Jean : Bernard Giraudeau – « Les dames de nage »
Un livre sur les femmes, celles que Giraudeau a rencontrées, qu’il a aimées, à différents âges de la vie. C’est une langue drue, poétique, nostalgique, mélancolique. Pour Jean, qui aimait déjà bien l’auteur, c’est le coup de foudre. Il se retrouve, il revoit certaines de ses expériences, toute la rue du faubourg St Honoré défile… S’en suit, de la bouche de Jean, un vibrant éloge des femmes : il pourrait en écrire des livres et des livres. Merci en tout cas pour cette émotion partagée.
Adrienne : Khaled Hosseini – « Les cerfs-volants de Kaboul »
Disons-le tout de suite : encore un coup de foudre. Ce roman d’un auteur afghan écrivant en langue anglaise raconte une histoire d’amitié entre deux enfants qui vont toujours ensemble. Le père de l’un étant le serviteur du père de l’autre, ils sont d’origines sociales opposées. Cette amitié est rendue difficile par le sentiment de lâcheté qu’éprouve l’enfant riche (qui est le narrateur) à l’égard de son ami. Et à travers cette histoire, c’est aussi celle du narrateur : il devient écrivain, et à la source de cette vocation il y a les histoires qu’il racontait à son ami qui, lui, fils de serviteur, n’allait pas à l’école.
Tony avait lu ce roman, avec moins d’enthousiasme, mais maintenant qu’il a entendu Adrienne en parler…
Du même auteur : « Mille soleils splendides »
La vie – dure- de deux coépouses, en butte aux coutumes.
Adrienne, toujours : Doris Lessing – « Le carnet d’or »
Eh bien cette fois non ce n’est pas le coup de foudre. Nombrilisme, petitesses de la vie… l’univers de ce livre n’a pas plu à Adrienne. Pareil pour Jean-Baptiste avec « Le cinquième enfant ». Mais rappelons-nous ce que disait Tony : une, deux, trois nouvelles, bof, bof et bof, et puis arrive « Un enfant de l’amour », et c’est l’éblouissement (voir séance du 13 octobre).
Lidia : Le Clézio – « Raga »
Lidia aime beaucoup cet auteur qui ouvre l’espace, fait découvrir le monde. ici il s’agit des sociétés de petites îles du Pacifique, en particulier celle de
S’en suit, je ne sais plus pourquoi, un solide réquisitoire contre Nice, eh bien oui, Nice, argh, signé Dominique, et paf.
Sonya, grande amatrice de Le Clézio, nous recommande quelques titres qu’elle a adoré : «Poisson d’or », et « La quarantaine », qui retrace le sombre récit de déplacés indiens mis en quarantaine dans une petite île avant d’être débarqué sur l’île Maurice voisine. Sombre récit, mais très beau rapport à la nature de l’île, à la mer… on retrouve le don d’observation, la beauté des descriptions et la langue poétique de l’auteur.
Dominique : Nicolas Bouvier – « Chronique japonaise »
Un très beau livre, à l’écriture sensible et humaine, sur le Japon, d’abord son histoire racontée d’une manière inoubliablement vivante et intéressante, puis des impressions, par petites touches, au-delà du strict récit de voyage (un genre que Dominique n’apprécie guère, donc Nicolas Bouvier c’est bien plus qu’un auteur de genre, c’est un véritable écrivain, et, puisque moi qui écrit ces lignes je l’adore, on ne peut quand même continuer indéfiniment à vivre sans le lire.)
Elisabeth : Gaëlle Obiégly – « Faune »
Un adorable petit livre, tissé de petites histoires animales qui sont autant de prétextes à de belles digressions. Le style de l’auteure vaut le détour.
Catherine : Patrick Modiano – « Dans le café de la jeunesse perdue »
Où l’on retrouve l’atmosphère floue que les lecteurs de Modiano connaissent bien… n’est-ce pas Catherine ? Dans un cadre très parisien, une sorte d’enquête sur un personnage féminin qui échappe à l’auteur et dont l’histoire paraît énigmatique. Ca rappelle « Dora Bruder », c’est plein de mystère et ça vous prend.
Jean-Baptiste : Jean Hatzfeld – « La stratégie des antilopes »
Bon, j’avais dit que je ne parlerais pas de ce livre, simplement le signaler comme quelque chose de très important, et en fait... Ce livre nous met en présence de personnes ayant vécu le génocide rwandais, rescapés et tueurs, et c’est le troisième de l’auteur à ce sujet. La démarche de Hatzfeld n’est pas journalistique, mais profondément humaine.
