Prochaines dates...

Histoires à s'en retourner les oreilles - contes, avec Julien Tauber
Mercredi 14 mai à 10h à l'espace Cachin
                                                         
                        Club des lecteurs le samedi 17 mai à 10h

Samedi 29 septembre 2007

La bibliothèque vous propose…

l'atelier  de  poésie

Animé par Bruno Grégoire, poète.

 

 

 

"Il s’agira d’abord de se rencontrer, d’être à l’écoute de ce que chacun envisage dans le mot poésie. Et à partir de là, d’extraire de nous, non pas ce que nous considérions jusqu’ici comme poésie, mais ce que nous découvrons au fur et à mesure du travail, comme une autre possibilité de la poésie.

Formellement, je ferai une proposition d’écriture différente par séance, en m’adaptant aux désirs et besoins de chacun.

En fin de séance, les textes obtenus seront lus et commentés ou non par les uns et les autres.

Il est demandé, comme une entrée en matière…, d’amener pour la première séance un poème de son choix.

Une ou deux fois, une comédienne viendra nous aider pour nous préparer à l’oralité."

 

Inscriptions à la bibliothèque.

 Les 10 séances auront lieu à la bibliothèque, un samedi matin sur deux de 10h à 12h.

 

Voici les dates prévues :

20 octobre 2007

3 novembre 2007

17 novembre 2007

15 décembre 2007

12 janvier 2008

26 janvier 2008

9 février 2008

23 février 2008

8 mars 2008

22 mars 2008

Tout public ados/adultes :

l'atelier est ouvert à tous -

dans la limite des places disponibles !

par Biblioth�que municipale publié dans : Animations
Samedi 29 septembre 2007

Que ce soit dimanche ou lundi

Soir ou matin minuit midi

Dans l’enfer ou le paradis

Les amours aux amours ressemblent

C’était hier que je t’ai dit

Nous dormirons ensemble

C’était hier et c’est demain

Je n’ai plus de toi de chemin

J’ai mis mon cœur entre tes mains

Avec le tien il va l’amble

Tout ce qu’il a de temps humain

Nous dormirons ensemble

Mon amour ce qui fut sera

Le ciel est sur nous comme un drap

J’ai refermé sur toi mes bras

Et tant je t’aime que j’en tremble

Aussi longtemps que tu voudras

Nous dormirons ensemble.

Louis AragonLe fou d’Elsa (1963) 

 

par Biblioth�que municipale publié dans : Poème du mois
Mardi 18 septembre 2007

 

Gao Xingjiang – « La montagne de l’âme » (Jean-Baptiste)

 

Un livre-somme, un livre que traverse la vie toute entière… Ce roman du prix Nobel 2000 de littérature mélange les genres : récit d’un voyage au cœur de la Chine profonde, il abonde en digressions sur l’amour, l’érotisme, l’écriture, les obsessions de l’auteur, et fourmille de petites histoires, de légendes, de mythes. Récit initiatique débordant la chronologie linéaire, et où la quête de soi partout est à l’œuvre, il fait alterner les voix, à travers le « je » et le « tu », comme un dialogue de l’auteur avec lui-même. Jean-Baptiste, qui vient de le lire, l’a adoré. Sa lecture n’est pas très simple, surtout au début, ce qui fait que Tony n’a pas pu le lire en entier, et pour Claudine les tendances narcissiques de l’auteur sont un peu lourdes.

 

 

Haruki Murakami – « Kafka au bord du rivage » (Aline)

Ce roman japonais à l’ambiance fantastique, kafkaïenne, entre en résonance avec le précédent. Les chapitres alternent les époques et les personnages, pour nous faire pénétrer un univers métaphorique et complexe, entre réel et irréel, vie et mort. Il y est question de voyance, et l’objet de la quête qui traverse le récit - la mystérieuse « pierre plate » - se trouve à « l’entrée », c’est-à-dire à la fin du livre : à la frontière entre le monde des vivants et celui des morts. On vous le promet : ce roman troublant figurera bientôt dans les rayons de la bibliothèque, et chacun pourra s’en faire son idée.

