Jeudi 24 avril 2008

 

Andreï Kourkov

 

Très doué pour les langues (il en parle neuf), l’ukrainien Andreï Kourkov est l’un des chefs de file de l’actuelle littérature de langue russe. Il décrit, avec un humour corrosif à la Boulgakov, le monde post-soviétique et ses mafias, sa corruption et ses nationalismes qui s'entredéchirent... Le succès de ses romans, depuis quelques années, est international.

 

Le pingouin

Traduit du russe par Nathalie Amargier

Paris : Liana Levi, 2000

 

Le caméléon

Traduit du russe par Christine Zeytounian

Paris : Liana Levi, 2001

 

Les pingouins n'ont jamais froid 

Traduit du russe par Nathalie Amargier

Paris : Liana Levi, 2004

 

Mariana Kozyrieva

La petite fille devant la porte

Traduit du russe par Luba Jurgenson

Paris : Editions des Syrtes, 2004

Le parcours initiatique d’une petite écolière soviétique, Victoria, témoin sans le savoir de grands évènements – la terreur stalinienne, la guerre. De porte en porte, de perte en perte, le monde s’ouvre peu à peu à elle, dans toute sa beauté, dans toute son horreur. Et lorsque rien ne va plus, Victoria se met à réciter de la poésie.

 

 

Olga Lossky

Requiem pour un clou

Paris : Gallimard, 2004

Fiodor Vassilievitch vit dans un appartement communautaire en pleine période soviétique et puise ses distractions dans l’espionnage des disputes quotidiennes qui entrecoupent le silence de l’immeuble. Vieillard infirme, il vit dans un fauteuil depuis lequel il contemple un tableau naïf russe peint par son père. Le clou auquel est suspendu le tableau, et que Fiodor a retrouvé planté dans son soulier, est la promesse de bien des rêves et de bien des projets.

 

 

Vladimir Makanine

Underground ou Un héros de notre temps

Traduit du russe par Christine Zeytounian-Beloüs

Paris : Gallimard, 2002

Pétrovitch est un écrivain "underground" dont aucun livre n’a été édité sous le régime soviétique et qui n’écrit plus depuis que ce régime s’est effondré. Il est gardien dans une immense cité d’anciens appartements communaux et s’occupe de son frère Vénia, interné dans un asile psychiatrique. A travers les portraits comiques, baroques ou pathétiques des habitants de la cité, Vladimir Makanine revisite à sa façon tout un siècle de l’histoire russe.

 

 

Iouri Mamleïev

 

Auteur d’une vingtaine d’ouvrages (romans, nouvelles, théâtre, philosophie), qui ont influencé toute la jeune génération des auteurs russes les plus connus aujourd’hui, Iouri Mamleïev, né en 1931, a connu les affres de l’exil. Aujourd’hui il poursuit une œuvre étonnante, baroque, spirituellement kitsch, et cocasse, emprunte de métaphysique et sans âge.

 

 
Chatouny
Traduit du russe par Anne Coldefy-Faucard

Paris : Serpent à plumes, 1998 (réédition)

 Fiodor ne fait pas seulement peur, il tue aussi, avec les mains, à coups de hache, par haine du bonheur, aussi parce que cet adepte de la métaphysique "est intéressé par la vie des cadavres". Fiodor n'est pas le seul déjanté de ce roman loufoque, baroque et satirique, il y a autant de monstres que de mondes parallèles dont chacun tente de percer les secrets (le culte du moi remporte les suffrages). On y croise un autophage qui dévore ses verrues, une nymphomane qui se réchauffe le bas-ventre avec des oisons, un vieux croyant, un petit grain dans la tête, mué en cocotte...

Cette balade dans une URSS délabrée et sans âge, vaste terrain vague où les âmes cherchent vainement refuge a laissé un profond sillage dans le paysage littéraire russe d’aujourd’hui.

 

Les couloirs du temps

Traduit du russe par Anne Coldefy-Faucard

Paris : Serpent à plumes, 2004

Des intellectuels, reconnus du temps de l’URSS et oubliés de la nouvelle Russie, se sont réunis pour vivre dans un souterrain près de Moscou. Ces « héros » délirants sont perdus dans des songes où l’au-delà et l’ici-bas se confondent. Le monde des morts et celui des vivants n’a plus pas de frontières précises, le temps « erre » avec les personnages qui passent sans transition d’une époque à une autre.