Tony : Giolarda Sapienza – « L’art de la joie »
Un gros livre longtemps resté méconnu, et désormais reconnu comme une œuvre qui compte vraiment. Le personnage principal est une femme qui est sans cesse à la recherche de la joie, bien que des choses épouvantables se passent. C’est une lecture prenante, avec des personnages extraordinaires. C’est une mine, parce qu’il y a de multiples niveaux dedans, toute une vie. Il est question de l’enfance, de la mort, de
Edith : Natacha Appanah – « Le dernier frère »
Ile Maurice, un vieil homme se souvient d’un ami d’enfance mort à l’âge de 10 ans, puis des champs de canne à sucre, de la violence de son père, du passage d’un typhon… Un très beau roman.
Ensuite Edith pose un débat au sujet des prix littéraires : pourquoi toujours les mêmes auteurs, les mêmes éditeurs ? Les réponses ne sont pas flatteuses ni ces derniers ni pour les jurys, évidemment.
Edith : Stig Larssen – « Millenium 3 »
Le dernier d’une trilogie que l’auteur, alors inconnu, a achevée juste avant de mourir. Suite des ennuis professionnels, un journaliste économique se reconvertit dans les enquêtes.
La dernière partie a été consacrée aux nouvelles d’Elisabeth. Bonne suite à elle sur les chemins de l’écriture.
Bienvenue aussi à Jean-Luc !
Kazuo Ishiguro – « Les vestiges du jour » (Adrienne)
C’est grâce à Tony qu’elle a découvert ce livre (voir le compte-rendu précédent). Un majordome, pour qui son métier est toute sa vie, vit dans l’idéal d’une perfection. Il est aimé en silence… La langue est superbe, le roman très beau. Après une première impression un peu fastidieuse, Adrienne l’a finalement trouvé très séduisant. Peut-être trouvera-t-il d’autres lecteurs, et reviendra-t-il dans d’autres discussions ?
Mariama Bary – « Le cœur n’est pas un genou que l’on plie » (Adrienne)
Un coup de foudre ! Ce roman retrace l’histoire du peuple peu et de
Cela a rappelé à Dominique une autre écrivain de l’Afrique francophone : Leonora Miano, magnifique (« Contes du jour qui vient », « L’intérieur de la nuit »).
Lydie Salvayre – « Portrait de l’écrivain en animal domestique » (Sonya, Marie-Paule)
Nous parlions du joli titre du roman précédent, le genou qui plie et le cœur qui ne plie pas… Eh bien, dans ce dernier roman de Lydie Salvayre, ça plie, ça plie beaucoup : une écrivain se met au service d’un grand patron, et dans la confrontation de deux univers différents naissent des rapports de soumission. Sonya a été clairement déçue par le livre, qu’elle n’a pas trouvé original, pour ne rien dire de la fin. Marie-Paule est en train de le lire, pas le coup de foudre mais enfin c’est intéressant.
Jim Harrison – « Retour en terre » (Adrienne)
Un homme est malade, ses amis l’aide à mourir. Le livre n’a pas plu à Adrienne, par contre l’auteur compte quelques amies parmi nous : Dominique, Edith, Marie-Paule… C’est un univers assez poétique, où la nature est omniprésente, les grands espaces de l’Ouest américain, la solitude… On nous recommande « Dalva »
(alors Dominique nous parle de sa P.A.L. : Pile A Lire, une montagne de livres qui n’arrête pas de grimper, sur la table de chevet ; il lui faut constamment la ré agencer, c’est compliqué des fois la condition de lecteur)
Françoise Chandernagor – « Une nuit » (Jean)
Adrienne en avait parlé la dernière fois. Jean est un peu du même avis. C’est bien, mais pas entre toutes les mains. Commentaire de Jean : les personnages des filles ont quand même de gros défauts pour leurs âges !
Jean d’Ormesson – « Odeur du temps » (Jean)
L’Académie française, Yourcenar, Venise, Chateaubriand, les conquêtes féminines, Molière… C’est la patte d’Ormesson, les mêmes thèmes qui reviennent… Alors bien sûr, il ne parle pas de tout, par exemple où est la musique, où est Paris ? demande Jean. Quand même, ça a un charme fou... n’est-ce pas Dominique ? On a vu Jean être ému par la façon dont Jean d’Ormesson parle de son enfance, quand il faisait du vélo dans
Carlos Ruiz Zafon – « L’ombre du vent » (Edith)
Tiens tiens, revoilà un roman très apprécié de par chez nous… Evidemment qu’Edith adore !
