Samedi 7 juin 2008

 

Edith : Boulevard périphérique, Henry Bauchau

Eh oui, le prix Livre Inter c’est fini, et avec lui le petit jury parallèle où officient chaque année Edith et Marie-Paule. Le prix 2008 a été décerné à Henry Bauchau, 95 ans (bien qu’il n’y paraît pas dans ses livres) et c’est également le choix qu’avait fait Edith. Son deuxième : Les années, d’Annie Ernaux, dont nous aurons l’occasion, c’est sûr, de reparler. Un autre roman qu’elle a apprécié et qui a bien failli obtenir le prix : Mon traître, roman « irlandais » de Sorj Chalandon. 

 

Discussion lancée par Amélie autour de la question « Qu’est-ce qui fait un grand livre ? », et alors, « que lire ? », lire les classiques reconnus et encensés décennies après décennies, même si soi-même on n’y trouve pas un grand plaisir, ou bien tracer son propre chemin de lecture, autour de thématiques qui nous renvoient à nos problématiques ?

 

Elisabeth : Philippe, Camille Laurens

Récit clinique d’un évènement – la mort d’un nouveau-né – qui tourne au procès, documents à l’appui, du corps médical. L’ennui, pour Elisabeth, c’est que cette histoire ne semble guère concerner que l’auteure et son entourage. Le mot « nombriliste » est lâché ; et en tous cas, pour alimenter la discussion lancée par Amélie, se pose la question, devant un certain type d’introspection, en quoi ce qui est écrit là nous regarde.

 

Amélie dit que c’est dur de lire Ulysse de Joyce, combien peu de plaisir elle y a eu, quand bien même « il faut le lire » (ou l’avoir lu). Alors, ce « combat intérieur », lire les classiques, ou aller vers une « petite littérature de complaisance » où l’on est bien assuré de trouver un plaisir facile.

Pour Sonya, les efforts – parfois fructueux, parfois pas - qu’elle a fait dans son chemin de lectrice, lui ont permis d’avancer, de s’ouvrir, de découvrir. Si c’est « trop facile, on n’avance pas ».

Dominique, quant à elle, parmi ces innombrables et diverses listes et piles, réserve une liste aux « classiques » et une liste aux « autres ». Et Ulysse, elle a essayé par trois fois, soldées d’un abandon « navré ».

Mais bon, pauvre Joyce, dit Tony, il y a aussi Gens de Dublin, et là c’est plus abordable.

Amélie parle aussi du problème de la traduction des grandes œuvres de la littérature mondiale, c’est-à-dire du peu qu’on peut en saisir si nous manquent les codes culturels et même la connaissance de la langue d’origine.

 

Adrienne : L’ombre du vent / La sombra del viento, Carlos Ruiz Zafon

Voilà une réponse d’Adrienne, puisqu’elle a pu lire les deux versions. Dans ce cas, la traduction est très réussie et n’empêche pas d’aborder le livre, dont on ne perd pas la substance, et dont on n’a pas besoin d’un background culturel pour le lire. Le roman, dont il a déjà été question dans nos discussions, lui a de toutes façons beaucoup plu (il raconte l’itinéraire d’un garçon qui a perdu sa mère à 4 ans, vit avec son père et veut devenir écrivain). Mais toutes les traductions de l’espagnol qu’elle a lu ne sont pas toutes aussi bonnes que celle-là.

 

Amélie dit qu’il est parfois bien compliqué de choisir ce qu’on va lire parmi l’offre surabondante, pléthorique et sans cesse changée sur les tables des librairies.

Dominique n’a pas vraiment ce problème parce qu’elle se sert des critiques, celles de la presse écrite, entre autres les suppléments livres du Figaro et de L’Humanité, comme celles des émissions radio ou télé, notamment Le bateau-livre. Pour elle, les critiques, « ça fait avancer le schmil ». Et de là, on peut échafauder de nouvelles listes de livres à lire.

Tony fait remarquer que si on a notre propre sensibilité qui ne recoupe pas forcément celle des critiques dont on lit les articles, à force on finit par connaître celle de certains critiques, dont les choix peuvent être proches des nôtres. Pour lui, et pour Amélie, c’est le cas de Josyane Savigneau, au Monde.

Et puis, il y a le travail de certains libraires exigeants, qui défendent de bons livres en les signalant, oralement ou par écrit.

 

Elisabeth : Toute chose scintillante, Véronique Ovaldé

Elle avait choisi ce livre pour son beau titre, et n’a pas été déçue. Dans le grand Nord polaire, sur une île touchée par une pollution radioactive, les enfants meurent massivement après naissance. Le roman est le récit de la vie d’une fille qui s’invente un monde, devant la dureté de ce qui l’entoure, devant la violence imbibée d’alcool des hommes – et donc de son père. Elle rêve, elle grandit, elle s’enthousiasme soudain pour des yeux bleus et une chevelure blonde, elle connaît la dure retombée des réalités : son mari se met à boire, sa fille est malade de naissance. Et puis… Beaucoup aimé, belles images, bien raconté, langue splendide.