 

 

Ludmila Oulitskaïa

 

Née en 1943, Ludmila Oulitskaïa se consacre tôt à l’écriture, mais il lui faudra attendre la fin du communisme pour être publiée. Depuis, elle est devenue un des auteurs russes les plus importants de sa génération. Sa maîtrise de la matière romanesque est étonnante.

 

Sonietchka 

Traduit du russe par Sophie Benech

Paris : Gallimard, 1996  

La vie d'une jeune femme lumineuse et pure qui puise son bonheur dans la lecture et la solitude.

 

Médée et ses enfants

Traduit du russe par Sophie Benech

Paris : Gallimard, 1998

 

De joyeuses funérailles

Traduit du russe par Sophie Benech

Paris : Gallimard, 2001

 

Le cas du docteur Koukotski

Traduit du russe par Sophie Benech

Paris : Gallimard, 2003 

Le docteur Koukotski a un don : à chaque fois qu'il examine ses patients, il a une vision du mal dont ils souffrent. Ce don disparaît dès qu'il a des relations sexuelles. Il épouse Eléna et le don reste grâce à son amour. Mais les temps heureux ne durent pas...

 

La maison de Liala

Traduit du russe par Bernard Kreise

Paris : Gallimard, 2004

 

Un si bel amour et autres nouvelles

Traduit du russe par Sophie Benech

Paris : Gallimard, 2003

 

 

Viktor Pelevine

 

Véritable phénomène littéraire en Russie, Viktor Pelevine, né en 1962 à Moscou, n’est plus un inconnu pour le public français. Cet auteur déjanté, à l’imagination débordante, pas vraiment tendre à l’égard des  nouvelles élites russes, incarne une certaine modernité littéraire russe.

 

L'ermite et Sixdoigts

Traduit du russe par Christine Zeytounian-Beloüs

Nîmes : Chambon, 1997

Deux personnages se rencontrent et devisent sur le sens de la vie et l'organisation du monde. Un monde bien étrange, mais quand on découvre qu'il s'agit de deux poulets dans un élevage industriel...

 

La mitrailleuse d'argile

Traduit du russe par Galia Ackerman et Pierre Lorrain

Paris : Seuil, 1997

Une vertigineuse machine, un roman à la fois rocambolesque et philosophique.

 

Un monde de cristal

Traduit du russe par Galia Ackerman et Pierre Lorrain

Paris : Seuil, 1999

Six nouvelles qui mènent le lecteur à travers une Russie hallucinée où passé et présent, rêve et réalité, vie et mort se mêlent.

 

Homo zapiens

Traduit du russe par Galia Ackerman et Pierre Lorrain

Paris : Seuil, 2001

Vova, déboussolé par l’effondrement de l’URSS, entre par hasard dans le monde des nouveaux maîtres, celui de la publicité, des mafias, de l’argent… Là encore, le réalisme le plus sordide côtoie la loufoquerie la plus délurée. La Russie serait-elle devenue une nef des fous ? Mais ne s’agit vraiment que de la Russie ?

 

 

Youri Rytkhèou

Unna

Traduit du russe par Yves Gauthier

Arles (Bouches-du-Rhône) : Actes Sud, 2000

A travers la vie d’Unna, jeune fille de la toundra précocement russifiée, sédentarisée et convertie aux valeurs soviétiques, c’est le destin des Tchouktches, un peuple du détroit de Béring, qui est évoqué ici.

 

 

Olga Slavnikova

L'immortel : histoire d'un homme véritable

Traduit du russe par Christine Zeytounian-Beloüs

Paris : Gallimard, 2004

Vétéran de la Seconde Guerre mondiale, A. Kharitonov est grabataire et ne communique plus avec sa femme Nina et la fille de celle-ci, Marina, qui touchent sa pension. Quand l'Union soviétique disparaît, Marina, redoutant que ce changement soit fatal au vieil homme, entretient l'illusion de l'ancien régime avec la complicité d'un technicien et à l'aide d'émissions de l'ancienne télévision d'Etat. Ce roman tragi-comique frappe par sa densité et son élégance ; il valu à son auteure les éloges unanimes de la critique.

 

 

Maria Soudaïeva

Slogans

Traduit du russe par Antoine Volodine

Paris : L’Olivier, 2004

Maria Soudaïeva décrit un monde soumis au chaos et à la plus extrême violence. D’où viennent les voix barbares dont elle reproduit prières, slogans, appels et exhortations ? Une plongée dans l’indéfinissable, en 343 slogans.