 

Ces deux livres qui télescopent allégrement les temps en rappellent un autre, qui fût l’objet de discussions l’année dernière : « Tokyo » de Mo Hayder, lu par Jean et Dominique.

 

 

Jonathan Littell – « Les bienveillantes » (Dominique)

 

Décidément l’ambiance était aux livres dérangeants, et il a fallu plus de 2 mois à Dominique pour lire ce best-seller qui nous met face à la banalité du mal, dans la peau d’un fonctionnaire nazi. Dominique avait des a priori négatifs, mais elle ne regrette pas sa lecture, loin de là. A petites doses et avec du temps, nous conseille Dominique. On pense aussi au film de Nicolas Klotz, actuellement sur les écrans, « La question humaine » (neutralité des chiffres, froideur du langage, brrr…). Ce roman en rappelle un autre à Claudine : « La mort est mon métier », de Robert Merle, qui retrace l’itinéraire d’un nazi.

Françoise Chandernagor – « La voyageuse de nuit » (Adrienne, Jean)

 

Le dernier roman de Chandernagor a pour thème essentiel la fratrie. Autour de leur mère en fin de vie, quatre sœurs se dévoilent, livrent leur avis divergents, interagissent. Adrienne n’en n’a pas raffolé, Jean est en train de le lire et aime bien.

 

 

Muriel Barbery – « L’élégance du hérisson » (Sonya)

Déjà un classique du bouche à oreille. Les premiers mots de Sonya : « très drôle ! ». Dans une ambiance très parisienne, une concierge pas séduisante du tout, très cultivée et fort soucieuse de n’en rien laisser paraître, devient l’amie d’une gamine très perspicace qui rédige son journal intime. En filigrane apparaissent les références culturelles des habitants de l’immeuble. Un roman ouvert, intelligent et plein de drôlerie. Recommandé !

 

 

Magda Szabo – « La porte » (Béatrice)

Magda Szabo est une écrivain hongroise des années 50-60 dont on découvre actuellement l’œuvre somptueuse en France (et donc au club des lecteurs, voir les comptes-rendus des précédentes séances). L’héroïne est une vieille dame qui, dans son quartier, est un personnage clé, qui fait en sorte que tout le monde ait besoin d’elle. Elle sait tout de tout le monde, et personne ne sait rien d’elle… Un roman sur la dignité et le secret de rendre heureux. Au début, Béatrice a eu du mal, mais très vite elle s’est aperçue à quel point l’étrange magie du livre fonctionne. Dominique et Adrienne l’ont lu aussi, et adoré. Voir aussi « La ballade d’Iza » et plus encore « Rue Katalin », son plus beau roman de l’avis général. Des infos sur le site de l’éditeur : http://www.viviane-hamy.fr/fiche-auteur.asp?A=35

 

Pierre Péju – « Le rie de l’ogre » (Béatrice F.)

Ca commence par une histoire d’ados, un échange franco-allemand dans la lourdeur de l’après-guerre et de ses encombrants secrets. Puis on suit les deux personnages leur vie durant, ils vieillissent, se croisent de temps en temps : lui, le sculpteur français, et elle, la journaliste de guerre allemande, sont les deux opposés. Un beau livre sur les contraires et sur comment ils se rejoignent.

Claudine nous dresse la liste de ses lectures d’été les plus importantes :

J.S. Foer – « Tout est illuminé » Elle n’a pas trop aimé ce classique du club, chouchou absolu de Dominique B.

Denis Lehane Un bon auteur de polar (« Mystic river » a été adapté au cinéma).

Gil Courtemanche – « Un dimanche à la piscine à Kigali » Sur le Rwanda, un livre très dur mais très bon, paru il y a quelques années. Bien sûr il est à la bibliothèque.

Amélie Nothomb – « Ni d’Eve ni d’Adam » Son dernier livre, sur ses amours. Peut-être l’un de ses meilleurs !

Kate Atkinson – « Les choses s’arrangent mais ça ne va pas mieux » Avec un titre pareil, forcément c’est un excellent polar.