Dominique adore cette auteure, dont elle recommande aussi Déloger l’animal.

Tony renvoie aussi, pour l’univers dur, violent et nordique, au roman policier La cité des jarres de l’islandais Arnaldur Indridason. Approbation d’Edith.

 

Aline : Un homme, Philip Roth

En un mot : formidable. Un peu dur au début, et puis on est pris dans un tourbillon, on ne peut plus lâcher le livre. Voilà l’histoire d’un homme qui, à 78 ans, au soir d’une vie remplie de succès matériels, se rend au cimetière et parle avec ses défunts parents. Il est tard, pour lui dans sa vie… il est temps aussi de parler avec le fossoyeur. Mais pas sordide, et plein d’humour.

C’est Tony qui la fois passée avait recommandé ce roman.

 

Jean : Le pacte des assassins, Max Gallo

Une fresque historique comme les affectionne Jean, et des retrouvailles avec un auteur qu’il n’avait pas lu depuis longtemps. Passionnante histoire d’une jeune comtesse italienne éprise d’un révolutionnaire allemand, proche de Lénine, dont elle partage les idéaux. Elle rêve d’une révolution, et puis c’est le 20ème siècle, derrière l’utopie apparaissent la terreur, la barbarie, ce dont notre comtesse se rendra compte à deux reprises et de manière très concrète…

Révolutionnaire, Jean ? demande-t-on ici et là. Non : Jean est évolutionnaire, ou ré-évolutionnaire si vous voulez.

 

Amélie : Vivre dans le feu : confessions, Marina Tsvétaïeva

Un « document » des plus passionnants. Marina Tsvetaïeva était une grande poétesse russe, de souche aristocratique, que l’histoire a confrontée à la révolution de 17, à l’exil parisien, au rejet des immigrants russes, à la misère, et puis à un terrible retour en URSS. Elle est connue aussi pour son abondante correspondance, notamment avec Pasternak et Rilke. Ce livre rend la flamme d’une vie difficile mais sans cesse exaltée par l’amour de la littérature et de la liberté, traversée d’une quête spirituelle exigeante.

 

Suit une discussion autour de la littérature russe, qui n’est pas une statue de marbre suivie d’un désert, puisque les auteurs d’aujourd’hui sont très intéressants. C’est ce qu’avait montré le salon du livre d’il y a trois ans, grâce auquel plusieurs d’entre nous ont découvert des merveilles. Reviennent dans les mémoires Funérailles d’une sauterelle de Nikolaï Kononov, splendide récit de l’amour d’un jeune homme pour sa grand-mère, et La soif d’Andreï Guelassimov, dont le personnage principal revient de Tchétchénie visage brûlé et vie brisée. Il n’est pas anodin qu’on se souvienne si bien de ces livres. Mais les auteurs russes actuels demeurent peu connus, tout comme les fabuleux cinéastes dont rares sont ceux qui voient les films (dernièrement : L’île de Pavel Lounguine, Le bannissement d’Andreï Zviaguintsev ou Alexandra d’Alexandre Sokourov).

 

Et là, extraordinaire moment pour les bibliothécaires qui écrivent ce compte-rendu, Tony lit à voix haute les deux premiers vers du poème de Mallarmé, en les détournant :

La chair est triste, hélas ! et j’ai lu tous les livres.

Fuir ! là-bas fuir ! à la bibliothèque municipale !

 

Sonya : Tissé par mille, Camille Laurens

C’est une suite de courts textes sur des mots (à l’origine il s’agissait de chroniques radio, également diffusées par mail par l’éditeur POL). Un peu déçue par la structure répétitive de ces chroniques (1- définition, 2- commentaire personnel avec anecdotes, 3- petits jeux de mots) Sonya laisse le livre à sa moitié.

 

Dominique : Les années, Annie Ernaux

Ah, j’avais bien dit qu’on en reparlerait ! Ce livre est une oeuvre de mémoire, collective et intime à la fois, dont l’introspection n’est ni complaisante ni cantonnée à la seule personne de l’auteure (qui n’emploie pas le « je », mais écrit « elle » et « on »). Ici Annie Ernaux se sert de ce qui lui est arrivé, ce qu’elle a vécu, pour ouvrir sur le monde. Et ce monde dont il est question est plein de références quotidiennes que retrouvent, intactes dans leurs souvenirs que rien n’avait tant ravivé, les lecteurs de la génération d’Annie Ernaux. Et cela n’empêche pas les autres de lire ce « bijou de perception du temps qui passe », selon la belle formule de Dominique.

 

Catherine, Adrienne et Jean-Baptiste : Hors de soi, Claire Marin

 Un petit livre remarquable, sur la condition d’être d’un malade, qui sent sa mort venir et ressent la vie avec une acuité démultipliée. Ecrit dans un style sans concession, sans fioriture, rien ne larmoie ni n’est gratuit ou facile, frivole, avec des phrases d’une extrême clarté exprimant précisément des choses elles très complexes. Cela entraîne, tout autour du livre, une discussion sur la maladie.