Michael Ondaatje – « Divisadero » (Edith)
Ce sont trois histoires qui s’entrecroisent. Le début est beau, mais… bof, ça s’arrêtera là.
José Saramago – « L’autre comme moi » (Amélie)
Un type regard la télé, et qui voit-il en train de présenter le journal : son sosie… Ce roman très haletant, très bien écrit, où réel et imaginaire se télescopent et où l’intrigue monte en puissance, est une réflexion sur l’identité. Qui suis-je face à mon sosie, que se passe-t-il si je prends sa place ? Amélie a adoré.
Doris Lessing « Un enfant de l’amour » (Edith, Tony)
Edith n’aime pas beaucoup Doris Lessing, qui vient de recevoir le prix Nobel littérature. Quant à Tony, il n’aime pas tout, mais alors « Un enfant de l’amour »… c’est extraordinaire ! Ce court roman tourne autour d’une fulgurante passion amoureuse, vécue le temps d’une escale puis à jamais dans l’absence de l’autre. Ce faisant il soulève beaucoup de questions, notamment à travers ses personnages : à partir de ce roman il y aurait matière à une infinité d’autres romans.
Antoni Libera – « Madame » (Amélie)
Ben oui, celui-là on l’aime, on le recommande (la preuve). Ce roman traduit du polonais est paru il y a quelques années, il met en scène avec beaucoup de tact un lycéen-narrateur fasciné par sa prof de français. Comme il en parle rétrospectivement, on comprend combien ces années d’adolescence ont été le centre de sa vie, combien tout ce qui a suivi en découlait… Un très beau livre plein de subtilité, à ranger près de ceux de Magda Szabo.
Bernhard Schlink – «Le liseur » (Marie-Paule)
Voilà un court roman qu’on adore, mais qu’on ne résume pas. Marie-Paule l’a beaucoup aimé, et elle n’est pas la seule !
Pascal Quignard – « Tous les matins du monde » (Dominique, Amélie, Edith, Jean-Baptiste)
On est donc nombreux à l’avoir lu et à l’avoir aimé… normal, c’est tellement beau, cette écriture douce et musicale, au grand pouvoir d’évocation visuelle.
Nicolas Bouvier – « Chronique japonaise », « Journal d’Aran » (Jean-Baptiste)
Puisque je suis en train de découvrir cet écrivain voyageur plein de sensibilité et d’intelligence, dont les livres sont bien différents les uns des autres. L’arrivée du bouddhisme au Japon, les grands vents qui battent la côte irlandaise, les solitudes d’Hokkaïdo, les sentiers de Corée…
Gao Xingjiang – « La montagne de l’âme » (Jean-Baptiste)
Un livre-somme, un livre que traverse la vie toute entière… Ce roman du prix Nobel 2000 de littérature mélange les genres : récit d’un voyage au cœur de
Haruki Murakami – « Kafka au bord du rivage » (Aline)
Ce roman japonais à l’ambiance fantastique, kafkaïenne, entre en résonance avec le précédent. Les chapitres alternent les époques et les personnages, pour nous faire pénétrer un univers métaphorique et complexe, entre réel et irréel, vie et mort. Il y est question de voyance, et l’objet de la quête qui traverse le récit - la mystérieuse « pierre plate » - se trouve à « l’entrée », c’est-à-dire à la fin du livre : à la frontière entre le monde des vivants et celui des morts. On vous le promet : ce roman troublant figurera bientôt dans les rayons de la bibliothèque, et chacun pourra s’en faire son idée.
Françoise Chandernagor – « La voyageuse de nuit » (Adrienne, Jean)
Déjà un classique du bouche à oreille. Les premiers mots de Sonya : « très drôle ! ». Dans une ambiance très parisienne, une concierge pas séduisante du tout, très cultivée et fort soucieuse de n’en rien laisser paraître, devient l’amie d’une gamine très perspicace qui rédige son journal intime. En filigrane apparaissent les références culturelles des habitants de l’immeuble. Un roman ouvert, intelligent et plein de drôlerie. Recommandé !