 

Tatiana Nikitichna Tolstoï 

Billets d'humeur incorrects

Traduit du russe par Marianne Gourg

Paris : Robert Laffont, 2002 (Domaine de l'Est)

D'une voix à la fois tendre et moqueuse, Tatiana Tolstoï – à ne pas confondre avec la fille de Léonid - mêle considérations prosaïques, souvenirs personnels et culture, et emplit le quotidien de réminiscences littéraires, artistiques, poétiques pour poser sur le monde un regard acéré et inattendu.

 

 

Douze écrivains russes (Les belles étrangères 2004)

Arles (Bouches-du-Rhône) : Actes Sud, 2004

Avec de courts textes de Ludmila  Oulitskaïa, Nikolaï Chadrine, Andreï Guelassimov, Leonid Guirchovitch, Natalia Jouravliova, Nikolaï Kononov, Ilya Kotcherguine,  Iouri Mamleev, Vera Pavlova, Lev Rubinstein, Olga Sedakov, ainsi qu’un extrait de la très recommandable Bande Dessinée « Une jeunesse soviétique », de Nikolaï Maslov.

 

 

Une surprise de la BD russe 
 

Nikolaï Maslov

Une jeunesse soviétique

Traduit du russe par Veronika Dorman et Anne Coldefy-Faucard

Préface d’Emmanuel Carrère

Paris : Denoël, 2004

Nikolaï Maslov, autodidacte, a entrepris de raconter sa vie en bande dessinée… Le résultat est un stupéfiant OVNI graphique, irremplaçable témoignage sur l’effondrement d’un empire, minutieuse description d’un pays à la beauté farouche pris entre un ennui métaphysique et le vertige du vide.

Cet album parfaitement inattendu, rejoignant la tendance très actuelle du bio-documentaire, est un véritable évènement.

 

 

Poètes russes d’aujourd’hui

 

Vera Pavlova

L’animal céleste

Traduit du russe par Jean-Baptiste et Hugo Para

Chauvigny (Vienne) : Escampette, 2004

Cette anthologie présente l’œuvre de Vera Pavlova, jeune musicienne, musicologue et poétesse, considérée en Russie comme l’un des poètes majeurs de sa génération.

 

 

Lev Rubinsteïn

« Cette fois-ci… » - « На этот раз… »

Traduit du russe par Hélène Henry (bilingue)

 La Rochelle (Charentes Maritimes) : Rumeur des âges, 2004

Aujourd'hui journaliste, chroniqueur amusé et perspicace de la « nouvelle Russie », il forma à Moscou, au milieu des années 1970, une nouvelle avant-garde inventive et insolente. Son travail, largement reconnue en Russie, a trouvé son public grâce à ses lectures-performances, à la publication de deux recueils et à la mise en voix de ses textes au théâtre.

 

Olga Sedakova

Le voyage en Chine et autres poèmes

Traduit du russe par Léon Robel et Marie-Noëlle Panne

Paris : Caractères, 2004

Cinq recueils profondément originaux, aux vers libres, d’une figure de proue de la poésie russe contemporaine. Se rattachant à ce qu'on appelait, en Union soviétique, la "seconde culture", ses poèmes ont d'abord circulé sous forme de samizdat. Olga Sedakova a depuis reçu de nombreux prix de poésie.

 

Olga Sedakova
Eloge de la poésie

Traduit du russe par Ghislaine Capogna Bardet

Lausanne (Suisse) : L’Age d’homme, 2001

 

 

 

Deux enfants terribles du théâtre contemporain

 

Evgueni Grichkovets

En même temps

Traduit du russe par Arnaud Le Glanic

Besançon (Doubs) : Les Solitaires intempestifs, 2003

Monologue ininterrompu d’un homme qui exprime sa déception face à une découverte de taille : l’organisation du monde est différente de celle qu’il avait imaginée.

 

Evgueni Grichkovets
Comment j’ai mangé du chien

Traduit du russe par Arnaud Le Glanic

Besançon (Doubs) : Les Solitaires intempestifs, 2002

Un marin russe reprend les évènements de sa vie.