 

Et voilà, c’était notre dernière rencontre avant l’été…

 

Vendredi 30 mai 2008

 

Elisabeth : Camille Laurens Tissé par mille. C’est un recueil de chroniques que C.Laurens a donné sur France Culture. Chacun des 71 chapitres est consacré à un mot ; c’est plus qu’une définition, c’est un exercice de littérature et de fiction. Elisabeth avait lu auparavant Cet absent là, du même auteur, l’histoire probablement autobiographique d’une relation compliquée entre un homme et une femme, un roman à la limite de la psychanalyse, avec l’histoire très douloureuse d’un enfant mort. C’est le récit d’un échec relationnel avec un nouvel homme, très bien écrit, presque poétique.

 

Pour Edith, comme pour Elisabeth, Camille Laurens fait partie du cercle des écrivains français très nombrilistes qui n’écrivent pas de « vrais romans », mais plutôt des questionnements narcissiques.

 

Tony lui fait remarquer qu’elle n’en a « pas eu pour son argent ! »

 

Jean a décidé de lire Poésie verticale de Roberto Juarroz, cité justement dans Cet absent là. On en reparlera.

 

Amélie : Pascal Mercier : Train de nuit pour Lisbonne. Comme son nom ne l’indique pas, l’auteur est un suisse de langue allemande. Raimond Gregorius, un professeur, abandonne tout pour partir sur les traces d’un poète portugais et mener l’enquête auprès de ceux qui l’ont connu. Il y a comme une identification entre le personnage et celui dont il est en quête. Elisabeth trouve que « s’il n’y avait pas le style, « on serait dans l’anecdote ». Tout le livre est jalonné des écrits de l’auteur. De l’avis de tous ceux qui l’ont lu, il est extraordinaire. Dans la même lignée, on le compare avec L’ombre du vent,  de Carlos Ruiz Zafon. Il y est question d’un jeune garçon dont la vie dépend du livre d’un auteur mystérieux, que Lidia avait adoré. Du coup, Adrienne a décidé de le lire dans sa version originale et en traduction française, puisque les deux sont à la bibliothèque. La prochaine fois : étude comparative !

 

Adrienne : Christian Lehmann - Patients si vous saviez ! Confessions d’un médecin généraliste. L’auteur est connu comme romancier pour la jeunesse, entre autres. Là, c’est le témoignage d’un médecin outré par la tournure que prend la médecine française d’aujourd’hui, des absurdités de la sécurité sociale et de la difficulté d’exercer ce métier.

 

Adrienne a aussi lu un tout petit livre des éditions Allia : Claire Marin – Hors de moi. Elle est bouleversée, marquée et admirative. C’est un livre qu’on n’oublie pas. Et pourtant elle en lit des livres, Adrienne, elle en a lu des quantités, et elle ne mâche pas ses mots pour dire ce qu’elle en pense. Elle ne veut pas révéler ce qu’il contient précisément, car il ne faut pas gâcher la lecture de ceux qui vont suivre, mais elle nous donne très envie de le lire : « il vous paraît de croire que la vie est possible ».

 

Sonya a lu aussi un livre écrit par un médecin (il y en a beaucoup qui écrivent, et plutôt bien). Jean-Christophe Rufin – Un léopard sur le garrot. C’est en fait son autobiographie. Médecin donc, écrivain, diplomate, il a plus d’une corde à son arc. Globe trotter, il a passé de nombreuses années à sillonner la planète pour Médecins sans frontières et Action contre la faim. Il fait part dans ce livre de ses choix en tant que médecin et écrivain, évoque ses interrogations. Sonya, qui n’est pas spécialement une lectrice de biographie (même auto-…), a eu un grand plaisir à le lire.

 

Dominique rappelle que Sauver Ispahan,  Rouge Brésil sont d’excellents romans, « à souffle, épiques, c’est génial ». C’est bien écrit, on a envie de ne plus lâcher ses livres quand on a commencé.

 

Tony : Philip Roth – Un homme

Tony l’a lu en anglais. Le livre commence par l’enterrement du héros. C’est l’histoire d’un homme, l’histoire de tous les hommes. A travers l’histoire d’un seul, c’est quelque chose d’universel que décrit P.Roth. De plus, « il possède son métier », sur le bout des doigts, c’est un écrivain accompli. Pour Dominique, cet auteur est une merveille.

 

Tony a aussi lu (et relu) Le chant du monde de Jean Giono. Il aime beaucoup ce roman de l’auteur provençal. Amélie a eu du mal avec Le hussard sur le toit, ou l’on navigue entre prose et poésie. En fait, il y a deux périodes dans l’œuvre de Giono. Il y a d’abord la rudesse de la vie et des rapports humains, des tragédies grecques transposées dans la Provence des années 30, puis des romans plus narratifs. Ces deux-là illustrent cette évolution.

 

Jean : Dominique Fernandez – Place rouge.