Douglas Kennedy – « La femme du cinquième »  Le 5ème c’est le 5ème arrondissement de Paris ; mais du même auteur on préfère le très remarqué « Les charmes discrets de la vie conjugale ».

 

 

Nicolas Bouvier – « L’usage du monde » (Jean-Baptiste)

Un très beau récit de voyage d’une grande tenue littéraire, qui nous emmène de la Serbie à l’Afghanistan, en passant tout un hiver par Tabriz, connaissiez-vous Tabriz ? Eh bien, vous ne savez pas ce que vous ratez… Béatrice F. l’avait refermé vite, elle promet de le rouvrir. Et Catherine recommande, du même auteur, les « Chroniques japonaises ». Plein d’infos sur http://nicolasbouvier.avoir-alire.com/flaneur/

 

 

Kazuo Ishiguro – « Les vestiges du jour » (Tony)

En version originale s’il vous plaît, et avec le charme de l’accent ! C’est l’histoire ratée du valet d’un lord, effacé et incapable de rien laisser paraître de ses sentiments. Un film en a d’ailleurs été tiré.

 

On a parlé aussi de Jean Echenoz.

 

 

Et pour conclure, Catherine nous a présenté quelques titres phares de la « rentrée littéraire » (729 romans parus ou à paraître) parmi lesquels les derniers livres d’Alessandro Barrico, Lyonel Trouillot, Linda Lê, Andrea Camilleri (très réussi paraît-il) ou encore Marie Darrieussecq. En attendant ceux de Pierre Michon, François Bon, Yazmina Reza ou François Bégaudeau (à l’heure où je termine ce compte-rendu, ils viennent d’arriver dans nos bureaux, entre autres bonnes choses !).

 

Eh bien, c’était un plaisir de se retrouver et d’accueillir de nouveaux visages ! Prochain rendez-vous le samedi 13 octobre.

 

 

 

 

par Biblioth�que municipale publié dans : Club de lecteurs
Mercredi 29 août 2007

 

le vendredi 28 septembre 2007

à 20h à l'espace Cachin 

(rue de la résistance)

Michel Hindenoch

revient avec son spectacle de contes - sortilèges

"Les Ravis"

 

Conteur- musicien,

il raconte la forêt, les animaux qui parlent, les sages, les fous, les fées, les rois...

 

« On ne se refait pas : je préfèrerai toujours un bêtâ qui a le coeur ouvert, à un malin qui n'en a pas.

 

 

Alors honneur aux béats, aux naïfs, aux bêtas, à la sagesse des sots.

 

 

A la lumière des fous.

 

 

A Jean le fol, Jean le diot, Basile, Ouin-ouin, sans oublier Jeannette…

 

 

Eux dont la vertu est si rare : celle de se faire passer pour plus bêtes que nous.

 

 

Mon petit doigt m'a dit qu'ils étaient de retour.

 

 

Il serait temps de leur dire merci.

 

 

Si si. »

 

 

Spectacle pour tous public à partir de 7 ans.

Réservation à la Bibliothèque Municipale.

 

par Biblioth�que municipale publié dans : Animations contes
Samedi 7 juillet 2007

David Abiker

Le musée de l’homme

Michalon, 2005

 

Si vous ne voulez pas vous faire remarquer par vos rires intempestifs dans les transports en commun, alors n’y lisez pas ce livre ! Par contre, vous pourrez partager avec votre conjoint des avis qui risquent de provoquer quelques remaniements conjugaux… David Abiker, chroniqueur à la radio, relate ici sa vision désabusée du statut de l’homme (le mâle), dont les prérogatives traditionnelles sont battues en brèche par le rouleau compresseur du féminisme devenu prédominant, infiltré dans tous les aspects du quotidien. Sous forme de chapitres proches de la chronique, Ainsi, on voit le narrateur blessé dans son ego quand sa femme obtient facilement une augmentation que lui-même n’arrive pas à avoir ; on le voit aussi aller discrètement chez l’esthéticienne, veiller à son embonpoint, etc. David Abiker réussit à dresser un tableau humoristique de la condition masculine qui n’est ni macho, ni vulgaire, qui présente les femmes malgré tout sous un jour acceptable ! (rédigé par une femme)