 

Vladimir Sorokine

Dostoïevski trip

Traduit du russe par Tania Moguilevskaia et Gilles Morel

Besançon (Doubs) : Les Solitaires intempestifs, 2001

« Comment sortir du manque ? Du Kafka ? Je demande au dernier : du Kafka‚ du Joyce ?... Du Tolstoï‚ il dit. C'est quoi‚ je demande. De la bombe‚ il me dit. J'en prends. D'abord‚ rien de bien spécial. Un peu comme du Dickens‚ ou du Flaubert avec du Thackeray‚ et puis... bon... bon... vraiment du bon‚ un kif vraiment fort‚ large‚ une putain de puissance‚ mais alors après... après‚ vraiment l'horreur ! L'horreur ! (Il fait une grimace.) Même Simone de Beauvoir m'a pas fait autant de mal que Tolstoï. (…) »

 

PS : Signalons aussi notre petite collection de textes bilingues français-russe, avec un choix d'auteurs classiques : Isaac Babel, Boulgakov, Dostoïevski, Gogol, Lermontov, Mandelstam, Pouchkine, Tchekhov, Tolstoï, Tourgueniev et Tynianov. 


Mercredi 23 avril 2008

Les Etats-Unis sont la première terre d’élection du roman policier. Edgar Allan Poe est souvent considéré comme l’initiateur de genre avec ses nouvelles à énigme telles que « Double assassinat dans la rue Morgue ». Hollywood a aussi contribué à la légende en adaptant au cinéma nombre de polars, et en en faisant un genre cinématographique à part entière, grâce à son succès populaire. Le contexte des années vingt, avec la naissance du grand banditisme, est propice au développement de cette littérature

Après la seconde guerre mondiale, la naissance du « paper back », le livre de poche, de nombreux auteurs font leurs armes dans le genre policier/noir grâce à ce format bon marché. La nouvelle et le roman policiers profitent de cette vogue pour s’élever dans l’échelle des ventes et de la reconnaissance.

 

Il est impossible de citer ici tous les auteurs américains tant il y en a. Voici donc une sélection des meilleurs d’entre eux.

 

 

 

Avec Dashiell Hammett (1894-1961) a lieu une rupture dans l’univers de la littérature policière américaine : on passe du roman policier au roman noir.

Dashiell Hammett commence sa carrière comme détective privé, métier qu’il abandonne à cause d’une tuberculose qui l’affaiblit, et d’une inclinaison de son employeur, intolérable pour lui, à l’utiliser comme briseur de grève. Il puisera l’essentiel de ses œuvres dans son expérience, avec le personnage d’Op, détective, que l’on retrouve dans plusieurs romans et nouvelles.

(La moisson rouge, Le faucon de Malte, La clé de verre, Histoires de détectives, La mort, c’est pour les poires…)*

 

 

Chester Himes (1909-1984) a commencé à écrire en prison. Issu d’une famille de la petite bourgeoisie noire, il est arrêté à la suite d’un cambriolage malheureux. Inspiré par ses lectures carcérales, il écrit d’abord pour témoigner du sort réservé aux Noirs, puis encouragé par Marcel Duhamel, son traducteur français (créateur de la Série noire), il se lance avec succès dans le roman. Il crée alors les personnages récurrents d’Ed Cercueil et Fossoyeur Jones, deux policiers noirs qui évoluent dans un Harlem haut en couleurs. Ses livres d’abord plein d’humour se font au fil du temps de plus en plus pessimistes et désespérés en ce qui concerne la cause noire.

(La reine des pommes, S’il braille, lâche-le !, Qu’on lui jette la première pierre, Dare-dare, Faut être nègre pour faire ça…)*

 

 

Edward Bunker (né en 1933) a survécu à une enfance malheureuse, après la séparation de ses parents et de multiples séjours en maisons de correction, écoles militaires et pénitenciers. Autodidacte de l’écriture, il écrit sans complaisance des histoires d’enfants meurtris par la brutalité et l’irrespect dans un univers carcéral où ils sont soumis à la loi du plus fort.

(Aucune bête aussi féroce, La bête au ventre)

 

James Sallis : auteur très intéressant sur le plan littéraire, il est quasiment inconnu aux USA et fait toute sa carrière en France. L’action du « Frelon noir » se déroule à la Nouvelle Orléans, où un lourd passé raciste constitue la trame des évènements. James Sallis est aussi biographe biographe de Chester Himes.