Magda Szabo est une écrivain hongroise des années 50-60 dont on découvre actuellement l’œuvre somptueuse en France (et donc au club des lecteurs, voir les comptes-rendus des précédentes séances). L’héroïne est une vieille dame qui, dans son quartier, est un personnage clé, qui fait en sorte que tout le monde ait besoin d’elle. Elle sait tout de tout le monde, et personne ne sait rien d’elle… Un roman sur la dignité et le secret de rendre heureux. Au début, Béatrice a eu du mal, mais très vite elle s’est aperçue à quel point l’étrange magie du livre fonctionne. Dominique et Adrienne l’ont lu aussi, et adoré. Voir aussi « La ballade d’Iza » et plus encore « Rue Katalin », son plus beau roman de l’avis général. Des infos sur le site de l’éditeur : http://www.viviane-hamy.fr/fiche-auteur.asp?A=35
Pierre Péju – « Le rie de l’ogre » (Béatrice F.)
Ca commence par une histoire d’ados, un échange franco-allemand dans la lourdeur de l’après-guerre et de ses encombrants secrets. Puis on suit les deux personnages leur vie durant, ils vieillissent, se croisent de temps en temps : lui, le sculpteur français, et elle, la journaliste de guerre allemande, sont les deux opposés. Un beau livre sur les contraires et sur comment ils se rejoignent.
Claudine nous dresse la liste de ses lectures d’été les plus importantes :
J.S. Foer – « Tout est illuminé » Elle n’a pas trop aimé ce classique du club, chouchou absolu de Dominique B.
Denis Lehane Un bon auteur de polar (« Mystic river » a été adapté au cinéma).
Gil Courtemanche – « Un dimanche à la piscine à Kigali » Sur le Rwanda, un livre très dur mais très bon, paru il y a quelques années. Bien sûr il est à la bibliothèque.
Amélie Nothomb – « Ni d’Eve ni d’Adam » Son dernier livre, sur ses amours. Peut-être l’un de ses meilleurs !
Kate Atkinson – « Les choses s’arrangent mais ça ne va pas mieux » Avec un titre pareil, forcément c’est un excellent polar.
Douglas Kennedy – « La femme du cinquième » Le 5ème c’est le 5ème arrondissement de Paris ; mais du même auteur on préfère le très remarqué « Les charmes discrets de la vie conjugale ».
Nicolas Bouvier – « L’usage du monde » (Jean-Baptiste)
Un très beau récit de voyage d’une grande tenue littéraire, qui nous emmène de
Kazuo Ishiguro – « Les vestiges du jour » (Tony)
En version originale s’il vous plaît, et avec le charme de l’accent ! C’est l’histoire ratée du valet d’un lord, effacé et incapable de rien laisser paraître de ses sentiments. Un film en a d’ailleurs été tiré.
On a parlé aussi de Jean Echenoz.
Et pour conclure, Catherine nous a présenté quelques titres phares de la « rentrée littéraire » (729 romans parus ou à paraître) parmi lesquels les derniers livres d’Alessandro Barrico, Lyonel Trouillot, Linda Lê, Andrea Camilleri (très réussi paraît-il) ou encore Marie Darrieussecq. En attendant ceux de Pierre Michon, François Bon, Yazmina Reza ou François Bégaudeau (à l’heure où je termine ce compte-rendu, ils viennent d’arriver dans nos bureaux, entre autres bonnes choses !).
Eh bien, c’était un plaisir de se retrouver et d’accueillir de nouveaux visages ! Prochain rendez-vous le samedi 13 octobre.
Il y eût d’abord des discussions autour du prix France Inter, et surtout autour des
Jean-Baptiste a bien aimé « L’explosion de la durite », de Jean Rolin, récit d’un voyage épique des banlieues parisiennes jusqu’à Kinshasa par mer, et qui en fait est une sorte d’hommage et de réécriture d’un classique, « Au cœur des ténèbres », de Joseph Conrad. De ce dernier auteur Amélie avait lu « Lord Jim », et l’avait aimé, pour la noblesse de cœur des personnes, la valeur de leur parole, et l’art subtil de Conrad, capable de vous entraîner dans une lecture palpitante grâce à un grand sens de la progression du récit.