Catherine

Dans ce livre, David Abiker décrit avec une lucidité décapante les rapports hommes/femmes dans notre société. Il analyse dans cette chronique cruelle et terriblement réaliste l'évolution de la place de l'homme, du mari et du père. Ce livre est à lire par tous ceux, hommes ou femmes, mariés ou non, qui s'interrogent sur la terrible question de savoir de qui de l’homme ou de la femme est l’avenir de l’autre ? (rédigé par un homme)

Bernard

 

 

 

 

 

Jacques-Pierre  Amette

Un été chez Voltaire

Albin Michel, 2007

Un été chez Voltaire nous invite à suivre la vie à Ferney, durant les mois de juillet et août 1761. Voltaire, désireux de faire jouer sa tragédie Le fanatique ou Mahomet, a invité deux ravissantes actrices italiennes. Arrive alors, un émissaire de Frédérick de Prusse, le comte de Fleckenstein dont la mission est de convaincre Voltaire d'intervenir auprès de Choiseul pour mettre fin à la Guerre de 7 ans. Badinage, répétitions, digressions littéraires rythment les journées à Ferney. Des passions se nouent et se dénouent dans la chaleur orageuse. Voltaire brille d'intelligence et déploie tous ses talents pour faire triompher le théâtre, alors que, non loin de là, Rousseau le dénigre dans La nouvelle Héloïse.
Ce roman, écrit à la mode du XVIIIème siècle, est une sorte de douceur qu'on grignote avec désinvolture.

Bernard

 

Marc Dugain La malédiction d'Edgar

 Dans ce roman (mais est-ce vraiment un roman???), Marc Dugain, nous plonge dans l'incroyable parcours d'Edgar Hoover, le terrifiant et fascinant Directeur du FBI. Des années 20 jusqu'au début des années 70, c'est toute l'histoire américaine qui est analysée à travers le prisme de celui qui fut l'un des hommes les plus puissants des Etats-Unis. De Rooseveelt à Nixon, en passant par l'ère Kennedy, Dugain nous invite à découvrir une Amérique différente, marquée par une classe politique souvent corrompue, anti communiste jusqu'à l'absurde et souvent raciste. Passionnant !

Bernard

 

 

Eric Faye Le syndicat des pauvres types

Un pauvre type, lui ? Alors qu’est donc celui-ci, et celui-là, et… moi ? Quels sont les critères irréfutables qui vous classifient un « pauvre type » ?

Il le ressent bien, lui, cet Antoine Blin, qu’il n’a sûrement pas fait les bons choix, qu’il est passé à côté, que ce n’est pas ça… Est-ce parce qu’il n’a pas – comme son copain « d’avant » - un job palpitant, reconnu, rémunérateur… ou parce qu’il n’a pas de bel appartement rempli de meubles « de goût » et d’œuvres « d’artistes en devenir »… ou parce qu’il n’a pas fait le mariage qu’on doit faire avec son alter ego féminin (sa seule tentative sentimentale, désespéré, s’est soldée par un fiasco)… ou parce que malgré tous les produits, les ablutions, les tentatives de ne plus trop bouger, il « sent »... ?

Même si André Denner l’a indéniablement reconnu comme l’un des leurs (mais comment ?) et le convie à adhérer au Syndicat, comme il est difficile le chemin pour se déclarer officiellement « pauvre type »…

Parfois la vie – surtout lorsqu’elle prend le détour de la gloire facile/factice de la télé-réalité – vous claque de ces surprises… Argent, popularité, chants des sirènes médiatiques, bouleversements et nouvelle vie… Mais alors, comment comprendre qu’Antoine essayera encore de retrouver celle qui l’avait trahi, bafoué… peut-être parce qu’il reste – malgré tout – un « pauvre type » ?