Un peintre parisien lassé de sa vie part exposer en Russie, pays qui le fait rêver. C’est « le drame de la rencontre entre deux cultures » : l’occidentale et la russe, celle du luxe (toutes ces boutiques de grands couturiers qui bordent la Place rouge) et de la misère environnante. On y voit aussi Saint Pétersbourg et ses palais, ses nouveaux riches. il en ressort un malaise devant un tel contraste.

Jean a préféré Place rouge à Jérémie ! Jérémie ! du même auteur

 

Amélie se souvient d’avoir lu le premier roman de D.Fernandez, Porporino, l’histoire extraordinaire d’un castrat du 18e siècle.

 

Patrick : Albert Jacquard/Axel Kahn – L’avenir n’est pas écrit

Dialogue, débat entre deux grands savants sur le thème de la génétique et de ses enjeux. Ils posent plusieurs questions fondamentales sur les origines de la vie, ce qu’il y a (ou pas) après la mort, et tentent d’y répondre selon leurs connaissances et leurs convictions. On y apprend par exemple, que les orangs-outans ont 98,5 % de patrimoine génétique en commun avec nous ! Et qu’il n’y a pas de différences génétiques entre les humains de toutes origines.

 

Une fois de plus, Patrick a lancé un grand débat philosophique au sein du club de lecteurs ! Ainsi, les questions de la vieillesse et de la vie après la mort ont suscité un débat passionné. Pour Jean, le « corps est un véhicule pour l’existence », rien de plus, après, il y a peut-être d’autres moyens d’expression…

 

Du coup, Jean nous parle d’Aurobindo (Sri), un de ses auteurs fétiches si l’on ose dire,  un grand mystique indien, qui dans Synthèse des yogas présente différents niveaux de conscience.

 

Elisabeth est plongée dans le tome 11 des œuvres complètes de Blaise Cendrars, un auteur passionnant qu’elle adore.

 

Aline : Claire Castillon – Insecte

C’est un recueil de nouvelles terribles sur les relations très difficiles entre mère et fille. Une mère qui encourage l’inceste père-fille. Une autre qui jette une de ses jumelles par la fenêtre de la vioture… Que des horreurs et des tordus !  Trop hard pour Aline !

 

Edith : Dacia Maraini : La vie silencieuse de Marianna Ucria

En Sicile au 18e siècle, dans le milieu aristocratique, une jeune fille sourde et muette mariée à un vieillard trouve accomplissement et liberté dans la lecture des livres de la bibliothèque familiale. Un livre sur la condition des femmes et la littérature comme providence.

 

Pour Amélie, ce livre évoque L’art de la joie, de Goliarda Sapienza, l’histoire  d’une femme libre et sans tabou dans l’Italie du XXe siècle. Tony a lu du même auteur Le fil d’une vie, plus difficile à lire, le style y est poussé plus loin. De plus, il est orné de belles photos, portraits de cette femme socialiste et féministe qui a su mener sa vie dans un monde chaotique.

 

Dominique et Edith ont lu le livre d’Henri Bauchau : Le boulevard périphérique. « Ce n’est pas remuant, c’est éblouissant, on est subjugué, c’est rempli de grâce. C’est un livre dérangeant. » Il faut dire que l’auteur, psychanalyste, en connaît un rayon sur l’âme humaine. Autobiographie sans l’être vraiment, il mêle plusieurs histoires. Le narrateur prend le RER et se remémore une amitié ancienne, avec un homme fusillé par les nazis. Il va rendre visite à une jeune femme malade à l’hôpital. Pourtant, ce n’est pas triste, plutôt serein même.

 

Dominique a aussi lu Cercle de Yannick Haenel, et est plutôt déçue… Pourquoi les auteurs contemporains ont-ils besoin d’utiliser autant de gros mots là où ils pourraient être moins vulgaires ?

 

Adrienne elle, a été un peu déçue par les dernières pages de Les vivants et les ombres de Diane Meur. La saga d’une famille racontée par la maison avait paru « délicieusement surannée » à Dominique, la fois précédente.

 

Adrienne, enfin, a  (re ?)lu  Le merveilleux voyage de Nils Holgerson de Selma Lagerlof. C’est un classique de la littérature suédoise, et de la littérature enfantine, un conte. Un enfant attrape un lutin qui pour se venger le fait rétrécir. Comme il vit dans une ferme, il essaie d’attraper une oie mais celle-ci s’envole et il part pour un long voyage… Elle est émerveillée !

Mercredi 14 mai 2008

RUE SANTA FE

Un documentaire de Carmen Castillo, France, 2006, 2h40, VO

Vendredi 30 mai 2008 à 19h30


« C’est un film sur l’engagement politique, au plus près de la vérité d’une femme chilienne, Carmen Castillo, qui survit à son compagnon, Miguel Enriquez, chef de la Résistance contre la dictature de Pinochet, mort au combat, rue santa Fe, dans les faubourgs de Santiago du Chili, le 5 octobre 1974.