Pour revenir à Jean Rolin, Jean-Baptiste avait beaucoup aimé « Terminal frigo » (récit de ses voyages dans les ports français), et Dominique pas du tout : serait-ce lié à une lecture masculine opposée à une lecture féminine ? Mais comme c’est Jean-Baptiste qui rédige le présent compte-rendu, on s’en tiendra à cette évidence que « Terminal frigo » est un livre... magnifique.
Emmanuel Carrère « Un roman russe » (Edith, Béatrice F.)
Ce livre n’a trouvé grâce aux yeux d’aucune de ses deux lectrices. Ennuyeux étalage impudique, prise à témoin du lecteur dans un problème familial de l’auteur qui ne concerne pas ses lecteurs... Y aura-t-il d’autres lectures plus enthousiastes de ce roman qui a reçu de bonnes critiques dans la presse ?
Pierre Guyotat « Coma » (Dominique)
Déprimant, si vous voulez broyer du noir cet été... on s’attendait que Dominique, en commençant comme ça, nous interdise de lire cet ouvrage ténébreux. Eh bien pas du tout, elle veut absolument nous faire broyer du noir sur la plage : en fait Guyotat est un écrivain de premier ordre, avec une écriture extraordinaire. Ce texte, qui a quelque chose d’initiatique, parle de son propre et douloureux accouchement, ainsi que celui de son auteur. C’est très troublant, et ça remue.
Muriel Barbery « L’élégance du hérisson » (Dominique., Edith, Isabelle)
Un bel exemple de ces livres dont le succès est assuré par le bouche à oreille. Isabelle et Dominique l’ont adoré, Edith un peu moins.
A noter que le mari de l’auteure anime un site oulipien très intéressant, avec des jeux littéraires : http://www.barbery.net/
Magda Szabo « La porte » (Adrienne, Amélie, Edith)
Passionnant, une écriture magnifique, ce roman d’une écrivain hongroise des années 60 récemment découverte en France n’en demeure pas moins mystérieux, énigmatique, ardu à comprendre, à l’instar de son personnage central, une domestique très intrigante. Où est le fond des choses ? On avait aimé, de la même auteure, « Rue Katalin » (voir comptes-rendus précédents).
Gherasim Luca par Gherasim Luca (Adrienne, Amélie)
Plus elle l’écoute plus elle l’aime, Adrienne, et elle n’en parle plus qu’avec passion ! Amélie est en train de découvrir ce poète hors normes, il est vrai que cela demande plusieurs écoutes (ce sont des textes lus par l’auteur) pour que tout prenne son sens génial. Adrienne a passé en revue tous les poèmes, du « Quart d’heure de culture métaphysique » à « Passionnément » (une extraordinaire déclaration d’amour, à mettre entre les oreilles des garçons timides). On devrait appeler « Gherasim Luca » la future médiathèque, non ?
Des renseignements sur l’auteur :
Mo Hayder « Tokyo » (Dominique)
Jean n’avait pas aimé, Dominique (pas fan de polar) non plus : on passe.
(Suit une discussion autour des critiques à la radio et dans la presse, avec lesquelles on n’est pas forcément d’accord, voir... jamais, comme Béatrice et son mari vis-à-vis du « Masque et la plume ». Mais bon, même entre nous, on n’est pas toujours du même avis, heureusement, par exemple Amélie avait trouvé ennuyeux le film « Les climats » de N. B. Ceylan, qu’en revanche Jean-Baptiste avait trouvé beau et contemplatif. Bon, puisque c’est lui, vous le savez bien, qui rédige le compte-rendu, on en conclut que c’est un film « beau et contemplatif », c’est pas plus compliqué que ça. Hum...
Souâd « Brûlée vive » (Adrienne, Amélie)
Un témoignage (vécu) sur un crime d’honneur en Jordanie. Adrienne et Amélie l’ont bien aimé. C’est un livre très demandé à la bibliothèque.
Jonathan Safran Foer « Tout est illuminé » (Catherine, Adrienne, Sonya, Dominique)
Un cas délicat. Pardon Dominique, mais il faut bien avouer que Catherine n’aime pas trop. Ecriture d’ordinateur... ah non ! Chef d’œuvre ! Adore ! Réalité trop fulgurante pour entrer dans le langage ! Ré-vé-la-tion ! Et, si je peux me permettre de l’ajouter, passion lyrique, presque mystique, de Dominique quand elle parle de cet auteur américain. (A un moment de la diatribe de Dominique, j’ai surpris Adrienne se pencher à l’oreille de Catherine pour lui demander « on parle bien du même livre ? »). A lire, donc.