L’auteur – qui nous livre en exergue un extrait d’Emmanuel Bove sur le besoin de reconnaissance et de trouver sa place parmi les hommes – ne nous dira rien de ces critères, mais nous délivrera une grande bouffée de tendresse.

Dominique

 

François Gonse

Les papiers japonais, traditions et créations

Ouest-France, 2004

On découvrira dans ce beau livre illustré tout le raffinement japonais dans l’art du papier. Matériau privilégié dans la culture japonaise, il a de nombreux usages quotidiens dont la construction de cloisons intérieures, la fabrication d’objets décoratifs et le support de la calligraphie.

Inventeurs de quantités de variétés de washi* les Japonais l’utilisent pour toutes sortes d’usages de façon ancestrale. Ainsi, le chigiri-e ou papier déchiré, et le tsugigami, inventés au 9e siècle, sortes de patchwork de papier à motifs pour la calligraphie et la décoration ; le kirigami (papier découpé) inventé avant le 9e siècle sert aux prêtres du shintoïsme pour représenter des divinités et à des artistes-artisans à créer de véritables tableaux de dentelle.

Aujourd’hui, la tradition perdure, même si la modernité a fait disparaître nombre d’artisans, et surtout de fabricants. François Gonse, l’auteur lui-même fabricant de papier traditionnel est allé se former là-bas et en décrit dans ce livre les techniques, véritables recettes à base de végétaux de toutes sortes. Pochoir, papier mâché,marbré, origami (pliage), emballage, torsades, poupées,décoration intérieure font toujours partie de la culture japonaise qui s’exporte comme d’autres choses telles que les sushis ou les mangas…

* « papier »

Catherine

 

Lilan Hearn Le vol du héron (tome IV Le Clan des Otori)

Ce roman est le 4ème tome de la saga du Clan des Otori.
Dans ce Vol du héron, on retrouve avec plaisir, 16 ans plus tard, Takeo et Kaede, ainsi que leurs filles et tous les personnages qui nous ont enchantés dans les trois premiers livres. L'harmonie des Trois pays est mis en danger par les rivalités au sein de la Tribu et Takeo a bien du mal a maintenir la paix, d'autant que l'Empereur souhaite annexe le pays et que les premiers européens arrivent avec leur religion et leurs armes à feu.

Bernard

 

Arnaldur Indridason La femme en vert

La femme en vert est une enquête de l'inspecteur islandais. Erlendur doit d'une part, s'occuper de sa fille droguée et en rupture avec son père, qui est dans le coma après avoir perdu un bébé et d'autre part, il doit résoudre une bien étrange affaire d'ossements découverts par hasard sur un chantier de construction. Nous suivons alors une double histoire: celle d'Erlendur qui parle enfin à sa fille, pour l'aider à sortir du coma et celle d'une femme battue, dans l'Island des années de guerre.
Ce roman est une vraie réussite, non seulement parce que l'intrigue est bien menée mais aussi parce qu'il s'agit d'un véritable plaidoyer pour dénoncer les violences conjugales. Indridason réalise le tour de force de mélanger présent et passé, sans jamais faire perdre, au lecteur, le fil du récit.  A lire également La cité des Jarres du même auteur.

Bernard

 

Alain Mabanckou Mémoires de porc-épic

« Nom d’un porc-épic ! » s’écrit Kibandi ou plutôt son double animal, après avoir bu la potion initiatique qui après la transe le métamorphose en un alter ego chargé de « manger » tous les gêneurs, les barreurs de route, les empêcheurs, les autres quoi !