Au fil des rencontres avec les habitants de la rue Santa Fe, la famille, les amis, leurs vies, leurs visages, Carmen Castillo parcourt un chemin avec tous ceux qui ont combattu et ceux qui résistent encore aujourd’hui. »

 

La projection sera suivie d’une rencontre avec la réalisatrice.

 

Cette soirée est organisée en partenariat avec l’association d’ex-prisonniers politiques chiliens qui mettra en vente ses spécialités culinaires autour d’un buffet dès 19h.


De son côté, la bibliothèque ouvre ses rayons et vous propose quelques lectures autour du film de Carmen Castillo.

Commençons d’abord au plus près, par un livre de
Carmen Castillo, justement, Un jour d’Octobre à Santiago (Stock 2/Voix de femmes, 1980).

Autour du coup d’état militaire du 11 septembre 1973 :

Eduardo Castillo, Chili 11 septembre 1973 (Serpent à plumes, 2003). Il s’agit non pas du livre, mais d’un enregistrement, 5 CD, 5 heures d’écoute environ.

 

Armando Uribe, Le livre noir de l’intervention américaine au Chili (Seuil, 1973). Contient un choix de textes et documents.


Luis Sepúlveda
, La folie de Pinochet (Métailié, 2003). Entre articles politiques, chroniques et littérature, le célèbre romancier chilien a écrit ses 21 courts textes à la suite de l’arrestation du dictateur en Angleterre, en 1998.


Quelques généralités – histoire, géographie, société, culture – sur ce singulier pays qu’est le Chili :


Raymond Avalos
,
Le Chili (PUF, 1992, collection « Que sais-je ? »)

Jac Forton, Le Chili (Peuples du monde, 2002). Un guide très complet et bien documenté, de Arica à Puerto Williams.

Carlos Liberona et Grégoire Korganow, Avoir 20 ans à Santiago du Chili (Alternatives, 2003)

Et puis, évidemment, en passant, la littérature, pour mentionner quelques écrivains chiliens dont vous pourrez trouver les livres à la bibliothèque.

Pour les poètes, vous connaissez tous Pablo Neruda (si ce n’est que de nom, foncez sur le très beau Chant général, disponible également en espagnol) mais connaissez-vous Luis Mizón (Voyages et retours, par exemple) ? En attendant que la bibliothèque fasse l’acquisition de livres du grand Vicente Huidobro


Des romanciers de renommée internationale, en vrac : Luis Sepúlveda donc ; mais aussi Hernán Rivera Letelier (Le virtuose, son dernier roman traduit est excellent) ; l’auteur de romans policiers Ramon Diaz Eterovic ; Antonio Skármeta et son fameux Une ardente patience (El cartero de Neruda, au rayon livres en langues étrangères) ; les romans d’Isabel Allende (nièce de Salvador Allende) ; l’univers onirique, austral et maritime de Francisco Coloane ; José Donoso et Jorge Edwards, deux véritables classiques ; Miguel Littin, ou encore le très baroque et magicien Alejandro Jodorowsky

Et puis on finit par celui avec qui on aurait pu commencer, un immense écrivain : Roberto Bolaño, avec, entre autres, La piste de glace, Etoile distante, Les détectives sauvages et son colossal roman posthume, dont la traduction vient de paraître : 2666. En espagnol : Nocturno de Chile.

Sur Internet, au moins un lien pour commencer : le très complet dossier sur France Culture sur "l'autre onze septembre", qui propose d'ailleurs une rubrique liens bien fournie. Pour plus d'informations sur Carmen Castillo : le site Biblio Monde.

Jeudi 17 avril 2008

 

La citation du jour, donnée par Dominique : Umberto Eco « Il y a des livres qui ont un début expiatoire ».

 

Pour cette fois, nous avons frôlé le « café philo », multipliant les discussions presque métaphysiques et sur des sujets portant à débat : faut-il aimer les surprises ? Oui si elles sont bonnes ! Mais Adrienne préfère les surprises attendues… car si elles arrivent à un mauvais moment, même bonnes, ça peut être embêtant. Jean pense qu’une mauvaise surprise peut apporter aussi quelque chose de positif…

 

On commence par se distribuer quelques nouveautés : Russel Banks : « La réserve » quelque peu abîmé par la critique, Roberto Bolaño : « 2666 », Véronique Ovaldé, chouchoute de Dominique et Catherine : « Et mon cœur transparent », Jean Clair : « Autoportrait au visage absent », un recueil d’essais sur l’art.

 

Jean : Jean d’Ormesson – La création du monde

Jean (d’O) regardant Jean (L. : le nôtre) de son petit œil malicieux sur la couverture du livre le questionne : Es-tu sûr d’avoir tout compris ? Mais oui, Jean L., vous nous donnez envie de lire ce petit opuscule qui parle des cohortes d’anges, archanges, et autres êtres du même genre et de leur monde bien organisé. Simon, le personnage principal, est choisi par l’archange Gabriel qui lui annonce que Dieu va lui expliquer l’univers, le bien, le mal, etc… Jean L. a beaucoup aimé et ne s’est pas ennuyé ; il faut dire que Jean d’O est brillant.