Nicole Krauss « L’histoire de l’amour » (Sonya) Ne croyez pas qu’on puisse s’éloigner si vite de l’ami Foer : Nicole Krauss est son épouse... Sonya aime Foer, elle aime beaucoup Krauss. Mêmes thèmes, mêmes sujets, mêmes serruriers... mais avec un regard différent, comme une variation. Un couple qui fait parler de lui, au club.
J-C Grangé « Le serment des limbes » (Jean)
Voilà un thriller à la fois divertissant et très suggestif, mettant en scène deux brillants amis, Luc et Matthieu, l’un à la tête des stups, l’autre à celle de la crim’. Amitié, crime, mensonge, manipulation, forces obscures...
Elle a beaucoup aimé ce roman, qui est une parodie du pouvoir municipal de New York. La narratrice, fonctionnaire, est harcelée par ses supérieurs, aussi bureaucratiques qu’incompétents. Lorsqu’elle est licenciée, elle fait une drôle de rencontre : le Golem lui apparaît pour lui dire « Toi devenir maire de New York »... S’en suivent des aventures délirantes.
Hélas ce roman n’est pas dans les rayons de la bibliothèque, en attendant on trouvera d’autres titres de la même auteure : « Le châle », « Lévitation », « Un monde vacillant » et « Le rabbi païen ».
Gérard Mordillat « Les vivants et les morts » (Edith, Sonya, Dominique)
Tout le monde a adoré cette fresque du monde ouvrier frappé par les délocalisations et autres pandémies modernes. Très belles figures féminines, et un sens émouvant de l’amitié qui transparaît dans ces pages.
L’auteur est aussi celui des « Origines du christianisme », série documentaire d’abord diffusée sur Arte et maintenant disponible en DVD (dommage que la bibliothèque n’a pas de DVD !)
Daniel Odija « La scierie » (Adrienne)
Décidément, Adrienne a des coups de cœur. Ce roman, qui a pour cadre le fin fond de la Pologne immédiatement après la fin du communisme, met en scène un homme résolu à réussir et y parvenant. L’histoire en elle-même n’est peut-être pas très attractive, mais la très grande force du roman tient à son extraordinaire pouvoir d’évocation poétique. Cela donne envie de la lire quand Adrienne parle des premières pages, qui décrivent un orage, mais le décrivent d’une manière sublime.
Une très belle BD coréenne, qui met en relation les vies de femmes de la campagne avec les cycles de
Du même auteur Catherine avait apprécié « La bicyclette rouge ».
C’est peut-être une belle piste d’entrée pour qui n’a jamais trop lu de BD.
Et voilà !
Jean-Baptiste
Jean n'a guère aimé ce thriller qui nous emmène à la fois dans les bas-fonds du Tokyo contemporain, celui des yakuzas, et à Nankin, en 1937, lorsque l'armée japonaise se livre à des atrocités sur la population chinoise. N'empêche que ce qu'il en a dit nous a quand même donné envie de le lire !
Park Kun-Woong « Fleur » (Catherine)
Un manhwa coréen qui raconte, sans le moindre mot et avec un graphisme qui rappelle l'estampe, l'histoire de
Andreï Guelassimov « L'année du mensonge » (Anne)
Des phrases courtes et une action rapide' mais pour Anne, le récit est décousu, et l'humour de l'auteur tombe à plat. Dommage ! On préfère, du même auteur, « La soif » (Adrienne et Jean-Baptiste) et, du même pays, la romancière Ludmila Oulitskaïa.
Pat Conroy « Beach music » (Edith)
Sous le pavé, la plage? Car c'est un volumineux roman, comme les aime Edith ! Et c'est passionnant !
Elle a aussi beaucoup aimé :
Antoine Bello « Les falsificateurs » (Edith)
Un mystérieux organisme falsifie la réalité sans que personne n'en comprenne les raisons.
Amin Maalouf « Origines » (Edith)
Alors là ç'a carrément été le coup de foudre !
Jean-Paul Dubois « Hommes entre eux » (Edith)
Un auteur décidément très apprécié, au club des lecteurs de la bibliothèque de Romainville.
Alain Fleischer « L?amant en culottes courtes» (Edith)
C'est l'écriture surtout que Edith a aimé dans ce roman qui nous entraîne dans l'Angleterre des années 50, et dans les premiers déboires sexuels de l'auteur. Un peu trop nombriliste, n'est-ce pas Catherine ?
