi notre petite collection de textes bilingues français-russe, avec un choix
d'auteurs classiques : Isaac Babel, Boulgakov, Dostoïevski, Gogol, Lermontov, Mandelstam, Pouchkine, Tchekhov, Tolstoï, Tourgueniev et Tynianov.
Les Etats-Unis sont la première terre d’élection du roman policier. Edgar Allan Poe est souvent considéré comme l’initiateur de genre avec ses nouvelles à énigme telles que « Double assassinat dans la rue Morgue ». Hollywood a aussi contribué à la légende en adaptant au cinéma nombre de polars, et en en faisant un genre cinématographique à part entière, grâce à son succès populaire. Le contexte des années vingt, avec la naissance du grand banditisme, est propice au développement de cette littérature
Après la seconde guerre mondiale, la naissance du « paper back », le livre de poche, de nombreux auteurs font leurs armes dans le genre policier/noir grâce à ce format bon marché. La nouvelle et le roman policiers profitent de cette vogue pour s’élever dans l’échelle des ventes et de la reconnaissance.
Il est impossible de citer ici tous les auteurs américains tant il y en a. Voici donc une sélection des meilleurs d’entre eux.
Avec Dashiell Hammett (1894-1961) a lieu une rupture dans l’univers de la littérature policière américaine : on passe du roman policier au roman noir.
Dashiell Hammett commence sa carrière comme détective privé, métier qu’il abandonne à cause d’une tuberculose qui l’affaiblit, et d’une inclinaison de son employeur, intolérable pour lui, à l’utiliser comme briseur de grève. Il puisera l’essentiel de ses œuvres dans son expérience, avec le personnage d’Op, détective, que l’on retrouve dans plusieurs romans et nouvelles.
(La moisson rouge, Le faucon de Malte, La clé de verre, Histoires de détectives, La mort, c’est pour les poires…)*
Chester Himes (1909-1984) a commencé à écrire en prison. Issu d’une famille de la petite bourgeoisie noire, il est arrêté à la suite d’un cambriolage malheureux. Inspiré par ses lectures carcérales, il écrit d’abord pour témoigner du sort réservé aux Noirs, puis encouragé par Marcel Duhamel, son traducteur français (créateur de la Série noire), il se lance avec succès dans le roman. Il crée alors les personnages récurrents d’Ed Cercueil et Fossoyeur Jones, deux policiers noirs qui évoluent dans un Harlem haut en couleurs. Ses livres d’abord plein d’humour se font au fil du temps de plus en plus pessimistes et désespérés en ce qui concerne la cause noire.
(La reine des pommes, S’il braille, lâche-le !, Qu’on lui jette la première pierre, Dare-dare, Faut être nègre pour faire ça…)*
Edward Bunker (né en 1933) a survécu à une enfance malheureuse, après la séparation de ses parents et de multiples séjours en maisons de correction, écoles militaires et pénitenciers. Autodidacte de l’écriture, il écrit sans complaisance des histoires d’enfants meurtris par la brutalité et l’irrespect dans un univers carcéral où ils sont soumis à la loi du plus fort.
(Aucune bête aussi féroce, La bête au ventre)
James Sallis : auteur très intéressant sur le plan littéraire, il est quasiment inconnu aux USA et fait toute sa carrière en France. L’action du « Frelon noir » se déroule à la Nouvelle Orléans, où un lourd passé raciste constitue la trame des évènements. James Sallis est aussi biographe biographe de Chester Himes.
(Le frelon noir)
Jerome Charyn est né en 1937 dans l’East Side new-yorkais, un quartier pauvre où se mêlent Juifs et Italiens. Il vit à Paris depuis une quarantaine d’années, mais n’écrit que sur sa ville natale, la « grosse pomme »., et des histoires de gangsters. Sa trilogie « Zyeux bleus », « Kermesse à Manhattan », et « Marilyn la dingue » est faite d’histoires à la fois drôles et déjantées. Il la transforme en tétralogie avec « Isaac le mystérieux », dans lequel on retrouve les aventures d’Isaac Sidel, le superflic de New York. Il est l’auteur de scénarios de bandes dessinées qui ont également NY pour décor.
(Kermesse à Manhattan, Le cygne noir, Darling Bill, Elseneur, Frog)*
James Ellroy (né en 1948 à Los Angeles) a été traumatisé par le meurtre de sa mère, resté mystérieux, alors qu’il avait dix ans. Après une jeunesse mouvementée (drogue, alcool, délinquance, cambriolages, prison…) il se lance dans la littérature policière et publie « Brown’s requiem » puis « Clandestin » où il évoque l’affaire du Dahlia noir. On retrouve ses démons personnels dans ses différents romans, qui se passent à Los Angeles. Mais c’est dans « Le dahlia noir » qu’apparaît réellement l’affaire du meurtre d’Elizabeth Short, en 1947, histoire qui défraya la chronique aux USA pendant longtemps, et qui ressemble en tous points au meurtre de sa propre mère. E. Short fut violée et torturée avant d’être assassinée par un tueur en série.
Dans les romans suivants, toutes les situations mêlant le crime d’Etat au crime crapuleux se rencontrent, dans des scénarios complexes mettant en sc