 

Marie-Paule revient d’un voyage au Mexique. Pour s’imprégner de « mexitude », elle a lu des auteurs mexicains : Paco Ignacio Taïbo II (prononcer « doss ») : Des morts qui dérangent, écrit avec le sous-commandant Marcos, le chef de la rébellion zapatiste. Il est aussi l’auteur de la meilleure biographie du Che, selon Jean-Baptiste. A quatre mains est un roman policier sur l’histoire de la révolution mexicaine.

Elle a aussi lu Juan Rulfo, un précurseur du roman latino-américain moderne.

Enfin, avec sa bande de copains amateurs du prix du Livre Inter (dont Edith), elle lit tous les romans de la sélection du début à la fin. Parmi ceux-ci : « Le canapé rouge » de Michèle Lesbre. Nous avions déjà aimé précédemment, au club, La petite trotteuse. Là elle nous conte l’histoire d’une femme qui part à la recherche d’un amour de jeunesse, et qui fait pour ça un long voyage mélancolique en transsibérien. Mais cette femme pense à sa voisine, une vieille dame à qui elle lit des biographies de femmes célèbres et féministes. Et son voyage ne sera pas celui qui devait être.

 

Edith et Dominique sont du même avis, une fois n’est pas coutume ! Elles s’accordent à dire que Beau rôle de Nicolas Fargues est très décevant. L’auteur, ancien mannequin, aurait du essayer autre chose que l’écriture… Pourtant, dans son précédent livre, dit Dominique, on sentait poindre l’Auteur, l’écrivain en devenir, prometteur. Mais là, il faut le dire « c’est nul ! ». Pourtant il aborde des sujets qui auraient pu être intéressants, mais il ne fait que les effleurer. En conclusion : 278 p. de narcissisme, de verbiage sans intérêt...

 

 

Edith versus Dominique : Eric Reinhardt : Cendrillon

Il fait partie de la fameuse liste du Prix du livre Inter. Edith n’a pas du tout aimé. Attention, Dominique dégaine l’arme fatale de l’analyse en profondeur des intentions réelles de l’auteur « c’est un pamphlet de la société moderne et donc du capitalisme ». Pour Edith, c’est encore un pavé de narcissisme, de nombrilisme. A la page 300 environ, on comprend enfin qui sont ces trois personnages : ce sont les avatars synthético-théoriques » de l’auteur, trois caricatures de personnages bien contemporains. L’un se masturbe tellement qu’il est trop fatigué pour s’occuper de sa femme, l’autre est un trader spécialiste des edge founds, totalement détaché de la réalité. C’est vulgaire, c’est de la complaisance dans l’ordure dit Edith. Justement, réplique Dominique, c’est ça, la société contemporaine ! Ce lien entre l’argent et la pornographie. Il faut reconnaître à l’auteur l’intuition d’avoir pressenti l’affaire Kerviel. Pour Dominique, c’est une écriture moderne et vulgaire, à déconseiller aux amateurs de beau français classique. Mais c’est riche. Il n’y a pas de jugement, de positionnement de l’auteur du côté des gentils contre les méchants, ça serait trop facile.

Au fait, l’auteur sera bientôt à la radio : donc Adrienne fera son ménage, avec aspirateur…

 

Sonya : Michel Pastoureau – Le petit livre des couleurs

Ce petit livre a l’air passionnant. Depuis qu’elle a lu ce livre, Sonya ne porte plus les couleurs sans y penser. Michel Pastoureau, c’est LE grand spécialiste de l’histoire des couleurs. La symbolique des couleurs n’est pas le fruit du hasard. L’histoire de la production des pigments a déterminé l’histoire des couleurs. Il y a une cote des couleurs comme il y a une cote des mots. Cela va au-delà des modes. L’industrie des pigments, celle de la fixation des couleurs en ont déterminé une géographie symbolique.

PS – Jean-Baptiste l’a lu entre temps et confirme : passionnant.

            Erik Orsenna – Voyage au pays du coton

C’est un vrai voyage que l’auteur a fait là où l’on cultive le coton, aux quatre coins de la planète. Très intéressant,

 

Tony : Claude Nuridsany/Marie Pérennou – La métamorphose des fleurs

Un peu de nature et de beauté maintenant, grâce à Tony. Il a déniché dans la vitrine un beau livre de photographies de fleurs en très gros plan, par l’auteur de Microcosmos. On y voit des fleurs sauvages (scabieuse, chèvrefeuille, chardon…) aux stades successifs de bouton, fleur, fruit. Ca frôle parfois l’art abstrait. On découvre les fleurs comme on ne les a jamais vues. Et le livre est un cadeau pour les yeux, avec des pages en papier calque, des cadres découpés pour mieux voir les détails, des couleurs douces ou vives selon les fleurs. Et en plus, un très beau texte de présentation de chaque fleur.