Stéphane Audeguy « Fils unique » (Edith)
Personne n'a aimé ce roman qui met en scène le frère énigmatique de Jean-Jacques Rousseau. alors que son précédent roman, « La théorie des nuages », avait connu plus de succès.
François Vallejo « Ouest » (Edith, Catherine, Dominique, Amélie)
Edith a été la seule à ne pas accrocher plus que ça avec cet auteur, dont le style très original et inventif lui vaut les louages de Dominique, de Catherine et d'Amélie.
Ala al-Aswani « L?immeuble Yacoubian » (Sonya)
Jean-Luc l'avait promu au rang de chef d'oeuvre, Sonya, toujours plus pondérée, l'a bien aimé. C'est le portrait de la société égyptienne d'aujourd'hui, vue à travers de nombreux personnages, qui tous, riches ou pauvres, se débrouillent comme ils peuvent pour se faire leur place. Une lecture agréable, haletante, qu'on peut prolonger en allant voir le film éponyme.
Karine Tuil « Douce France » (Sonya)
Un roman-enquête sur le centre de rétention de l'aéroport de Roissy, sur la condition des immigrés en attente d'être renvoyés dans leur pays. Ce thème rappelle à Amélie un autre livre :
Henning Mankell « Tea-bag » (Amélie)
Un écrivain est harcelé par son éditeur, qui veut absolument lui faire écrire des polars... Un roman qui n'est pas policier, par un auteur bien connu pour ses magnifiques... polars !
Gherassim Luca par Gherassim Luca (Adrienne, Jean-Baptiste)
De la poésie sonore et sonnante, à vous faire trébucher, lue par l'auteur et enregistrée sur CD. Jeux de mots et de sonorités fabuleux : Adrienne a adoré, Jean-Baptiste aussi, on attend les autres avis ! Conseil d'Adrienne : à ne pas écouter assis dans un fauteuil.
Andrea Camilleri « Privé de titre » (Adrienne)
Elle avait beaucoup aimé « La prise de Makalé », elle a été déçue par ce roman qui pourtant commençait si bien ! Qu'à cela ne tienne, l'ami Camilleri a ses adeptes au club !
Charles Juliet « L'année de l'éveil » « Lambeaux » (Adrienne, Dominique, Anne, Jean-Baptiste)
C'est devenu un classique du club, depuis qu'on l'a ressorti des rayons où il était enfermé. 1989... ça ne s'use pas en trois mois, Charles Juliet ; Dominique se souvenait de « L'année de l?éveil » comme si c'était hier, Anne non plus ne l'a pas oublié. Qui n'a pas (encore) été bouleversé par ces pages sobres et profondes ?
Didier Daeninckx « Histoire et faux semblants » (Adrienne)
Il faudrait en rediscuter?
Philippe Grimbert « La petite robe de Paul » « Un secret » (Béatrice Faure)
Béatrice F. a aimé les deux. L'auteur est un psychanalyste dont les romans convoquent le divan et ses méandres interrogatifs. Mais gare au suspens, donc on n'en dira pas plus. C'est très beau, Adrienne est du même avis !
Azar Nafisi « Lire Lolita à Téhéran » (Béatrice)
Téhéran, 1979-2003 : tous les changements dans la vie d'une femme, une professeur universitaire qui prend l'audace d'enseigner la littérature américaine, ce qui lui vaudra son poste. Un livre très intéressant où l'on voit combien la littérature peut être libératrice, à travers cette professeur qui convie en secret ses élèves à des ateliers d'écriture et de lecture, leur permettant ainsi une liberté d'expression ailleurs impensable. Et grâce à ce livre, tout comme les étudiantes qu'on y croise, Béatrice a (re)découvert les grands de la littérature américaine !
Cette perle, parue en 2004, avait échappé aux bibliothécaires, mais on devrait trouver le livre très vite en rayon.
Régis Jauffret « Microfictions » (Dominique, Jean-Baptiste)
Et pour finir, un cas, Dominique et Jean-Baptiste sont d'accord pour le trouver à la fois insupportable par sa noirceur et son pessimisme, et pourtant très intéressant, parce que symptomatique et révélateur des malaises de notre société. Jetez-y un coup d'oeil !
Prochaine séance (et dernière avant la coupure estivale) le 16 juin