« Si tu veux que Dieu rigole, alors raconte-lui tes projets » répond en écho le gouverneur des bêtes à piquants, vieux sage philosophe qui déclame ses sentences parfois fort à propos, parfois énigmatiques, toujours lucides (« A force d’espérer une condition meilleure, le crapaud s’est retrouvé sans queue pour l’éternité ») et qui jette sur l’espèce humaine un regard ô combien ironique…

Ce monologue/confession nous est donné à la manière d’un conte oral africain, sous l’arbre à palabres (tout en reprenant les contraintes d’écriture de son précédent roman, plusieurs fois primé, « Verre cassé ») et nous déclame, avec malice, traits d’humour et truculence, l’épopée de ce double nuisible, assassin, sans remord ni fierté – et contre lequel ni les féticheurs ni les sages ni les hommes, ces pauvres inconscients, n’ont rien pu…

Dominique

 

 

Keiji Nakazawa Gen d’Hiroshima

Rares sont les ouvrages, tous genres confondus, qui provoquent une telle émotion chez le lecteur. Classé comme manga, cette bande dessinée raconte le combat quotidien de Gen, jeune garçon japonais survivant de la bombe atomique. Ayant miraculeusement échappé au souffle mortel de l’explosion, il voit, impuissant, son père, sa sœur et son petit frère mourir sous les décombres enflammés de leur maison. S’ensuit une lutte pour survivre et protéger les siens qui restent de la faim, de la maladie et de la misère, ainsi que du rejet dont ils sont victimes, comme les autres survivants. Malgré toutes les horreurs de la guerre et ses conséquences, Gen provoque l’admiration car il se relève toujours après le deuil, le malheur, l’exploitation dont il est victime. C’est aussi le souvenir de son père pacifiste et rebelle qui le pousse à combattre l’abus de pouvoir, l’injustice et l’endoctrinement militaro-impérial qui a conduit le Japon au désastre.
En résumé, il faut lire Gen, dévorer ce manga (autobiographique) pas comme les autres car il réunit une très forte émotion (il vous arrachera des larmes), une connaissance de la société japonaise des années 40-50, impitoyable et violente, et la réalité de ce que la bombe atomique représente.
Catherine

 

Arto Paasilina Petits suicides entre amis

La douce empoisonneuse

Arto Paasilinna est un auteur finlandais et plus précisément lapon. Dans ce roman, entre dérision et cruauté, nous suivons les péripéties d'un groupe de finlandais suicidaires à travers l'Europe. C'est drôle et un rien dérangeant d'accompagner, dans leur quête du suicide, ces personnages ordinaires (ou presque...) Du Cap Nord au Portugal, nous nous délectons de les voir s'interroger sur les causes de leur désespoir et sur leur lente remontée vers la vie. Parce que Petits suicides entre amis est en réalité un hymne à la vie et au bonheur. Enfermés dans leur autocar, les personnages retrouvent peu à peu le goût de vivre et découvrent que malgré les difficultés de la vie, elle est un merveilleux cadeau et qu'il faut la vivre intensément.  A lire vite, pour retrouver le moral...

Dans La douce empoisonneuse, nous retrouvons tout l'univers de Arto Paasilinna. Linnea, une respectable veuve de colonel vit une existence paisible à la campagne dans une ravissante fermette avec sauna. La vie pourrait être parfaite, si elle n'était pas harcelée par un infernal neveu et deux de ses amis. Lasse de cette vie impossible, elle décide de quitter son paradis pour Helsinki et se met à préparer un poison, en cas d'agression, pour se suicider. Mais comme dans tous les romans de Paasilinna, rien ne se passe comme il le faut, et presque par hasard, Linnea va se débarasser de ses ennemis, avec élégance et légèreté. Un bon moment de lecture.

Bernard

 

Léonardo Padura Electre à La Havane

Ce roman nous plonge dans l'univers des travestis de La Havane. Un jeune homme, fils d'un haut fonctionnaire castriste, est retrouvé étranglé habillé d'une robe fourreau rouge et outrageusement maquillé. L'enquête est confiée à Mario Conde, flic marginal et "macho hétéro stalinien" comme il aime, lui même, à se définir.
Au-delà de l'intrigue, Padura nous fait découvrir une société cubaine elle même assassinée par des décennies de castrisme et d'embargo américain, dans laquelle la quête identitaire est devenue une nécessité vitale.