 

Philippe : Muriel Barbery – L’élégance du hérisson

7 rue de Grenelle. Quartier chic, immeuble bourgeois. La concierge, Renée est acariâtre, d’où son surnom de hérisson. En fait, elle cache une grande érudition, mais le bonheur lui fait peur. Paloma, une petite fille de l’immeuble, père député, appartement immense, est tellement déçue par les adultes qu’elle a décidé de se suicider le jour de ses 13 ans. Elles vont se rencontrer et parler. Ce livre a empêché Philippe de dormir ! Il regrette la fin tragique, abrupte. Mais Amélie rappelle que l’humour est quand même là en permanence.

            John Doherty – Sous le masque doré

Philippe est un passionné d’égyptologie. Dès qu’il y a un documentaire sur le sujet à la télé, son épouse Béatrice fuit car elle n’aime pas ça. D’habitude, c’est le foot qui provoque ce genre de situation ! Là c’est un polar historico-égyptien. La description de l’époque est très bien faite.

 

 

Elisabeth : John Harvey –

Elle est déçue, Elisabeth. Ca commençait si bien. Mais voila qu’à mi-route, le roman (policier) s’essouffle et ne repart jamais. A ne pas recommander !

Tony pense qu’il ne faut pas s’arrêter à ce roman, d’autres du même auteur sont meilleurs.

 

 

Patrick : Camille Flammarion

Camille Flammarion était le directeur de l'Observatoire de Paris au XIXème siècle ; son nom évoque des sociétés ésotériques qui ont gardé de leur mystère jusqu'à nos jours. Patrick a lu ses écrits, et plus particulièrement ceux qu'il a dédié à une question qui, à l'époque, restait ouverte : les extraterrestres. Selon lui, chaque planète du système solaire avait ses habitants, d'ailleurs pas très très différents des terriens. Et si vous n'y croyez pas, eh bien lisez le, puisqu'il décrit tout ça avec une troublante minutie, avec une logique tout à fait cohérente... pour l'époque.

 

Lidia : Carlos Ruiz Zafon – L’ombre du vent

Nous l’avons acquis aussi en espagnol, Adrienne le lira dans cette langue.

Lidia a beaucoup aimé ce roman « policier littéraire ». Cela se passe à Barcelone, dans un univers de bouquinistes et de mystère. « Le temps passe vite avec ce livre ».

            Arto Paasilinna – La douce empoisonneuse

C’est lui, l’auteur de « Petits suicides entre amis ».Ca fait penser à « Arsenic et vieilles dentelles », avec un humour pince-sans-rire très anglo-saxon. On rit.

 

Amélie : David Garnett –Un homme au zoo

C’est une petite nouvelle, très drôle, un peu surréaliste. A Londres, un homme quitte son amie après une dispute et demande à aller vivre dans une cage au zoo. Imaginez la suite !

 

Adrienne: Les pouvoirs secrets des animaux

Ce beau livre a beaucoup plu à Adrienne: « la nature est redoutable et merveilleuse ». Il évoque à Jean-Baptiste une nouvelle de Julio Cortazar « Axolotl », où un homme devient lui-même poisson à force d'aller voir un axolotl à l'aquarium. Du coup, Adrienne révèle qu'un jour, elle « a eu une histoire avec un poisson ». En fait, elle a eu deux poissons qui ont vécu une véritable histoire d'amour tendre.

 

Amélie:  René Girard – Le tragique et la pitié

Il s'agit du discours de réception de René Girard à l'académie française, et de la réponse de Michel Serres.

            Jack Kerouac – Lettres choisies1957-1969

Pour Amélie, ce pavé de correspondance est destinée aux amateurs de Kerouac, ceux qui ont lu au moins « Sur la route ».

           

Dominique : Diane Meur – Les vivants et les ombres

C'est une fresque familiale décrite par ... la maison de famille! En Pologne, au 19e siècle, on y croise différentes communautés, on y parle de la condition des femmes, « C'est extraordinaire, c'est délicieusement suranné »,

Mercredi 19 mars 2008

D’abord présentation de quelques nouveautés - et pas forcément des ouvrages récents : ainsi ceux de l’érudit Michel Pastoureau, historien des couleurs (Les couleurs de notre temps, bleu : histoire d’une couleur, Le petit livre des couleurs), de l’ours ou encore de l’héraldique (Figures de l’héraldique) et des emblèmes (Les emblèmes de France).

 

Jean-Baptiste : Nimrod – Le bal des princes

Dans une langue très poétique, voici le récit d’un jeune professeur de lettres tchadien aux prises avec la guerre qui vient à ravager sa région. En visite dans le village de ses ancêtres, il se trouve confronté à la visite officielle d’un colonel de l’armée, avec qui il partagera son destin pour quelques années tumultueuses. Le style, s’il peut paraître précieux, n’en demeure pas moins très remarquable et parvient magnifiquement à évoquer, avec pudeur, l’intimité sensible du narrateur, son rapport aux êtres et aux paysages qui l’entourent.