(Le frelon noir)

 

Jerome Charyn est né en 1937 dans l’East Side new-yorkais, un quartier pauvre où se mêlent Juifs et Italiens. Il vit à Paris depuis une quarantaine d’années, mais n’écrit que sur sa ville natale, la « grosse pomme »., et des histoires de gangsters. Sa trilogie « Zyeux bleus », « Kermesse à Manhattan », et « Marilyn la dingue » est faite d’histoires à la fois drôles et déjantées. Il la transforme en tétralogie avec « Isaac le mystérieux », dans lequel on retrouve les aventures d’Isaac Sidel, le superflic de New York. Il est l’auteur de scénarios de bandes dessinées qui ont également NY pour décor.

(Kermesse à Manhattan, Le cygne noir, Darling Bill, Elseneur, Frog)*

 

James Ellroy (né en 1948 à Los Angeles) a été traumatisé par le meurtre de sa mère, resté mystérieux, alors qu’il avait dix ans. Après une jeunesse mouvementée (drogue, alcool, délinquance, cambriolages, prison…) il se lance dans la littérature policière et publie « Brown’s requiem » puis « Clandestin » où il évoque l’affaire du Dahlia noir. On retrouve ses démons personnels dans ses différents romans, qui se passent à Los Angeles. Mais c’est dans « Le dahlia noir » qu’apparaît réellement l’affaire du meurtre d’Elizabeth Short, en 1947, histoire qui défraya la chronique aux USA pendant longtemps, et qui ressemble en tous points au meurtre de sa propre mère. E. Short fut violée et torturée avant d’être assassinée par un tueur en série.

Dans les romans suivants, toutes les situations mêlant le crime d’Etat au crime crapuleux se rencontrent, dans des scénarios complexes mettant en scène des personnages réels et fictifs.

Ajoutons que dernièrement, un policier américain du nom de Steve Hodel a résolu l’énigme du Dahlia noir, en découvrant les carnets intimes du tueur qui n’était autre que son père… Son livre, « L’affaire du dahlia noir » est disponible à la bibliothèque auprès de ceux d’Ellroy (cote 818 ELL).

(Tétralogie. Le dahlia noir, Le grand nulle part, L.A.Confidential, White jazz ; Ma part d’ombre)* 

 

Ed Mac Bain vient de publier « Le frumieux bandagrippe », dernier épisode des aventures du commissariat du 87e district d’une ville imaginaire. Il est l’inventeur d’un nouveau type de héros, car ce n’est pas un personnage unique (policier, détective…) habituel mais tout un commissariat qu’il met en scène. Scénariste de cinéma, il a notamment participé au scénario des « Oiseaux » de Hitchcock et pour la télévision.

(Pas d’avenir pour le futur, Manhattan blues, Downtown, Mourir pour mourir, L’énervé de la gachette)*

 

George Pelecanos, fils d’immigrants grecs, répercute ses origines à travers son personnage de Nick J. Stefanos, détective privé officiant à Washington. Capitale des Etats-Unis, c’est surtout sous ses aspects les plus noirs (dans tous les sens du terme, puisque 75% de la population est noire) qu’il la décrit, avec ses quartiers délabrés et sa violence.

(Blanc comme neige)

 

Michael Connelly est un écrivain de la côte Ouest, mais aussi un journaliste qui s’est spécialisé dans le fait divers. Il a obtenu le prestigieux prix Pulitzer pour ce travail. Inspiré par le cinéma, il en est aussi un inspirateur puisque son personnage Harry Bosch a été interprété par Harrison Ford et plusieurs de ses livres ont été adaptés entre autres par Clint Eastwood. Installé à Los Angeles, il y trouve un terrain propice à toutes sortes d’intrigues criminelles.

(Les égouts de Los Angeles, Le poète, L’envol des anges, Créance de sang, Los Angeles River)*

 

Dennis Lehane est un ami de George Pelecanos et de Michael Connelly. Ses héros, un couple de détectives privés, Patrick Kenzie et Angie Gennaro, officient à Boston. Amitié, amour, trahison, culpabilité, vengeance, corruption politique sont parmi ses thèmes favoris. Mystic River, son meilleur livre, a été adapté au cinéma par Clint Eastwood.

(Mystic river)

 

Tony Hillerman utilise le roman policier pour défendre la culture indienne. Le lieutenant navajo Joe Leaphorn mène l’enquête en territoire indien, en plein Arizona. C’est aussi l’occasion de découvrir les traditions menacées du peuple navajo.