Bernard

 

Tom Perrotta Les enfants de chœur

 

Tom Perrotta nous plonge dans l'Amérique de la middle class installée. Des mères de famille  passent leur journée à s'occuper de leurs enfants dans un monde aseptisé. Elles sont toutes de bonnes mères et de bonnes épouses. Parmi elles, Sarah est peut être un peu différente. Ce qui est certain, c'est qu'elle cherche à sortir de son train-train quotidien. Deux événements vont changer les choses. Le premier est l'arrivée dans le quartier d'un pédophile qui va faire polariser les haines et de le second est l'apparition au square de Todd et son fils Aaron. Le Roi du bal, comme l'appellent les mères du square, va bouleverser la vie tranquille de Sarah. Une passion torride nait entre Todd et sarah, qui va animer un été trop chaud et qui va transformer profondément l'existence des personnages.
A la fois cruel et tendre, un brin ironique Les enfants de choeur est une vision très caustique de la société américaine, vraiment très agréable à lire.

Bernard

 

Jérôme Tonnerre Atlantique Sud

Voila, un bien joli roman. Une madeleine, histoire de prendre un peu de recul et de sourire à ce qui nous fait si peur: la mort. Le héros (Jérôme Tonnerre, lui même) perd sa mère. Il est un voyageur solitaire incapable de quitter les limites de son arrondissement de naissance et qui passe sa vie à voyager dans sa tête: de Nouméa aux Andes, de l'Alaska à l'Amazonie. Mais, comment assouvir cette passion, alors qu'on est l'un des parisiens les plus inhibés qui soit.
On suit avec un plaisir jubilatoire, le chemin de ce fils et de sa mère, en urne funéraire, qui va le mener à découvrir qui il est, mais aussi, la vraie vie de ses parents et en particulier, de cette mère mal jugée et certainement mal aimée.

Bernard

 

François Vallejo  Ouest

 

 Dans une province française indéterminée, sinon par sa situation à l’Ouest, un huit clos entre un petit châtelain et son garde-chasse. Monsieur de l’Aubépine-père meurt, le maître austère qui haït son fils. Celui-ci le remplace à la tête du domaine et devient le tyran du lieu, où vivent aussi Lambert, sa famille, et puis ses chiens, la meute et Radja, le chien favori. Mr de l’Aubépine-fils ne jure que par la République et voue une admiration sans limite à Victor Hugo alors en exil à Guernesey. Il ramène parfois une jeune femme fraîche de Paris, qui à chaque fois disparaît plus ou moins mystérieusement.

C’est quand la fille de Lambert, adolescente, sera en danger, exposée au pouvoir du maître, que celui-ci osera lui tenir tête, au risque de tout perdre... Ce roman est un face-à-face entre deux hommes que tout oppose et qui malgré cela ont besoin l’un de l’autre. Sélectionné pour le Prix du livre Inter.

Catherine

 

Hideji Oda Le terrain vague

 

 

Sublime ! Hideji Oda nous livre un album encore plus onirique qu’avec « Dispersion » il y a dix ans de cela. Un récit qui nous conte la plongée d’une jeune étudiante dans un univers fantasmatique et morbide. C’est une œuvre sensible et ambitieuse.

Reneï, jeune étudiante en peinture à Tokyo, vit mal ses interrogations artistiques et sa relation avec un de ses profs, séparé de sa femme. Elle est par ailleurs fascinée par le terrain vague situé en bas de son immeuble. S’y installant régulièrement, elle s’évade de plus en plus, et vit dans des ruminations dépressives, pensant à des périodes douloureuses de sa vie. C’est ainsi qu’elle retrouve dans ce monde fantasmé une ancienne amie suicidée qui cherche à l’entraîner dans cet univers onirique qu’elle surnomme : « le monde de Ku ». C’est un livre extraordinaire que ce soit  au niveau du récit ou des illustrations.

Un livre dans lequel les personnages adultes ont des traits d’enfants. Avec un dessin au crayonné, à la fois dépouillé, très réaliste et très claire. L’auteur nous plonge dans cette histoire que l’on peut trouver confuse, à côté de laquelle on peut passer ou alors au contraire dans laquelle on peut plonger entièrement.

Marie-lyne

 

 

 

 

 

par Biblioth�que municipale publié dans : Conseils de lectures
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