 

Nimrod est ce mois-ci en couverture de la très bonne revue Le matricule des anges, dont nous avons évoqué l’histoire. De l’avis des bibliothécaires présents, à ce jour c’est la meilleure revue consacrée à la littérature contemporaine (allez voir le site).

 

Sonya : François Bégaudeau – Fin de l’histoire

Une journaliste ayant été retenue otage en Irak donne une conférence de presse. Ce livre très intelligent en reproduit le texte (découpé en chapitres minutés) et propose un décryptage de l’évènement – autant le rituel de mise en scène de la journaliste que les attentes des autres journalistes venus l’écouter (ou censés l’écouter…). Ainsi souvent se croisent histoire et Histoire, dans une perspective critique qui permet une distance vis-à-vis de la lourdeur d’une telle histoire. Recommandé.

 

Edith : Magda Szabo – Le faon

Le dernier roman publié à ce jour de notre décidément familière Magda Szabo est le monologue d’une célèbre comédienne qui, âgée, revient sur son enfance, et plus précisément sur une vieille haine jamais vraiment résorbée. Edith l’a bien aimé, on attend d’autres avis.

A noter que beaucoup disent aimer tel ou tel roman et ne pas aimer tel ou tel autre. Ainsi, Aline, qui aime La ballade d’Iza mais ressent un vrai malaise en lisant La porte.

 

Patrick : Jean-Pierre Luminet – Le secret de Copernic

Une biographie romancée de celui qui a révolutionné l’organisation du cosmos établie depuis Ptolémée et Aristote, en un temps où prouver que la terre était ronde coûtait la vie. La lecture est agréable et facile, et on apprend tout un tas de chose, sur le géocentrisme et l’héliocentrisme par exemple.

 

Béatrice : Doris Lessing - Le journal d’une voisine

Une femme journaliste très égoïste se décide soudainement à venir en aide à une vieille dame pauvre et malade, jusqu’à s’en sentir obligée. Un bon roman, sur la vieillesse et la mort si proche, le début en particulier, mais pas non plus, pour Béatrice, une révélation.

Autour de l’auteure, on avait eu des réactions contrastées (voir les synthèses précédentes).

 

Dominique : Amos Oz – Vie et mort en quatre rimes

Ex-tra-or-di-naire, voilà, c’est dit, et c’est Dominique qui le dit. Un écrivain va, une fois de plus, se prêter à cet exercice, comment dire, lassant, qui consiste à se présenter face à un public conquis et de répondre à ses questions, questions qui, naturellement, sont toujours les mêmes, et qui par ailleurs sont d’un intérêt plutôt limité. Bon. Puis, dès les premières pages, dès que notre écrivain s’assoit à une table pour prendre un café (puisqu’à chaque fois il vient en avance), il se met à imaginer les vies des personnes qu’il a en face de lui, prêtant toutes sortes d’histoires à ses spectateurs qui, bien sûr, ne se doutent pas qu’ils sont en train de devenir les personnages de ce roman… Moins foisonnant et plus resserré que d’autres romans d’Amos Oz, c’est un livre plein d’humour. Edith l’a lu aussi, avec un enthousiasme moins grand que Dominique, mais quand même, toutes deux conviennent qu’il comporte des scènes érotiques de toute beauté.

 

Sonya : Philippe Delerm – La tranchée d’Arenberg et autres voluptés sportives

Un recueil de petits textes très courts qui ne sont pas forcément des récits mais qui tous ont trait à des évènements sportifs, ou autour, notamment sur comment ils sont retransmis à la télévision (qu’est-ce qu’alors on perçoit – ou pas - du sport ?), aspect qu’a bien aimé Sonya.

 

Dominique, Béatrice : Corman McCarthy – La route

Chaudement recommandé par Dominique, froidement évoqué par Béatrice… voilà un roman dont il semble que chacun puisse y trouver des choses contradictoires.

On est dans une après-apocalypse, dans une désolation totale ; parmi de rares survivants un homme et son fils font route vers le Sud, voir si la mer existe encore, leurs affaires dans un caddie, échangeant de rares paroles, dans un contexte plein de danger où la moindre rencontre peut exposer au cannibalisme.

Ce livre a beaucoup ému Dominique, pour ce qui passe entre le père et le fils.

 

Catherine : Keiji Nakazawa – Gen d’Hiroshima

Un classique du manga, en 10 volumes, à rapprocher peut-être du livre dont il vient d’être question. Un petit garçon survit, dans la désolation et la famine, dans le Hiroshima post-nucléaire, grâce à sa très grande force vitale, qu’il tient de son père, ancien opposant au régime militariste d’avant 1945.

 

Edith : Olivier Adam – A l’abri de rien

Dans une petite ville au bord de la Manche (Sangatte ?) une femme dépressive vient en aide aux réfugiés qui cherchent à traverser la mer, au point de semer le trouble dans son foyer et de faire jaser le petit voisinage. Peu à peu, elle disjoncte. Le roman, récent, a été adapté pour la télévision, et propose un regard assez original sur ce qui arrive aujourd’hui dans des pays qui se réclament encore des Droits de l’Homme et du Citoyen.

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