(Coyote attend, Là où dansent les morts, Le premier aigle)*

 

Il existe également une école américaine de roman policier « anglais ». Des femmes, essentiellement, ont choisi de situer leurs intrigues en Angleterre, en Irlande, dans le Royaume-Uni. Ainsi, Martha Grimes, qui fut poétesse avant de se lancer dans le polar, situe ses premiers romans en Angleterre. Son principal personnage récurrent, Richard Jury, est un inspecteur malheureux en amour mais doué pour la résolution des enquêtes, et doté de collaborateurs assez pittoresques…

 

Elizabeth George a situé son dernier roman à Guernesey, une petite île anglo-normande proche des côtes françaises, après en avoir placé d’autres en Angleterre ou en Ecosse.

(Le lieu du crime, Un petit reconstituant, Mémoire infidèle, Un nid de mensonge)

Mercredi 23 avril 2008

 

Rappelons d’abord la grande vigueur littéraire du Sud du Rio Grande. S’il est vrai que la littérature européenne du XIXème siècle a exercé une profonde influence en Amérique latine, notamment avec le courant fantastique (voir les contes de Maupassant), il n’en demeure pas moins qu’une littérature puissamment originale s’y est affirmée. La deuxième moitié du XXème siècle en a vu la consécration, et aujourd’hui Jorge Luis Borges, Mario Vargas Llosa, Octavio Paz, Carlos Fuentes ou Gabriel Garcia Marquez sont quelques uns des noms universels que l’Amérique latine a donné à la littérature mondiale.

En France, c’est Roger Caillois qui en a lancé le goût, il y a une quarantaine d’années, avec sa fameuse collection « La croix du Sud ». Les éditions du Seuil ont repris ce travail, en publiant les œuvres majeures du réalisme magique, un courant qu’illustre avec brio Gabriel Garcia Marquez. Aujourd’hui, il faut noter l’importance des éditions Métailié, qui proposent de très nombreuses traductions, généralement d’excellente qualité. C’est dans ce sillage, mais plus récemment, que les lecteurs francophones ont pu connaître les grands noms du polar latino-américain, pour en revenir à lui.

            Nous vous proposons ici un panorama du genre, pays par pays.

           
(Le symbole * indique que d’autres titres sont disponibles à la bibliothèque.)

  

Mexique

 

Quand il donne à ses intrigues un arrière-fond politique, PACO TAIBO IGNACIO II sait de quoi il parle… De parents espagnols ayant fui le franquisme, il a connu quelques déboires avec le régime de l’omnipotent Parti Révolutionnaire Institutionnel, qui manifestement n’appréciait guère ses prises de positions (on lui doit d’ailleurs une biographie très documentée sur Che Guevara). Poursuivi jour et nuit, il devait alors se cacher chaque soir chez un ami différent.

Aujourd’hui installé en France, il est, à l’instar d’un Luis Sepulveda, un raconteur d’histoires. Grand admirateur d’Alexandre Dumas, il aime faire apparaître les trois mousquetaires dans ses romans, également peuplés d’autres personnages célèbres, venant de divers horizons temporels ou géographiques. Le polar est pour lui une façon de dénoncer les travers sociaux et politiques de son pays : violence, corruption, machisme, trafics de drogues…Il n’est pas exagéré de le présenter comme l’un des plus grands auteurs de polar au monde.

(Même la ville sous la pluie, La bicyclette de Léonard, Deux histoires de l’Araignée, Jours de combat, Pas de fin heureuse…)*

 

            RAFAEL BERNAL, avec Le complot mongol, un roman à la fois historique, d’espionnage et policier, dénonce lui aussi la corruption politique. Il est mort dans un accident d’avion, avec d’autres auteurs, alors qu’il se rendait à un salon du polar, en 1983.

 

            Avec dérision et parfois nostalgie, JORGE  IBARGüENGOITA pratique un humour noir dans des romans où la charge politique est souvent placée dans une perspective historique.

(Ces ruines que tu vois, Les mortes, Les conspirateurs, Deux crimes)

  

Argentine

           

Autre paradis du polar, l’Argentine est aussi la patrie de très grands écrivains, tels que JORGE LUIS BORGES. On peut d’ailleurs considérer celui-ci comme le père fondateur du roman policier latino-américain, même s’il est plus connu pour ses courtes nouvelles pleines d’érudition, d’un genre bien différent. Créateur de la collection « Le 7e cercle », il a écrit à quatre mains, avec son compatriote ADOLFO BIOY CASARES, sous le pseudonyme d’HONORIO BUSTOS DOMECQ, un classique du roman policier : Six problèmes pour Don Isidro Parodi, paru en 1942, dans lequel un ancien coiffeur, emprisonné pour un meurtre qu’il n’a pas commis, résout des énigmes qu’on lui apporte depuis l’extérieur.

 

            Les romans de MANUEL PUIG sont très marqués par une esthétique cinématographique, comme on s’en apercevra en lisant le très beau Baiser de la femme araignée (adapté au cinéma par Hector Babenco).

(Le plus beau tango du monde,  Les mystères de Buenos Aires)

 

            ELSA OSORIO, dans Luz ou le temps sauvage, raconte l’histoire d’une jeune femme qui mène une enquête sur ses origines. Elle découvre qu’elle est la fille d’une militante de gauche assassinée et qu’elle a été adoptée par un dignitaire de la dictature argentine. Le roman aborde de cette façon la tragédie argentine à l’époque du pouvoir militaire et ses conséquences aujourd’hui.

 

            MARCO DENEVI situe ses polars aux limites du fantastique et plonge Buenos Aires dans une atmosphère étrange.

(Cérémonie secrète, Musique d’amour perdu, Rosa, ce soir…)

 

            ROLO DIEZ est l’auteur de romans policiers plein d’humour, de facture plutôt classique, avec braqueurs de banques et malfaiteurs divers, policiers ripoux et trafics en tous genres.

(Vladimir Illitch contre les uniformes, Chats de gouttière, Poussière du désert, In domino veritas, Lune d’écarlate, Le pas du tigre)

 

JORDI BONELLS, catalan ayant longtemps vécu en Argentine, est poète et romancier, également collaborateur de la revue Passages d’encre dont les locaux se situent à Romainville. Il est l’auteur de La deuxième disparition de Majorana, dans lequel un enquêteur rencontre de nombreux auteurs argentins. En plus de son intrigue policière, ce roman est une source intéressante pour qui veut connaître ces écrivains.

 

Horacio Quiroga, uruguayen mort en Argentine en 1937, est l’auteur de nombreux recueils de contes dont l’univers est la forêt tropicale envahissante et mystérieuse. Outre de nombreux livres pour enfants, il nous a offert aussi des nouvelles à la fois fantastiques et policières.

(Anaconda, Contes d’amour, de folie et de mort, Les exilés, Au-delà, Le désert…)

 

            CARLOS SAMPAYO, scénariste de bandes dessinées, amateur éclairé de jazz (il a écrit plusieurs ouvrages sur le sujet), est né en Argentine et vit en Espagne. Il a récemment publié L’année où le lion s’est échappé, roman noir qui se passe dans le Buenos Aires des années 50, où règnent violence et péronisme.

(Remontée d’égout, En panne seiche)

 
 

Pérou

 

MARIO VARGAS-LLOSA, célèbre romancier, mais pas spécialement auteur de polars, a écrit quelques livres dans un style assez proche du genre, tel que  Qui a tué Palomino Molero ? Il y utilise la structure du roman policier pour parler de la société péruvienne.

 

 

Chili

 

RAMON DIAZ ETEROVIC est connu en France pour deux de ses romans : La mort se lève tôt et Les sept fils de Simenon, dans lesquels un détective privé généralement  fauché et alcoolique revient enquêter, soutenu par son chat Simenon…

 

JOSE DONOSO est l’auteur de plusieurs romans qui ne sont pas particulièrement considérés comme des polars, mais qui par leur noirceur peuvent néanmoins plaire aux amateurs du genre.

(Casa de campo, Le couronnement, Ce dimanche-là, Ce lieu sans limite, L’obscène oiseau de la nuit…)

 

MAURICIO ELECTORAT vit à Paris. C’est là qu’il situe son premier polar : Le paradis trois fois par jour, un Chilien, Alfredo Martin, est veilleur de nuit dans un hôtel de Montparnasse. Ses problèmes commencent le jour où il comprend que son amie consomme et vend de la cocaïne.

  

Colombie

 

JORGE FRANCO RAMOS décrit dans La fille aux ciseaux les bas-fonds de Medellin à travers les aventures de deux adolescents bourgeois. Avec Pareiso travel, il est question des affres des candidats à l’exil clandestin vers les Etats-Unis.

  

Cuba

 

La Havane est en soi un décor de cinéma mythique, propice à toutes les histoires policières. Un vrai terroir naturel du polar ! C’est donc surtout dans la capitale que les auteurs de polars cubains situent leurs intrigues. Du fait de l’exil et de la nombreuse communauté cubaine qui s’y trouve, Miami est devenue un autre lieu de référence pour la riche littérature policière de cette île pas comme les autres.

 

CAROLINA GARCIA-AGUILERA vit aux Etats-Unis. Ses romans sont dominés par un personnage de détective récurrent, une femme nommée Lupe Solano, qui enquête dans les milieux cubains exilés.

(Bloody secrets, Miracle au paradis, Coup de chaud à la Havane)

 

LEONARDO PADURA FUENTES a inventé le personnage de Mario Conde, ancien policier devenu écrivain. On le retrouve dans la tétralogie Les quatre saisons (Vents de carême, Electre à la Havane, L’automne à Cuba, Mort d’un chinois à la Havane). Ses romans offrent un aperçu précis et éclairant des réalités sociales à Cuba aujourd’hui.*

 

Le chilien ROBERTO AMPUERO vit depuis longtemps à la Havane. Au gré de ses romans, il promène son détective, Cayetano Brulé, un peu à travers le monde.

(Boléros à la Havane, Le rêveur de l’Atacama, L’affaire Kustermann)

 

DANIEL CHAVARRIA s’est installé à Cuba après avoir détourné un avion pour y arriver… Il est l’auteur de romans d’une intelligence éblouissante, où s’entrecroisent le thriller, le roman picaresque et le récit d’aventures, et dont les intrigues enjambent allègrement les continents et les siècles.

(Madrid, cette année là, La sixième île, L’œil de Cybèle, Un thé en Amazonie, Boomerang –écrit avec Justo Vasco-, Le rouge sur la plume du perroquet)

 

            JUSTO VASCO né à Cuba, vit aujourd’hui à Gijon en Espagne (où à lieu un festival très important du roman policier). L’œil aux aguets est son deuxième roman publié en France, après celui qu’il a coécrit avec D.Chavarria.

 

            JOHN LANTIGUA a exercé tout les métiers (ou presque), mais surtout celui de journaliste aux Etats-Unis où il est né, de parents cubain et portoricain. Les cubains-américains sont au cœur de Le meilleur des havanes, qui se passe dans Little Havana, à Miami.

 

ALEX ABELLA, parti aux Etats-Unis alors qu’il était encore enfant, y est devenu un journaliste reconnu et un auteur dramatique, avant de se lancer dans le polar avec Le massacre des saints, où il met en scène des exilés cubains et leurs problèmes identitaires. (Le dernier acte)

 

 

Brésil

 

            Même si, de longue tradition, le Brésil est une terre d’écrivains, rares sont les auteurs de romans policiers. Cela reste une énigme. Signalons tout de même deux auteurs brésiliens de polars : Hosmany Ramos  (Marginalia) et Aguinaldo Silva (La république des assassins). Le premier a écrit  Marginalia  alors qu’il était en prison. Il s’agit d’un recueil de nouvelles sur le milieu carcéral. Le second, journaliste, scénariste et écrivain vient de publier ce deuxième roman dans lequel se confrontent petits trafiquants et grandes organisations criminelles.



Mercredi 23 avril 2008

Paris Commune, 1871

 


Histoire générale de la Commune

 

 

René Bidouze
72 jours qui changèrent la cité

Temps des cerises, 2001

Un essai historique sur le fonctionnement des institutions durant la Commune. Celle-ci a aussi été  l’expérience passionnante d'une autre pratique municipale et de gestion des services publics, et il s'y est inventé quelque chose qui devait profondément marquer l'histoire de la démocratie et de la fonction publique en France.


du même auteur :
La Commune
de Paris telle qu’en elle-même : une révolution sociale aux avant-postes de la République

Temps des cerises, 2004

 

Henri Lefebvre

La Proclamation de la Commune

Gallimard, 1965

 

Alain Plessis

De la fête impériale au mur des fédérés : 1852-1871

Seuil, 1973 (Points Histoire)

 

Jacques Rougerie

Paris libre 1871 

Seuil, 1971

« Le personnage principal de ce livre est la Ville, la ville insurgée, « Paris libre » comme on dit en 1871. La ville, au-delà de ses habitants et de leurs classes, ou presque. »


du même auteur : 

Procès des communards